Mis à jour le 01 mai 2026 à 12h03
Les résultats de la plus récente Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS) révèlent un portrait inquiétant pour Laval, particulièrement en matière de santé mentale.
L’EQSJS questionne les élèves sur leur perspective en lien avec trois thématiques: la santé physique et les habitudes de vie, l’environnement social ainsi que l’adaptation sociale et la santé mentale.
Effectuée tous les six ans, c’était la première mouture accomplie après la pandémie de la COVID-19, événement bouleversant ayant affecté la perception des élèves de leur expérience scolaire à la hauteur de 17,4%, leur santé mentale à 15,9%, leurs pratiques d’activité physique à 21,6% et leur consommation de substances à 4%.
Les données dans cet article sont tirées de l’EQSJS effectuée par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) du 7 novembre 2022 au 17 mai 2023 auprès de 17 écoles et 4715 élèves de Laval.
«C’est pertinent de considérer les jeunes dans leur globalité, tant au niveau physique que mental, parce qu’on sait que tout ça est interrelié, d’exprimer Geneviève Parent, coordonnatrice de l’équipe de promotion-prévention en contexte scolaire du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval, en présentant les faits saillants de l’étude dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire. Je pense que ça va être intéressant si on s’attarde maintenant sur nos instances, ce qu’on met déjà en place pour soutenir les jeunes.»
Santé physique et habitudes de vie
En ce qui concerne les habitudes alimentaires, près d’un élève sur trois commence chaque jour d’école sans avoir déjeuné, une proportion qui a presque doublée depuis 2016-2017.
On remarque aussi une diminution importante au niveau de la consommation d’au moins cinq portions de fruits et légumes par jour (51,4% contre 31,4%), une augmentation de la consommation quotidienne de boissons sucrées, grignotines ou sucreries (16,7% versus 24,5%) et une baisse de consommation de malbouffe à raison de trois fois par semaine (12,8% contre 9,9%).
Trois élèves sur quatre n’atteignent pas les recommandations en matière d’activité physique. Pire encore, plus de la moitié des étudiant.e.s sondés sont peu, très peu actifs ou sédentaires.
60,4% des élèves se disent insatisfaits de leur silhouette, une augmentation de près de 13% depuis 2010-2011. Les garçons sont plus nombreux à désirer une silhouette plus grosse alors que les filles aspirent à se rapetisser.
Sans surprise, la proportion d’élèves du secondaire passant plus de quatre heures devant un écran en une journée a augmenté. 24,2% d’entre eux sont concernés pour les activités scolaires et le résultat grimpe à 29,4% pour l’usage en communication et loisir.
Au niveau du sommeil, plus de la moitié des répondant.e.s dorment moins d’heures que la durée recommandée, pourcentage en augmentation. Laval score plus bas que le reste du Québec à cette métrique et les filles sont plus touchées.
La région a toutefois obtenu des résultats encourageants en ce qui concerne la consommation de substances. 30% des élèves ont déclaré avoir consommé de l’alcool au cours de la dernière année, statistique en importante diminution depuis 2010-2011, 12,4% ont consommé de la drogue et 11% du cannabis.
Seul le vapotage enregistre une croissance avec 10,1% des élèves qui ont utilisé la cigarette électronique au cours des 30 derniers jours, ce qui représente une augmentation de 1,5% par rapport à 2016-2017. La croissance se chiffre à 5,5% pour les filles.
Environnement social
La perception de bénéficier d’un soutien social élevé est en déclin depuis 2016-2017.
On interrogeait ici les étudiant.e.s sur les personnes bienveillantes et valorisantes sur qui ils peuvent compter, qui donnent soins, attention, intérêt, écoute et aide dans leur famille, groupe d’amis ou les environnements communautaire et scolaire.
La proportion des élèves du secondaire ayant un sentiment d’appartenance élevé à leur école est également en baisse depuis 2010-2011. 33% ont déclaré un attachement élevé, bilan plus faible que dans le reste de la province. Les filles et élèves de deuxième cycle sont particulièrement affectés.
