Mis à jour le 01 août 2026 à 14h15
La Ferme Forget a annoncé l’ouverture de son traditionnel labyrinthe de maïs, dont le motif vu du ciel fait jaser.
On y voit un train à grande vitesse (TGV) et l’inscription «Alto soyez humains», soit un message qui vise la société d’État chargée du projet devant relier Québec et Toronto, en passant notamment par Laval.

C’est que la ferme située sur l’avenue Marcel-Villeneuve, à Duvernay, se trouve dans le corridor envisagé pour l’implantation du TGV.
«Au mois d’avril, quand on préparait les plans [pour le labyrinthe], on s’en parlait beaucoup entre producteurs et on entendait plusieurs choses à la radio et à la télé, explique le propriétaire Mathieu Forget. Laval est tout le temps un peu oublié quand il se passe des choses comme ça dans le politique, donc on a décidé de marquer le coup.»
Il assure toutefois qu’il ne cherche pas à se positionner contre le TGV «si le Québec et la population en ont besoin».
Consultations demandées
Pour Mathieu Forget, le message est surtout que les agriculteurs souhaitent être consultés par Alto et les instances en charge du projet avant qu’ils procèdent à des expropriations.
«Cet automne, je vais être dans ma deuxième phase de drainage de ma terre, exemplifie-t-il. Je m’apprête à mettre 80 000$ en tuyaux pour drainer mon terrain et revigorer mes cultures. Est-ce que je vais mettre cet argent en amélioration locative quand on va possiblement se faire exproprié d’ici cinq ans?»
Des modifications ont récemment été apportées à la Loi sur l’expropriation (C-15) pour faciliter l’acquisition de terrains nécessaires au projet.
Comme plusieurs agriculteurs, le propriétaire de la Ferme Forget craint de se lever un matin avec un courriel annonçant qu’une partie de ses terres serait rachetée en se basant sur la valeur agricole. Selon La Financière agricole du Québec, celle-ci s’est élevée à 45 667$ par hectare pour la région de Laval entre 2020 et 2024.
«Ça ne remboursera pas tout l’argent qu’on a mis là-dedans, soutient-il. Nos améliorations locatives, toutes les améliorations qu’on a fait au champ, le drainage; on ne peut pas juste se faire racheter à la valeur agricole. C’est une entreprise, pas juste une terre!»
L’agriculteur lavallois affirme qu’il n’a pas de communications avec Alto concernant les plans et les échéanciers du projet jusqu’à maintenant.
Activités appréciées
Si la terre de la Ferme Forget devait être scindée en deux parties en raison du passage du TGV, celle-ci pourrait tout de même poursuivre ses activités de culture.
Le volet agrotouristique risque toutefois d’écoper.
«Si je n’ai plus de place pour envoyer les gens marcher dans le champ et faire de l’autocueillette, ça ne marchera plus, déplore Mathieu Forget. Le modèle est viable parce qu’on travaille dessus depuis 10 ans à le développer, mais on a besoin d’espace.»

En plus du labyrinthe de maïs, notons l’autocueillette, la mini-ferme, les soirées dansantes et les séances photo dans les champs de fleurs parmi les activités offertes.
«Ce serait dommage pour l’est de Laval si on devait arrêter tout ça. […] Les gens aiment les fermes de proximité, ils veulent faire des activités. On voit qu’il y a beaucoup d’intérêt. Même venir acheter le légume à la ferme, ce n’est plus juste une commission, c’est une activité», complète l’agriculteur lavallois.
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