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Les préposés au retraitement des dispositifs médicaux revendiquent leur salaire

Métier méconnu qui évolue à grande vitesse, les préposés au retraitement des dispositifs médicaux revendiquent une augmentation salariale qui s’ajusterait à la valeur et la complexité de leur emploi.

Indispensables dans les hôpitaux, les préposés au retraitement des dispositifs médicaux (PRDM) ont  entre autres la tâche de nettoyer et stériliser le matériel et l’équipement utilisés en milieu hospitalier.

Depuis plus de 20 ans, Chantal Beauchamp travaille à l’unité de retraitement des dispositifs médicaux. Or, elle ne voit pas son salaire augmenter conséquemment.

«Il y a encore de l’évolution dans la pratique du métier de retraitement de dispositifs médicaux, tant au niveau technique, formatif, normatif et technologique, explique cette résidente de Fabreville. Depuis 2004, on lutte pour faire reconnaître le métier et être payés à la juste valeur de cette nouvelle réalité.»

Équité salariale

Anciennement appelé préposés à la stérilisation, ce métier est à prédominance féminine.

Plusieurs plaintes ont été déposées en vertu de la Loi sur l’équité salariale alors que le gouvernement refuse d’examiner la valeur de l’emploi.

«La loi sur l’équité salariale interdit de faire de la discrimination fondée sur le sexe, explique Josée Marcotte, responsable du secteur public et de la santé et services sociaux de la CSN. Lors de la dernière évaluation de l’emploi, le gouvernement a refusé de reconnaître que le métier est plus complexe aujourd’hui et que ces femmes méritent de gagner plus.»

Le dossier est entre les mains de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui devra rendre une décision dans les prochains mois.

Nombreux changements

Le salaire actuel des PRDM débute à 20,20$ de l’heure et atteint les 21,55$ après quatre ans d’expérience.

En 2004, le ministère de la Santé a recommandé à ces préposés spécialisés de suivre une formation collégiale, mais leur rémunération n’a jamais été modifiée depuis.

«C’est assez choquant parce que le gouvernement s’entête à ne pas éliminer l’iniquité salariale, ajoute Josée Marcotte.Il ne peut pas nier les nombreux changements au niveau des dispositifs plus technologiques et procédures plus complexes.»

Actuellement, des preuves pertinentes pour prouver la reconnaissance des PRDM ont été envoyées au ministère de la Santé et des Services sociaux, ainsi qu’au Conseil du trésor.

«Il faut avoir une bonne mémoire, savoir bien gérer son temps et être très professionnels pour ne pas mettre la vie de personne en danger, explique Chantal Beauchamp. On n’est pas en contact direct avec le patient, mais il y a aussi une responsabilité très grande qui repose sur nos épaules.»

Risques de la pratique

Mme Beauchamp, qui a fait une formation d’études collégiales en 2010, explique qu’il faut être rigoureux, car le retraitement des dispositifs médicaux est un processus complexe de 12 étapes dont la décontamination,  la désinfection et la stérilisation ceci, accompagné d’un système de traçabilité.

«Comme on le voit cette année, les virus changent et la pratique médicale aussi, continue Chantal Beauchamp. Les risques sont élevés parce que les dispositifs sont potentiellement infectieux et souvent piquants-tranchants, en plus des produits de décontamination, désinfection et stérilisation, et des charges à soulever, pousser et tirer.»

 

(Photo gracieuseté)

Le retraitement des instruments chirurgicaux est basé sur des normes strictes, politiques et procédures établies, ainsi que des recommandations de fabricants.

«Que ce soit dédié aux différentes spécialités du bloc opératoire, unités de soins ou cliniques externes, tout doit être effectué avec minutie, ajoute Chantal Beauchamp. De plus, selon la loi, tout incident relié au processus de retraitement des dispositifs médicaux doit être rapporté, ce qui ajoute aux responsabilités de ce métier.»

Les dispositifs médicaux passant par les mains des PRDM sont nombreux. Ce peut être un appareil respiratoire pour un patient infecté à la COVID-19, une scie sternale utilisée pour une chirurgie cardiaque ou des instruments d’ophtalmologie servant à une opération des cataractes.

Les colonoscopes utilisés pour les examens endoscopiques qui permettent de voir à l’intérieur du colon s’il y a des anomalies tel un cancer. Bref, le retraitement de dispositifs médicaux est primordial pour les différentes chirurgies et les examens endoscopiques.

 

Commentaires

3 Commentaires

3 Comments

  1. Manon

    12 juin 2020 à 21 h 02 min

    Merci de nous encourager Très beau texte.

  2. gino carrier

    12 juin 2020 à 22 h 57 min

    Un groupe d’impact engagé, dédié à leur métier qui gagne sa reconnaissance tous les jours en allant au front pour la santé de tous! Ils(elles) doivent être reconnus(es) comme Techniciens(nes) en Retraitement des Dispositifs Médicaux à partir de maintenant.C’est une question de respect qui s’impose à tous ceux et celles qui ont suivis une formation professionnelle, tous ceux et celles qui depuis des années de loyaux services ont sues s’engager à rendre et parfaire ce métier peut connu et surtout «peut reconnu» comme étant le fer de lance de notre santé communautaire nationale.
    L’heure a sonné pour tous nos gens de nos URDM, cette heure est l’occasion nécessaire et belle de mettre fin à cette situation de négligés, nos gens ont toujours fait parti intégrante de la réussite d’une santé communautaire durable, accessible et de qualité.
    Ne les laissons plus dans l’ombre comme beaucoup d’autres qui à l’heure de la Covid-19 ont plus que jamais votre santé à coeur!
    Ne vous trompez pas, ici ce n’est pas une question de prime qui est la vraie cause, c’est une question de reconnaissance et de changement de titre qui doit être à la base du prochain changement demandé et exigible collectivement pour nos TRDM.
    Le titre de « préposés à la stérilisation» n’est plus à la hauteur des exigences de ce métier professionnel. Une technicalité administrative a fait d’eux des gens «en entretien»«des préposés» car ils ont été au départ instruit par des professionnels qui n’avaient pas le statut d’enseignants.
    Rectifions maintenant le tir, ils ont tous et toutes droit à cette reconnaissance actuellement!
    Ils ont besoin de cette fierté professionnelle nécessaire pour tous ceux et elles qui auront à coeur avec ce choix de carrière notre santé collective car les défis risquent d’être immenses dans les prochaines années dans le triste et dangereux monde des virus!

  3. Isabelle

    13 juin 2020 à 0 h 51 min

    En 1999 je suis devenue préposé à la stérilisation suite à une formation de 5 semaines. J’ai fait partie de la première cohorte de jour au cégep st-Laurent en 2004-2005 parce qu’on nous disait qu’on serait reconnu avec un meilleur salaire. Une année sans solde pour suivre ce cours qui me semblait indispensable et pouvoir avoir un diplôme …. J’ai quitté en 2010 sans jamais avoir été reconnu et sans l’augmentation de salaire promit … 2020 et toujours rien !!!

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