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Tournée en fauteuil roulant: appel du cœur pour la sécurité au travail

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Tournée en fauteuil roulant: appel du cœur pour la sécurité au travail

Jonathan Plante était un charpentier-menuisier de 26 ans quand il a fait une chute sur un chantier de construction. Le dos brisé, il est devenu paraplégique. Depuis, il a donné près de 900 conférences sur la sécurité au travail. Il était à l’École Polymécanique de Laval le 11 septembre pour y rencontrer des étudiants.

La tournée se déroule en collaboration avec la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Le témoignage de Jonathan est livré sans filtre, en toute humilité. «Mon objectif est de provoquer une réflexion; je veux amener les gens à le faire pour les bonnes raisons.»

Il raconte avec franchise sa tendance à rechercher les montées d’adrénaline, comme celles ressenties à des vitesses folles à moto sur l’autoroute 640. «On croit que nos talents et aptitudes nous mettent à l’abri», se souvient-il.

Il était alors machiniste quand, un jour, un ami l’a convaincu de devenir charpentier-menuisier. Soudainement, il se déplaçait sur les toitures, ce qui plaisait à son besoin d’adrénaline.

«Je trouvais que les mesures préventives, c’était pour les peureux. À chaque matin, ma copine me disait d’être prudent, de m’attacher, et je lui répondais que tout irait bien. J’aimais travailler en hauteur, et nous n’étions pas attachés.»

Tournant fatidique

Le 12 mars 2007, sur un chantier, il se dirige vers un toit en grimpant, sans garde-corps, sur un étroit madrier de 20 cm de largeur qu’ils avaient posé à 5 mètres au-dessus d’un sous-sol.

Arrivé près du toit, il perd pied, glisse et tombe dans le gouffre. Les vertèbres D10 et D11 sectionnées, la D12 éclatée, le jeune homme n’avait plus de sensation dans les jambes. Il a aussitôt craint qu’il ne pourrait plus marcher.

«J’y pense à chaque jour: on voulait sauver 10 minutes au lieu d’installer une rampe solide. Nous avons choisi la facilité. La perception qu’on a du risque n’est pas fiable du tout.»

On l’a conduit à l’hôpital Sacré-Cœur de Montréal. Au terme d’une opération de sept heures, on lui a appris qu’il ne pourrait plus marcher. Sa conjointe a perdu connaissance deux fois, d’abord en apprenant la nouvelle, puis en le voyant au lit, le dos détruit.

Selon les règles de la CNESST, c’est l’employeur qui est fautif. L’entreprise a été poursuivie pour négligence criminelle et a dû payer une énorme pénalité.

Penser aux proches

Jonathan reconnaît que d’autres accidentés ont souffert davantage que lui. C’est son entourage et surtout sa conjointe qui ont joué un rôle majeur dans sa réhabilitation. «Sans elle, je ne serais pas ici, avec vous», a-t-il affirmé.

En 2018, au Québec, 103 406 personnes ont été blessées au travail, dont 11 % de jeunes de 24 ans et moins. (Photo PxHere libre de droits)

«C’est aussi leurs vies qui ont basculé ce jour-là, pas seulement la mienne. Ne pensez pas seulement à vous-mêmes mais aussi à vos proches.»

Il ne peut pas contrôler sa vessie, puisqu’il ne la sent pas; il doit donc utiliser un cathéter. Même chose pour les fonctions intestinales, il doit faire la vidange manuellement. «La fierté et la dignité en prennent tout un coup.»

«Pour les mêmes raisons, je n’ai plus de fonctions sexuelles, mais on peut compenser en utilisant des médicaments comme Viagra ou Cialis.»

Il affirme que malgré tout, sa vie n’est pas un enfer; qu’il a réussi à retrouver «une vie à peu près normale». Grâce à sa bonne forme physique, il était de retour à la maison après seulement deux semaines d’hôpital et deux mois de réadaptation.

Lui qui adorait le hockey sur glace, il pratique maintenant le hockey luge, le paracyclisme et le ski alpin adapté. Il profite encore de la pêche, qu’il aime beaucoup.

Il est devenu conférencier et consultant après avoir fait des études en administration des affaires, et ce fut pour lui une révélation. Il conduit lui-même son véhicule. Pour son travail, il peut rouler jusqu’à 85 000 km par année.

Deux miracles

Encore quelque temps avant le jour fatidique, le couple parlait de fonder une famille. Ils ont dû recourir à la fécondation in vitro et après trois tentatives, leur fils est né le 26 novembre 2009. Puis, le 30 mars 2012, est arrivée leur fille, par la même procédure. Deux petits miracles consécutifs.

«J’ai du mal à exprimer le bonheur que ces enfants m’apportent. Dix ans plus tard, je peux dire que je vais bien et que je suis heureux!»

«Un jour, mon fils qui n’avait pas encore quatre ans m’a demandé: Papa, tu sais ce que je veux faire plus tard? Je pensais: il veut devenir pompier ou astronaute, comme tous les garçons. Mais non, il a dit: Je vais trouver une façon de guérir tes jambes. C’était tellement beau et douloureux à la fois.»

Le message de Jonathan est clair: prenez soin de vous, car ces accidents n’arrivent pas qu’aux autres.

Pour en savoir plus: jeunesautravail.com.

Pour découvrir le témoignage de Jonathan: jonathanplante.com/services/ et sur le site de la CNESST

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