Mis à jour le 14 août 2026 à 03h13
Chargé d’administrer un budget annuel de 100 M$ dont plus de la moitié est affectée au maintien des actifs, le Service des immeubles, parcs et espaces publics (SIPEP) de la Ville devra revoir sérieusement ses pratiques et façons de faire.
Voilà ce qui ressort, entre autres, du rapport annuel 2025 déposé au conseil municipal du mois d’août par la vérificatrice générale de Laval, France Lessard.
Celle-ci y formule 11 recommandations visant à pallier les lacunes et déficiences décelées lors de l’audit de performance qui portait principalement sur la gouvernance et la gestion des programmes de maintien effectuées par l’administration municipale.

Inventaire défaillant
La première des recommandations est à l’effet de dresser un portrait complet du déficit de maintien des actifs et le tenir à jour.
«Les données concernant l’inventaire, l’état et la valeur de remplacement des actifs sous la responsabilité du SIPEP sont incomplètes et en partie obsolètes», observe d’emblée la vérificatrice générale, qui note l’absence de cote d’indice de vétusté pour les catégories d’actifs.
À l’exception de trois arénas et des huit garages municipaux, dont les inspections physiques ont été mises à jour en 2023 et 2024, les derniers bilans de santé ont été réalisés entre 2017 et 2019. Bibliothèques, bâtiments administratifs, chalets de parc, casernes et postes de gendarmerie comptent également parmi les actifs du SIPEP monitorés. Qui plus est, ces données «sont peu exploitables, car elles ne sont pas enregistrées dans un logiciel de gestion centralisée».
Quant aux centres communautaires et culturels, chalets de piscine, piscines, jeux d’eaux et installations de traitement des eaux, il n’existe aucune donnée, apprend-on.
Toutefois, à la décharge de ce service municipal passé au crible, le Bureau du vérificateur général de Laval souligne que la direction avait entrepris l’an dernier le projet de mettre à jour toutes les données sur ses actifs, mais qu’un «désaccord majeur avec son principal fournisseur» a mené à la résiliation du contrat il y a quelques mois. Comme on doit reprendre le processus d’appel d’offres pour ces travaux dont la durée était estimée à 36 mois, il faudrait attendre 2029 avant de pouvoir disposer d’un bilan complet de ce parc immobilier.
Gestion déficiente
Ignorant le déficit de maintien à rattraper, le Service responsable sélectionne les projets de programme sans une réelle vue d’ensemble des besoins, relève Mme Lessard. «Cela empêche de comparer objectivement les projets selon leur urgence, leur niveau de risque et leur valeur relative, et donc de choisir les meilleurs projets et de les réaliser au moment opportun», a-t-elle commenté lors de son point de presse, le 12 août.
Également, en termes de gestion, les paramètres que représentent le coût, la portée et l’échéancier ne sont pas définis assez tôt dans le processus de planification pour servir de référence tout au long de la réalisation du projet, ce qui complique le suivi de l’avancement des projets, ajoute la vérificatrice générale.
Dans un contexte de restriction budgétaire, où la Direction générale a fait le choix d’investir 75 % des dépenses en immobilisation dans la préservation des infrastructures municipales, France Lessard déplore que le Service des immeubles, parcs et espaces publics ne soit pas au fait de l’impact réel des investissements en maintien des actifs sur la réduction du déficit d’entretien.
À cet égard, elle recommande d’«élaborer des indicateurs pour évaluer l’efficacité et l’efficience des actions posées en matière de gestion des actifs et pour faciliter la détermination des priorités [et] la reddition de comptes quant aux objectifs visés et aux résultats atteints».
Absence de reddition de comptes
Par ailleurs, la reddition de comptes requise par le Cadre de gouvernance, en vigueur depuis 2022, n’est ni exigée par la Direction générale (DG) ni effectuée par le SIPEP pour ses programmes de maintien des actifs. Mis à part le suivi financier du Programme triennal d’immobilisations (PTI) et certaines obligations particulières, aucun bilan annuel complet ne permet de suivre les projets réalisés, retardés ou annulés ni de démontrer leur contribution à la réduction du déficit de maintien des actifs, relate Mme Lessard.
«En l’absence de telles informations, la DG et le CM [conseil municipal] ne disposent pas des éléments nécessaires pour appuyer efficacement leur prise de décision en matière de gestion des actifs», peut-on aussi lire dans le rapport.
Commentaires de la direction
En page 68 du même rapport, le Service des immeubles, parcs et espaces publics réagit en affirmant que les recommandations de la vérificatrice générale «viendront consolider et accélérer» les chantiers entrepris ces dernières années. Il cite, entre autres, «la restructuration en 2023 de ses programmes inscrits au PTI afin d’en accroître la cohérence et la souplesse de gestion, l’adoption d’une feuille de route pluriannuelle visant la mise à jour des plans directeurs de maintien des actifs ainsi que l’implantation d’une gestion de la maintenance assistée par ordinateur».
Faisant également valoir la mise sur pied en 2026 d’un comité directeur et du comité de pilotage de la gestion des actifs, le SIPEP ne manque pas de rappeler que «les projets composant les programmes ont généralement été planifiés et réalisés dans le respect des paramètres convenus», comme le constate la vérificatrice générale dans son rapport.
«Conformément à la démarche d’audit, la direction du Service déposera un plan d’action détaillé répondant à chacune des recommandations, assorti d’échéanciers réalistes et arrimé à la démarche municipale de gestion des actifs, notamment l’élaboration des plans de gestion des actifs.»
Enfin, pour la reddition de comptes et les indicateurs de performance, le SIPEP s’inspirera des mécanismes de suivi déployés pour les initiatives du Plan climat, cités en exemple dans le rapport, et collaborera étroitement avec la Direction générale à la précision des orientations, des attentes et des mécanismes d’encadrement de ses programmes de maintien d’actifs, termine-t-il.
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