Mis à jour le 22 septembre 2026 à 14h25
Le jeudi 17 septembre, le Regroupement des organismes de promotion de personnes handicapées de Laval (ROPPHL) a tenu son 2e Électorallye destiné aux personnes briguant le suffrage provincial du lundi 5 octobre.
Ce sont huit personnes candidates, venant des rangs de Québec Solidaire, du Parti québécois, ainsi que du Parti libéral du Québec et la Coalition Avenir Québec, qui ont accepté de parcourir les nombreux kiosques d’organismes œuvrant auprès de la population lavalloise vivant avec certains handicaps.

«C’est important pour nous de saisir l’occasion qu’est la campagne électorale provinciale pour sensibiliser les candidats, candidates, et partis politiques à la réalité des personnes en situation de handicap, de confier Kim Joly, directrice générale du ROPPHL. On est quand même près de 70 000 personnes handicapées âgées de 15 ans et plus à Laval, sans compter leurs proches, et on entend très peu parler d’eux durant les élections.»

Par le biais de jeux ou mises en situation, l’Électorallye avait donc pour but de faire expérimenter aux candidats et candidates plusieurs réalités vécues au quotidien par des gens handicapés de Laval.
Tour de kiosques
Ce sont neuf organismes qui donnaient rendez-vous aux aspirants députés; dispersés au sous-sol et second étage du Centre communautaire de Laval, sis boulevard des Prairies.
«Le transport adapté est en péril. Il y a 1,8 millions de déplacements en moins de prévus l’an prochain dans la région métropolitaine, ce qui va probablement entraîner une priorisation. C’est important que tous les usagers puissent avoir accès au transport adapté, peu importe la raison pour laquelle ils en ont besoin» , de soutenir Annie Desrosiers, directrice de l’Association lavalloise pour le transport adapté (ALTA), qui entendait bien soulever ces enjeux avec les candidats s’arrêtant à sa table.

Vivant avec la schizophrénie depuis l’âge de 20 ans et travaillant depuis 6 ans chez Axia Services, Dimitri offrait une simulation, à l’aide d’une paire d’écouteurs, de ce qu’il entend et voit comme hallucinations dans sa vie de tous les jours.
«On veut ainsi faire comprendre que c’est difficile de se concentrer au travail et c’est pourquoi on a besoin d’accompagnement et plusieurs choses, tout en précisant aux gens que chaque schizophrène a son vécu et chaque schizophrène est différent», d’exprimer Dimitri, avec un talent de communicateur pouvant faire rougir bien des politiciens.

Tout près se trouvait un trio d’organismes faisant équipe autour de la déficience intellectuelle, soit StimuleArts, la Communauté Trisomie 21 Laval et Mouvement Personne d’Abord, qui proposaient un exercice bien de circonstance: soit le défi de ces gens pour se rendre au bureau de vote et exercer leur devoir citoyen.
«Ce que peu de gens savent, c’est que beaucoup de gens avec une déficience intellectuelle ont le droit de voter, ont leur propre opinion politique, mais ont des bâtons dans les roues quand vient le temps d’exprimer leur vote, notamment pour le transport entre la maison et le bureau de scrutin, ainsi que tout le processus, une fois le bulletin de vote en main», d’exposer Valérie et Marie, respectivement de StimuleArts et Communauté Trisomie 21 Laval, dont la collègue Linda, de Mouvement Personne d’Abord, complétait l’introduction en informant les visiteurs sur les éléments qui sont importants dans le choix politique des personnes handicapées.

À l’étage, Fibromyalgie Laval invitait les candidats à se familiariser avec le vécu de ces gens dont le quotidien est fait de douleurs chroniques et fatigue.
«On a inventé une petite planche de jeu qui va imager la journée d’une personne atteinte de fibromyalgie où l’on dispose de jetons d’énergie sur diverses activités telles se lever, manger, aller travailler ou étudier, quand on sait que l’énergie va être moins grande d’une journée à l’autre ou d’une personne à l’autre; donc, parfois, faut faire des choix, quand on vit avec la douleur chronique», d’expliquer Marilyn Labelle et Carole Fauteux.
Étaient également présent à l’Électorallye: le RAAMM (Rassemblement des aveugles et amblyopes du Montréal métropolitain), l’Association Dysphasie+ et l’Association du Québec pour enfants avec problèmes auditifs (AQEPA).
Échanges constructifs
Une période d’échange a conclu l’activité tenue en après-midi, afin de discuter avec les organismes membres des principaux enjeux vécus par les personnes handicapées et de présenter leurs engagements en lien avec le logement accessible et abordable, ainsi que la participation sociale et l’emploi des personnes handicapées.
L’expérience aura suscité de nombreuses réflexions chez les personnes candidates.
L’une d’elles a notamment souligné que les tâches du quotidien demandent davantage de temps et d’énergie lorsqu’on vit avec un handicap.
Une autre candidate a constaté que certaines mesures d’accessibilité, notamment les rampes d’accès, ne répondent pas toujours aux besoins réels des personnes.
Enjeux prioritaires
Dans le cadre d’une campagne de sensibilisation, le ROPPHL met de l’avant trois enjeux prioritaires.
Discrimination: l’égalité est un droit garanti par la Charte des droits et libertés de la personne.
Pourtant, depuis plus de 30 ans, le handicap demeure le motif de discrimination le plus souvent invoqué dans les plaintes.
Cette discrimination se manifeste par des obstacles persistants, notamment en matière d’accessibilité des transports, de manque d’accommodements, d’accès aux lieux publics, aux services et à l’information.
Soutien aux familles: les familles où vit une personne handicapée doivent pouvoir compter sur un soutien adapté à leurs besoins réels.
Or, le taux de 2,75 $ l’heure pour du gardiennage ou pour d’autres formes de répit demeure inchangé depuis 1991.
Emploi: alors que le Québec continue de faire face à des défis en matière de main-d’oeuvre, environ 100 000 personnes handicapées compétentes et disponibles à l’emploi demeurent à l’écart du marché du travail.
Rappelons finalement que le ROPPHL est un organisme communautaire de défense collective des droits des personnes handicapées et de leurs proches qui compte 30 associations membres.
Téléchargez notre application
C’est simple et gratuit.
Meta (Facebook et Instagram) bloque vos nouvelles du Courrier Laval, tout comme Google continue de leur faire obstruction, en réponse à la loi C-18.
Pour avoir accès à vos nouvelles et rester ainsi connecté à la source, le Courrier Laval vous invite à télécharger son application. Vous pouvez également vous abonner à l’infolettre hebdomadaire. Vous pourrez ainsi continuer de lire vos nouvelles gratuitement, et ce, en temps réel avec un ratio moindre de publicités. N’oubliez pas d’activer les notifications et de passer le mot à vos proches et contacts!
Apple : https://apple.co/3wsgmKE
Android : https://bit.ly/3uGPo1D
Infolettre : https://courrierlaval.com/infolettre/



