Mis à jour le 01 avril 2026 à 15h21
Le mercredi 25 mars, près de 80 participantes étaient réunies au Château Royal, dans Chomedey, pour le Forum Femmes et santé de la Table de concertation de Laval en condition féminine (TCLCF).
Cet événement annuel s’inscrit dans la continuité de la publication Droit à la santé des Lavalloises, Afin que plus aucune ne soit exclue que la Table a lancée au printemps 2023.
Cette année, la forum a donné voix aux femmes à travers panels, ateliers et plénières axés sur l’accessibilité et l’inclusion des soins de santé, la santé menstruelle et la justice reproductive.
«Même si ça ne concerne [pas toute la population], ces enjeux-là doivent être pris au sérieux parce que la santé, c’est un droit», a déclaré Victoria F. Legault, directrice générale d’Aide aux Trans du Québec (ATQ), lors du premier panel de la journée.

Justice reproductive
Une partie importante de l’événement féministe a été consacrée à la justice reproductive. Il s’agit d’un important enjeu pour la région de Laval, qui n’a toujours pas accès à une maison de naissance, ni à des services de sage-femme.
Rania Tannous, sage-femme lavalloise, pratique dans Lanaudière, faute d’opportunités dans sa municipalité. Elle a affirmé haut et fort vouloir travailler dans sa région dès que cela sera possible et a vanté les nombreux bienfaits de l’approche unique à sa profession.
«Ça devrait être un droit fondamental de choisir le type d’accompagnement qu’on veut quand on donne naissance, indique Catherine Paquin-Boivin, conseillère pédagogique impliquée à la TCLCF. […] Je ne milite pas pour que tout le monde accouche en maison de naissance: je milite pour que chacune ait le droit de choisir où et comment [l’accouchement] se passe. C’est un non-sens pour moi que ça ne soit pas accessible dans toutes les régions du Québec. Ça créé des inégalités.»
«Ça fait plus de 25 ans que les Lavalloises revendiquent une maison de naissance et l’accès à la pratique sage-femme, rappelle Marie-Eve Surprenant, coordonnatrice de la TCLCF. Laval est la troisième plus grande ville du Québec. C’est incompréhensible qu’il n’y en ait toujours pas. C’est urgent! Les femmes ne peuvent pas mettre leur projet d’enfant sur pause.»

Dans le même ordre d’idées, au cours du panel de l’après-midi, la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) a insisté sur la fragilité du droit à l’avortement, qui le serait encore davantage par son inclusion au sein d’un projet de loi, comme la Coalition Avenir Québec (CAQ) le propose dans sa Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec.
La porte-parole de l’OBNL a également milité pour la contraception gratuite, mesure qui serait déjà en place dans quatre provinces canadiennes et pour l’importance d’une éducation sexuelle de qualité dans nos écoles.
Sécurité menstruelle
Une présentation du Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF) a ouvert la seconde plénière de la journée. Celle-ci portait sur la précarité menstruelle, ses impacts, les projets de sensibilisation en branle ainsi que le double standard où la fertilité est valorisée et félicitée, mais les menstruations sont taboues.
La TCLCF a aussi profité de la tribune pour présenter son projet pilote de distribution de produits menstruels gratuits dans les lieux publics de la région.
Cette présentation donnait suite à l’avis de proposition déposé par la conseillère municipale Louise Lortie au conseil municipal du 10 mars, qui demande la mise en œuvre d’un projet pilote de distribution gratuite de produits menstruels dans les arénas, bibliothèques, centres communautaires et installations sportives lavalloises. La proposition sera débattue à la séance du mardi 14 avril.
Enjeux et pistes de solutions
Mis à part les enjeux discutés plus haut, les Lavalloises ont ciblé plusieurs autres problématiques auxquelles la communauté et les divers paliers de gouvernements devraient s’attarder.
La rotation fréquente du personnel, le manque d’information et l’incompréhension du système de santé ainsi que la surcharge des travailleurs de ce domaine, ce qui cause un manque de douceur et d’écoute, ont été des irritants soulignés.
Certaines participantes ont déploré la présence de biais et de jugements de la part des professionnels de la santé et le manque de temps accordé pour discuter de leurs enjeux. Le système one size fits all a été dénoncé, notamment les lieux inaccessibles et inadaptés aux personnes vivant avec un handicap.
L’instauration et l’application d’une vision globale de la santé, la mise à jour des formations des professionnel.le.s du domaine ainsi que la nécessité d’écouter les «femmes, qui sont les premières expertes de leur santé», ont fait consensus auprès des militantes.
Téléchargez notre application
Meta (Facebook et Instagram) bloque vos nouvelles du Courrier Laval, tout comme Google continue de leur faire obstruction, en réponse à la loi C-18.
Pour avoir accès à vos nouvelles et rester ainsi connecté à la source, le Courrier Laval vous invite à télécharger son application. Vous pouvez également vous abonner à l’infolettre hebdomadaire. Vous pourrez ainsi continuer de lire vos nouvelles gratuitement, et ce, en temps réel avec un ratio moindre de publicités. N’oubliez pas d’activer les notifications et de passer le mot à vos proches et contacts!
Apple : https://apple.co/3wsgmKE
Android : https://bit.ly/3uGPo1D
Infolettre : https://courrierlaval.com/infolettre/



