Mis à jour le 10 juin 2026 à 10h08
Un rapport de 40 pages déposé par la conseillère Isabelle Piché à la séance du conseil municipal de juin conteste les chiffres avancés par l’administration Boyer pour justifier sa décision, l’hiver dernier, de mettre la clé sous la porte de la fermette du Centre de la nature.
Ce document, qui résulte d’une consultation publique initiée par le parti d’opposition Action Laval, s’appuie entre autres sur l’expertise d’un consultant agronome et bachelier en ingénierie, François Handfield. Ce dernier, que l’on dit bien au fait des enjeux agricoles, accompagne aussi bien des entreprises, des Municipalités que le gouvernement en matière de gestion, de planification, de mise en marché et de réglementation.
Coûts d’opération
«Les coûts d’opération annuels estimés par l’expert indépendant devraient atteindre au maximum 425 000 $, loin des coûts actuels de 600 000 $ avancés publiquement par le maire», fait valoir Action Laval dans un communiqué.
Le rapport dresse un tableau qui ventile 15 postes de dépenses pour lesquels on attribue un montant minimal et maximal en fonction du bâtiment existant de 800 mètres carrés et des animaux qu’il abritait jusqu’à sa fermeture. L’ensemble des frais minimaux s’élève à 244 000 $ alors que le coût moyen est estimé à 335 000 $, laissant ainsi entendre que les 600 000 $ évoqués pourraient inclure des dépenses associées à d’autres activités du Centre de la Nature.
À la Ville, on explique que «les installations de la fermette sont aujourd’hui vétustes et ne répondent plus aux normes en vigueur», soulignant au passage que les activités liées à l’exploitation et à l’entretien d’une ferme ne relèvent ni de la mission ni des compétences d’une Municipalité.
Même à 600 000 $, note la commissaire et environnementaliste Julie Vézina, ça revient à 3 $ par visiteur pour la Ville, considérant les 180 000 personnes qu’attirait la ferme bon an, mal an. «Est-ce que cela vaut vraiment la peine de priver autant de citoyens pour sauver à la fin, un montant par citoyen si insignifiant?», questionne-t-elle.
Coûts de reconstruction
Selon l’administration Boyer, la reconstruction du bâtiment serait nécessaire et coûterait environ 13,5 M$ (une estimation sommaire présentant une marge d’erreur de 20 à 50 %), ce qui détonne avec les estimations de François Handfield qui évalue plutôt les travaux de démolition et de reconstruction à environ 7,3 M$.
Ces coûts tiennent comptent d’un bâtiment agrandi de 450 mètres carrés pour satisfaire aux normes actuelles.
«Cette augmentation de superficie implique la démolition complète du bâtiment et des fondations actuelles afin de permettre la réalisation des nouveaux aménagements», précise par courriel le conseiller aux affaires publiques Jonathan Lévesque. L’estimation est celle des services experts en gestion de bâtiment et de parc immobilier; elle reflète un projet complet et non uniquement des travaux de construction, ajoute-t-il.
Quant au consultant, il base son analyse de coûts sur la fiche technico-économique du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) portant précisément sur les coûts de construction d’une bergerie.
Conclusions
À la lumière des rapports d’inspection produits par le MAPAQ entre 2015 et 2024, de données recueillies et des observations de François Handfield, les commissaires concluent que «les motifs invoqués pour justifier la fermeture de l’étable (désuétude du bâtiment, coûts d’opération et bien-être animal) reposent sur des informations partielles, incomplètes ou insuffisamment documentées».
«Aucun rapport consulté ne faisait état de problématiques liées au bien-être animal ou à la qualité générale des soins apportés aux animaux sur le site», signalent-ils.
Suivant les recommandations de l’expert agronome, les auteurs du rapport de la consultation publique sur l’avenir de la ferme du Centre de la Nature suggèrent «de conserver dans son état actuel le bâtiment de la ferme […] jugé viable et sécuritaire» alors que «rien n’indique qu’il doive être démoli, rénové ou remplacé».
En ce qui a trait à la désuétude dite fonctionnelle, elle pourrait au besoin être corrigée à la pièce, souligne-t-on.
«Ce rapport expose noir sur blanc que la décision du maire [de fermer l’étable] ne tient pas la route et qu’elle n’est pas appuyée sur des faits, soutient la conseillère municipale de Saint-François à l’origine d’une consultation en ligne à laquelle ont participé en mars dernier 224 répondants. «Les citoyens ont parlé clairement et ils veulent préserver la ferme […] .Il est temps de remettre les Lavallois au centre des décisions qui les concernent », termine-t-elle.
Ferme mobile
Bien que la fermette ait été vidée de ses animaux le 6 mars dernier, les citoyens peuvent se rabattre sur la présence d’une ferme mobile au Centre de la nature.
Depuis le 6 juin, l’OBNL Permaculture, Art, Communauté et Éducation (PACE) s’y déplace avec ses alpagas, ses moutons et ses chèvres les samedis et dimanches de 10h à 16h pour faire vivre des expériences à la fois ludiques, éducatives et accessibles gratuitement aux visiteurs du parc. Cette activité animera une partie du site jusqu’au dimanche 27 septembre prochain.
Téléchargez notre application
C’est simple et gratuit.
Meta (Facebook et Instagram) bloque vos nouvelles du Courrier Laval, tout comme Google continue de leur faire obstruction, en réponse à la loi C-18.
Pour avoir accès à vos nouvelles et rester ainsi connecté à la source, le Courrier Laval vous invite à télécharger son application. Vous pourrez ainsi continuer de lire vos nouvelles gratuitement, et ce, en temps réel avec un ratio moindre de publicités. N’oubliez pas d’activer les notifications et de passer le mot à vos proches et contacts!
Apple : https://apple.co/3wsgmKE
Android : https://bit.ly/3uGPo1D
Infolettre : https://courrierlaval.com/infolettre/



