Mis à jour le 12 mars 2026 à 11h48
La solution pour une sortie durable à la crise du logement et aux enjeux d’abordabilité passe par des investissements massifs dans la construction d’habitations à loyer modique (HLM), de coopératives et d’OSBL d’habitation.
De passage à Laval, le 10 mars, où il complétait sa tournée à travers le Québec en cette année électorale, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) réclame minimalement que l’on double le nombre de logements sociaux d’ici les 15 prochaines années. En nombre absolu, cela représente 150 000 nouvelles unités, soit 10 000 logements par année.
Besoins urgents
«Cet objectif vise uniquement à répondre aux besoins urgents des gens qui occupent un logement soit trop cher, trop petit ou insalubre», indique en entrevue l’organisatrice de ce regroupement de quelque 145 organismes communautaires qui défend le droit au logement et lutte contre la pauvreté, Stéphanie Barahona.
Laval compte autour de 5100 logements sociaux dont 80 % a été construit avant 1997. Ce parc vieillissant représente 9 % de l’ensemble du parc locatif sur le territoire de l’île Jésus et ces logements sont majoritairement occupés par des personnes âgées.
«Pour les familles, c’est très compliqué d’y trouver une place, voire mission impossible», note Mme Barahona.
À l’Office municipal d’habitation (OMH) de Laval, on évalue à quelque 1500 le nombre de ménages qui engorgent la liste d’attente pour un logement subventionné.
Échec de la politique de l’offre
La représentante du FRAPRU tient à mettre en perspective le taux d’inoccupation de 3,4 % des logements à Laval, ce qui à première vue dénote un marché en équilibre. Or, la situation s’avère tout autre quand on y regarde de plus près.
Dans les faits, moins d’un pour cent (0,8 %) des logements du 1er quartile (les loyers les moins chers) était disponible à la location en octobre 2025 contrairement à 7,7 % pour ceux du 4e quartile (les plus chers).
Stéphanie Barahona y voit là «l’échec» du Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ) implanté par le gouvernement Legault en 2022 en remplacement du programme AccèsLogis. Celui-ci soutenait depuis 25 ans la création de logements sociaux et communautaires pour les ménages à faible ou modeste revenu et les personnes ayant des besoins particuliers en habitation.
«Si vous perdez votre logement, essayez de vous reloger au même prix! C’est impossible», déplore celle qui attribue la crise du logement à «l’abandon des classes populaires, du logement social et de l’approche communautaire» par le gouvernement caquiste.
Pointe de l’iceberg
L’enquête annuelle menée en octobre dernier par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) sur le marché locatif a révélé une hausse de 8,3 % du loyer en 2025, ce qui portait à 1347 $ le loyer moyen des appartements d’initiative privée à Laval.
Cela représente une augmentation de 103 dollars mensuellement, soit plus de 1200 $ par année.
Dans certains secteurs, la hausse est astronomique. Dans Laval-des-Rapides, par exemple, le loyer moyen a bondi de 20,7% en un an.
Depuis 2018, les ménages locataires dans Laval-des-Rapides, Sainte-Rose, Fabreville et Laval Ouest ont subi des hausses de loyer de plus de 72 %, soulignent le FRAPRU et la Table régionale des organismes communautaires autonomes en logement de Laval (TROCALL) pour illustrer l’ampleur de la pression exercée sur les locataires.
Explosion du prix des loyers
La plus récente enquête de la SCHL met également en lumière l’énorme fossé qui se creuse entre les loyers occupés et ceux disponibles à la location.
Toutes typologies confondues, le loyer moyen de 1347 $ grimpe à près de 2000 dollars (1959 dollars pour être plus précis) lorsqu’on isole les logements disponibles à la location. Un écart de 612 $ par mois, ce qui revient à 7344 dollars de plus par année. En clair, un ménage à la recherche d’un logement devra consacrer en moyenne 23 508 dollars pour se loger à Laval en 2026.
Déjà en 2021, près de 3 ménages locataires sur 10 (28 %) n’avaient pas la capacité de payer les prix du marché privé. Le dernier recensement fédéral chiffre à 15 925 le nombre de ménages lavallois qui consacraient plus de 30 % de leur revenu au loyer.
Imaginez! Ceux-ci disposaient alors d’un revenu annuel moyen de… 26 600 $.
«Pour respecter leur capacité de payer, ces ménages devraient se loger pour moins de 665 $ par mois, un loyer pratiquement introuvable sur le marché actuel. Surtout sachant que le logement social représente moins de 3 % de l’ensemble du parc résidentiel à Laval», plaident le FRAPRU et la TROCALL.
Seule voie possible
À Laval, le milieu communautaire dénonce par voie de communiqué que les «rares fonds publics soient de plus en plus dirigés vers des projets déconnectés des besoins des locataires à faible et modeste revenus au détriment de ceux portés par la communauté».
Directrice de l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de Laval, Micheline Côté fait valoir que «dans un contexte d’appauvrissement et d’endettement croissant des ménages à faible et même moyen revenu, le logement social et communautaire demeure la seule voie capable d’assurer à la fois la sécurité financière, la stabilité résidentielle et des milieux de vie adaptés aux besoins des ménages».
À moins d’une semaine du budget provincial, qui sera déposé le mercredi 18 mars, les organismes souhaitent un «budget audacieux» et un «retour affirmé vers le logement social».
Enfin, à l’approche du rendez-vous électoral du 3 octobre 2026, la porte-parole de la TROCALL auprès de l’ACEF, Chantal Dubé, rappelle aux futurs candidats que le logement social et communautaire «constitue un investissement collectif majeur […] générant des économies importantes pour l’État, notamment en santé et services sociaux».
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