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Pierre Brochet, directeur du SPL, et Stéphane Boyer, vice-président du comité exécutif. (Photo gracieuseté - Vincent Girard)

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Injection de 1,2 M$ pour contrer la violence

Un texte de Corinne Laberge

En réaction aux sombres événements qui ont marqué l’actualité locale récemment, la Ville de Laval a annoncé un investissement additionnel de 1,2 million de dollars dédié à combattre la violence liée aux armes à feu et aux gangs de rue.

L’embauche de huit ressources clés permettra au Service de police d’intensifier ses actions sur le terrain.

«Comme vous le savez déjà, la semaine dernière Laval a été malheureusement le théâtre de plusieurs fusillades, a lancé en ouverture de conférence de presse le vice-président du comité exécutif et conseiller municipal de Duvernay-Pont-Viau, Stéphane Boyer. En fait six sur notre territoire, dont un meurtre. Pour moi, c’est inacceptable comme situation. Laval a toujours été une ville sécuritaire et j’ai bien l’intention qu’elle le reste. C’est pourquoi j’ai demandé à nos équipes de travailler sur un plan d’action immédiat à mettre en branle.»

Ainsi, la somme annoncée vient s’ajouter aux moyens déjà déployés. Elle servira à bonifier les cohortes policières spécialement assignées au trafic d’armes et aux gangs de rue.

Le directeur du Service de police de Laval (SPL), Pierre Brochet, explique qu’il s’agit d’une «intensification des actions sur différents axes». Dans un premier temps, la collecte d’informations sera accentuée.

«Vous savez que le nerf de la guerre pour un service de police, c’est le renseignement sur le terrain, poursuit-il. Déjà, on a une équipe qu’on appelle Équinoxe et un de ses principaux mandats est le renseignement. On va ajouter des spécialistes, dont un analyste et un agent de renseignement sur le terrain, c’est important de le répéter.»

Quatre policiers joindront par ailleurs les rangs d’Équinoxe, qui compte actuellement un sergent et six agents. L’escouade consacrée au crime organisé sera mise à profit de façon importante.

«C’est pratiquement doubler l’équipe d’Équinoxe, souligne M. Brochet. Avec ce qu’on vit au cours des derniers mois, on comprend qu’on a beau parler de gangs de rue, on parle de gens organisés qui sont violents.»

Renforcer les enquêtes s’inscrit également dans le plan d’action. Les individus impliqués dans des événements de coups de feu peuvent commettre d’autres crimes. Le trafic d’armes, par exemple, mais aussi l’exploitation sexuelle, le vol qualifié et le trafic de stupéfiants, rappelle le chef de police.

L’ajout de deux enquêteurs complète la liste, pour un total de huit ressources supplémentaires.

«Une culture d’armes à feu»

Au-delà de la hausse des épisodes mettant en scène des armes à feu, les policiers remarquent qu’elles circulent en plus grand nombre. Questionné à propos du bilan actuel, le directeur du SPL confirme que 33 armes à feu ont été saisies jusqu’à présent cette année. «Ce qui est déjà à peu près le total de l’année dernière», indique-t-il, glissant au passage que pas moins de 8 ont été saisies en une seule semaine, soit celle du 16 août.

En ce qui a trait aux coups de feu, 28 événements ont été recensés sur le territoire lavallois depuis le début de l’année, dont 2 homicides et 6 tentatives de meurtre. Trois fusillades ont d’ailleurs eu lieu la même nuit la semaine précédent l’annonce.

«Il y a une culture d’armes à feu qui s’est vraiment implantée et des sujets encore plus jeunes qui portent des armes à feu, observe M. Brochet. On voit une augmentation des événements, c’est pourquoi on doit intensifier nos actions. On va renforcer autant le renseignement, la présence et la visibilité sur le terrain, que les enquêtes.»

Bien que cet investissement soit consacré à l’intervention, Stéphane Boyer insiste pour sa part sur la prévention, qui demeure selon lui la meilleure action à prendre sur le long terme.

Enfin, à propos du projet de loi C-21 visant notamment à lutter contre la violence et le trafic d’armes, il est d’avis que l’enjeu ne s’arrête pas à une limite administrative ou à un pont. Déléguer la gestion des armes de poing aux Municipalités ne fait pas de sens, plaide M. Boyer. Si le gouvernement fédéral ne souhaite plus jouer ce rôle, la responsabilité devrait revenir au provincial, afin de miser sur une approche concertée et globale, termine-t-il.

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