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Vivre dans la suie et la moisissure

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Vivre dans la suie et la moisissure

Sur le seuil, l’odeur de moisissure accueille les visiteurs. Après quelques minutes dans la maison, la suie expulsée par les conduits d’un système de chauffage défectueux irrite la gorge. L’air est malsain; on cherche la sortie, tout comme les deux adultes et les trois enfants qui vivent dans cette maison louée à 1200 $ par mois.

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La suie noircit les doigts passés sur le téléviseur, pénètre dans les tiroirs des commodes, se dépose dans la baignoire, sur la vaisselle pourtant enfermée dans les armoires… Seuls les effets personnels dans des boîtes de carton empilées au salon sont à l’abri. «Ça fait 10 jours qu’on vit dans la suie.» Denis Gagné, locataire de la 90e avenue, à Chomedey, a invité lundi le Courrier Laval à visiter le semi-détaché qu’il habite depuis juillet 2008.

Asthme

L’appareil de chauffage central qui flanche vient s’ajouter à la moisissure, qui tapisse les murs de la majorité des six pièces de la maison.

La cuisine propre et rangée semble le dernier îlot sain dans la maisonnée. Le garçon et la fille de M. Gagné y font leurs devoirs. Deux des enfants de 11, 13 et 14 ans qui logent ici sont asthmatiques.

Au-dessus de l’évier, cependant, les champignons microscopiques noircissent, comme ailleurs, le pourtour de la fenêtre ruisselante d’humidité. «On lave et ça revient», dit la conjointe de M. Gagné, Manon Labrie, d’un air résigné.

Factures salées

Les mensualités déjà consistantes de M. Gagné sont alourdies par des notes d’électricité astronomiques de 340 $, qu’il attribue à un système électrique inadéquat. «Le 16 octobre, le frigo a arrêté de fonctionner», raconte le locataire. Il a découvert alors que sa boîte électrique contrôlait l’alimentation en courant de son voisin. Le contenu du congélateur a dû être jeté.

Conflit

Le cauchemar a débuté en décembre 2008, peu avant l’infarctus de M. Gagné, qui l’a amené à quitter son emploi de concierge au Centre des aînés de Laval. «On retire 1500 $ d’allocation pour les enfants. On vit avec ça.»

C’est dans ce contexte que le conflit s’amorce avec le propriétaire, Hamed Munawar, à qui Denis Gagné a envoyé une mise en demeure, le 23 juillet dernier.

En août, le locataire frappe à la porte de la Régie du logement. Au dossier déjà épais s’ajoute une réclamation du loyer d’août et septembre par le propriétaire, qui dit ne pas avoir été payé. L’audience aura lieu en décembre.

Plusieurs entrepreneurs se sont succédé dans la maison depuis juillet, selon M. Gagné, notamment lorsque la municipalité a mis le nez dans le dossier. Travaux sur la toiture, remplacement de panneaux de gypse, peinture sur les surfaces moisies. «Du travail de « patchage »», estime le locataire. «Le problème de moisissure est revenu il y a un mois et demi, pire qu’avant.» Le week-end dernier, M. Munawar a coupé du gypse dans une pièce. Les trous béants dans le mur et les matériaux souillés laissés sur place en témoignaient, lundi.

Quelques minutes après son entretien avec la journaliste du Courrier Laval en fin de journée mardi, le propriétaire promettait à son locataire de faire remplacer tous les murs, le lendemain.

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