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Frédéric et Nadia Mobeeboccus. (Photo 2M.Media)

Société

Incendie à Duvernay: vague d’amour rue Marsolais

C’est l’histoire d’un incendie, qui a dévasté la maison et emporté les souvenirs et le petit chien d’une famille originaire de l‘île Maurice établie à Duvernay depuis 14 ans. Mais c’est surtout l’histoire de la solidarité de tout le voisinage envers les sinistrés, reconnus pour leur générosité. Une vague d’amour qui a permis de récolter 12 500$ en 2 semaines.

Le 26 avril, vers 9h30, la vie de Nadia Mobeeboccus, de son conjoint Frédéric et de ses enfants, Gabriel et Elissia, a basculé. Le bungalow de brique beige où la famille était établie, rue Marsolais, a été entièrement détruit par les flammes.

Absents au moment du sinistre, les membres de la famille sont sains et saufs. Tous leurs souvenirs sont cependant partis en fumée et leur compagnon des 12 dernières années, un yorkshire croisé nommé Thylou, n’a pu être secouru.

«J’ai pleuré»

«Je les considère comme ma famille, ce sont eux qui m’ont accueillie ici quand je suis arrivée au Québec il y a huit ans. La famille connaissait mes parents. Je ne suis pas la seule qu’ils ont accueillie», relate Stéphanie Ip Ting Wah, mauricienne comme les Mobeeboccus qui ont quitté leur île de l’océan Indien pour le Québec il y a 20 ans.

Stéphanie Ip Ting Wah, initiatrice de la campagne GoFundMe : «Ils ont toujours accueilli les gens sans rien demander en retour. C’est un retour d’ascenseur.» (Photo courtoisie)

«Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai pleuré», se désole Mme Ip Ting Wah, aujourd’hui domiciliée à proximité des sinistrés.

 

«Ils ont quitté leur pays, ont un travail, ont rénové leur maison. Les enfants sont nés ici et, du jour au lendemain, ils voient tout partir en fumée.»

Dès le lendemain de l’incendie, elle et son conjoint lancent une campagne de financement sur la plateforme GoFundMe. «J’avais un objectif de 10 000 $, on a dépassé les 12 000$!» L’initiative est promue par la voisine immédiate de la famille, Lucie Trudeau, qui conçoit un dépliant et fait du porte-à-porte auprès des voisins. Les contributions, nombreuses et généreuses, ne se font pas attendre.

L’aide vient d’aussi loin que l’Australie, la France et l’Angleterre. «Nous, les Mauriciens, on voyage beaucoup, explique Mme Ip Ting Wah. Ces gens d’ailleurs qui les ont aidés ne les connaissent pas, mais ils savent qu’ils m’ont accueillie.»

Vague d’amour

L’épicentre de la vague d’amour a cependant lieu rue Marsolais. «Pour tout le voisinage, il y avait une grande tristesse, un sentiment d’impuissance. On se disait: « ça peut arriver à n’importe qui »», témoigne une voisine, Sylvie Hubert.

«En fin de journée [le jour de l’incendie], des gens du voisinage sont arrivés avec des sacs contenant vêtements, nourriture et articles de nécessité», ajoute son conjoint, Gilbert Cadieux, qui décrit le couple et leurs enfants comme sociables et sympathiques. «Ces gens-là récoltent ce qu’ils ont semé», résume M. Cadieux.

La cours arrière du bungalow des Mobeeboccus. (Photo 2M.Media)

Vague de gratitude

Au-delà de l’aide financière, c’est l’élan de solidarité du quartier qui émeut la famille Mobeeboccus, installée provisoirement dans un appartement non loin de leur maison.

«C’est incroyable comment les gens nous ont soutenus, dit Nadia Mobeeboccus. Je n’ai pas de famille ici. On a perdu notre maison, mais avec l’amour de tous, on ne s’est pas sentis à la rue. On ne s’est pas retrouvés seuls.»

Bien sûr, les photos et vidéos des enfants, les mèches de cheveux des bébés, le test de grossesse positif gardé précieusement et les objets sentimentaux ont disparu à jamais, comme le chien adoré et le nid familial aménagé avec amour pendant des années. Les blessures psychologiques, elles, sont bien présentes.

Mémorial pour Thylou, le chien de la famille, déposé devant la maison incendiée. (Photo courtoisie)

L’espoir se dessine pourtant, s’accroche à la réponse de l’assureur, attendue en juillet. La famille a d’abord pensé acheter une maison ailleurs. Deux semaines après les événements, Mme Mobeeboccus voit les choses différemment. «Moi, je dis qu’on ne va pas trouver l’amour de ces gens-là ailleurs. C’est ce qui nous aide à nous relever. Ça nous dit que nous allons être capable de rebâtir notre maison. Quand on va pouvoir le faire, on va reconstruire à cet endroit.»

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