Mis à jour le 30 septembre 2026 à 09h31
Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSS de Laval (STTCISSS-Laval) a tenu un rassemblement, le 19 septembre, afin de dénoncer l’augmentation du coût des loyers à Laval.
L’événement était organisé en collaboration avec le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM) qui est aussi affilié à la CSN.
Les manifestants se sont d’abord rassemblés à l’intersection des boulevards du Souvenir et Chomedey, puis ont entamé une marche vers les bureaux actuels de l’hôtel de ville situés au 3131, boulevard Saint-Martin. Ils sont ensuite revenus à leur point de départ, devant les locaux du Centre hospitalier ambulatoire de Laval.
Près de 30 personnes ont participé à cette initiative avec pancartes, drapeaux et trompettes afin de faire valoir leur position.
Coût de la vie
Aux yeux de Nathalie Bourque, présidente du STCISSS-Laval, il était important que le syndicat lavallois se positionne ainsi sur l’enjeu du logement.
«Les travailleuses et travailleurs sont eux aussi touchés de près ou de loin par le prix de l’épicerie, de l’essence et des loyers, indique-t-elle. On trouve ça important de faire partie des luttes collectives, car nous faisons tous partie de la collectivité.»
Elle dénonce d’ailleurs la transformation récente de plus de 200 postes à temps complet en postes à temps partiel au sein de Santé Québec Laval, ce qui «appauvrit les travailleuses et travailleurs», affirme-t-elle.

De son côté, Bertrand Guibord, président du CCMM, rappelle que la crise du logement peut toucher tout le monde.
«Pour la masse des salariés, le budget est tellement serré qu’on ne peut pas envisager une augmentation importante des dépenses, note-t-il. Perdre son logement devient un immense problème dans l’immédiat, car quelqu’un qui doit déménager pour une rénoviction ou toute autre raison va voir ses frais de logement augmenter de manière drastique.»
Il rappelle également qu’une partie importante des personnes vivant désormais en situation d’itinérance «le font maintenant pour des raisons économiques».
Selon lui, la crise du logement est surtout causée par des corporations qui détiennent un parc immobilier important dans le Grand Montréal et que les instances publiques doivent en faire davantage pour encadrer le marché actuel.
Nathalie Bourque partage cet avis.
«Ils font de plus en plus de logements, mais ce n’est pas au profit des locataires – c’est pour ceux qui font de l’argent, déplore-t-elle. […] Ce sont des promoteurs et des grandes corporations qui achètent tous les lots pour en faire des logements hors de prix.»
Solutions proposées
Ce n’est pas anodin que cette manifestation survienne en pleine campagne électorale provinciale. Pour les instances syndicales, la situation actuelle est en partie causée par des années d’inaction gouvernementale.
«Depuis quelques décennies, les différents paliers de gouvernement se sont pas mal renvoyé la balle, assure Bertrand Guibord. […] Dans les faits, autant au provincial qu’au fédéral, il y a des millions, voire des milliards de dollars qui ont été retirés. On s’est désinvesti de la cause du logement.»
Il croit qu’il est nécessaire que chaque palier «joue le rôle qui est le sien» et qu’ils prennent les moyens nécessaires pour rendre l’accès au logement plus facile, notamment en utilisant des leviers comme le droit de préemption.
«Il faut sortir des logements du marché spéculatif et privé, estime M. Guibord. […] Ça aiderait beaucoup, car les gens seraient protégés et assurés de ne pas être victimes de reprise abusive de leur logement. Ils pourront y rester à long terme et le prévoir dans leur budget.»
De son côté, Nathalie Bourque assure que ce ne sera pas la dernière sortie du STTCISSS-Laval sur cet enjeu et que cela pourrait lancer un mouvement.
«C’est sûr que ça va se poursuivre à travers notre travail syndical. Je vais le ramener à toutes les tables où je vais être assise avec la partie patronale. Les décisions qu’ils prennent ont des impacts et enjeux directs sur les salariés. D’une manière ou d’une autre, nous n’arrêterons pas», complète-t-elle.
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