Laval inscrit une augmentation du niveau de participation significative à l’environnement scolaire avec 60,3% des élèves ayant indiqué un niveau élevé ou moyen. Ce taux s’améliore depuis 2016-2017, tout en demeurant plus faible qu’au Québec.
Le niveau d’engagement scolaire a aussi été évalué, notamment parce que c’est l’un des meilleurs prédicteurs de décrochage potentiel. Dans la région, 24,5% des élèves déclarent un niveau d’engagement faible, 57,7% un niveau modéré et 17,7% un niveau élevé.
Adaption sociale et santé mentale
Un élève sur 3 a un faible niveau d’estime de soi, phénomène beaucoup plus important chez les adolescentes (45,6%). Cette proportion est passée de 19,1% en 2010-2011, à 24,6% en 2016-2017 pour aboutir à 33,1% dans la dernière étude.
Le niveau élevé de détresse psychologique est aussi préoccupant, perception relatée par 40,8% des élèves. On remarque que presque 60% des filles sont concernées, alors que ce n’est le cas que d’un garçon sur 4, et que la détresse augmente avec le niveau scolaire. Cette statistique grandit depuis 2010-2011, tant à Laval qu’au Québec.
Les diagnostics de troubles mentaux sont à la hausse dans la région depuis 2010-2011, mais stables depuis 2016-2017, mis à part les troubles de l’alimentation. 32,1% des jeunes disent ressentir de l’anxiété généralisée et 63,8% de l’écoanxiété.
Finalement, l’EQSJS expose un portrait alarmant de la violence à l’école, en ligne et dans les relations amoureuses.
Actions
À la lumière de ces résultats, Geneviève Parent concluait sa présentation en identifiant deux nouvelles priorités, soit l’équilibre numérique et la santé des jeunes adultes, incluant ceux qui ne sont pas scolarisés.
L’importance d’amplifier les actions existantes en promotion de la santé globale, prévention, en lutte contre la cyberintimidation et l’usage de la cigarette électronique a aussi été appuyée.
Concrètement, cela s’applique dans le milieu scolaire lavallois par le biais du cadre de référence du Projet Épanouir du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSS) publié en 2022. Ce document encourage l’action en amont ou la promotion d’une santé mentale positive en contexte scolaire.
Le CISSS de Laval a créé des équipes collaboration jeunesse qui travaillent dans chacune des écoles du secteur, en collaboration avec les intervenant.e.s du milieu. De concert, ils se rencontrent ponctuellement pour faire le bilan, puis mettre en œuvre un plan d’action basé sur les besoins spécifiques des élèves.
«Notre cible, c’est de faire la promotion de la santé mentale, soutient la coordonnatrice. La santé mentale, ce n’est pas juste de faire en sorte qu’il n’y ait pas de troubles ou difficultés, mais c’est aussi de développer chez les jeunes leurs compétences personnelles et sociales. On veut que les jeunes développent leurs compétences pour faire face à la vie, et faire en sorte que l’environnement, que ce soit l’école, la communauté ou famille, soit favorable à leur santé et bien-être.»
Les données de l’EQSJS aiguillent en partie les équipes, mais la perception terrain prime en fonction des besoins variés émergeant directement des milieux.
La participation active des jeunes ainsi que l’implication des organismes communautaires à proximité de l’école sont favorisées et considérées comme facteurs de succès.
Pour sa part, le Centre de services scolaire de Laval (CSSL) met de l’avant son programme Hors-Piste, déployé en collaboration avec le CISSS.
«Les résultats de cette enquête nous interpellent et confirment que le travail réalisé chaque jour au CSSL par nos équipes-écoles et partenaires est essentiel, énonce Yves Michel Volcy, directeur général du CSSL. […] Des initiatives comme les ateliers Hors-Piste s’inscrivent dans cette volonté d’accompagner les adolescentes et adolescents et de leur offrir les outils nécessaires pour relever les défis d’aujourd’hui. N’oublions pas que, derrière chaque donnée, il y a des élèves qui vivent des réalités complexes et qui ont besoin d’un milieu scolaire sécurisant, bienveillant et stimulant.»
Hors-Piste est actuellement implanté dans 12 écoles secondaires et 40 écoles primaires de Laval.
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