Mis à jour le 28 janvier 2026 à 15h26
L’Association lavalloise pour le transport adapté (ALTA) n’est pas pleinement satisfaite par le nouveau service offert depuis le 1er janvier.
L’organisme lavallois avait déjà fait part de ses craintes concernant l’offre de service qui passait à la main de la Société de transport de Montréal (STM) et du milieu des taxis collectifs en ce début d’année.
Elle cible désormais quelques ratés, dont la fin des retours sur appel.
Par le passé, les usagers pouvaient appeler pour obtenir un transport de retour dans certains contextes précis, tels un rendez-vous médical ou une convocation à la cour. Un véhicule devait alors se présenter dans l’heure suivante.
Désormais, si un rendez-vous finit plus tôt, la STM analysera si la demande de l’usager est recevable.
«Là où ça nous dérange le plus, c’est qu’ils ne disent pas ce qui arrive si le rendez-vous termine plus tard et donc après l’heure prévue du transport, image Annie Des Rosiers, directrice générale de l’ALTA. La modification le jour même n’est pas autorisée, donc les usagers vont devoir prendre le taxi ou le transport en commun.»
Elle cite aussi des enjeux pour la récupération des objets perdus jugés non essentiels, qui se fait à la station de métro Berri-UQAM, et le manque d’accessibilité à l’information concernant le nouveau service.
L’obligation de faire une nouvelle évaluation pour obtenir un droit de restriction pour le véhicule de transport est aussi mentionnée.
De son côté, la Société de transport de Laval (STL) se dit «satisfaite de ce début d’année de transition pour ses services de transport adapté», écrit-on dans un échange courriel.
«Toute transition amène une certaine adaptation et des ajustements ponctuels, ajoute la conseillère en communications et affaires publiques à la STL, Anne-Sophie Harrois. À cet effet, la STL, en collaboration avec la STM, effectue une veille régulière des opérations pour s’assurer que les opérations se déroulent adéquatement.»
Retards
L’une des craintes initiales du changement de service était le nombre de véhicules disponibles pour les usagers de la région. La STL confirme que ce n’est pas un enjeu.
«Nous nous sommes assurés qu’il y aurait suffisamment de véhicules adaptés pour répondre aux besoins de transport de notre clientèle, affirme Anne-Sophie Harrois. […] La planification du service est faite par la STM et non par ses fournisseurs. Selon la demande en déplacement des usagers et selon leurs conditions particulières, la STM planifie un service qui requiert un nombre d’heures de service répondant à cette demande.»
Annie Des Rosiers abonde dans le même sens, mais soulève la problématique des horaires.
Lors de la première semaine, les usagers arrivaient bien avant l’ouverture des locaux des organismes communautaires, ce qui n’est pas l’idéal en plein hiver. La situation serait désormais à l’opposé, car des retards sont constatés.
«Les organismes se plaignent que les gens arrivent beaucoup entre 9h et 10h15 pour leurs activités qui débutent à 9h, explique la directrice générale de l’ALTA. Les heures d’arrivée ne sont pas respectées. […] Les usagers paient pour les activités et se retrouvent à manquer près d’une heure à cause de ça.»
«La STL opère une veille constante des opérations via la STM et est toujours sensible aux enjeux de ponctualité, répond l’instance de transport. À cet effet, notre objectif demeure de maintenir un taux de ponctualité client égal ou supérieur à 91% de nos déplacements. […] Les conditions hivernales difficiles peuvent parfois impacter nos opérations».
Les fourgonnettes
Quelques enjeux concernant les fourgonnettes Ram ProMaster Creative 3500 ont aussi été soulevés par l’ALTA, dont le fait que cela augmente considérablement le nombre de véhicules arrivant au même moment dans les stationnements des organismes à chaque matin.
Le manque d’espace empêche également certaines personnes qui partagent la même adresse de prendre le même véhicule. Comme la plage horaire du service est de 30 minutes, il est donc possible que l’une des deux personnes arrive bien avant l’autre à destination.
Par ailleurs, il ne serait plus possible pour les organismes de réserver des véhicules pour les sorties de groupe, comme c’était le cas avec les minibus adaptés à l’époque.
Annie Des Rosiers ajoute que l’entrée dans les fourgonnettes serait difficile pour certains usagers qui se déplacent en quadriporteurs, puisqu’ils doivent faire un déplacement à 90 degrés vers la gauche pour entrer à partir de la rampe d’embarquement.
«En arrivant à destination, ils doivent se rassoir sur leur quadriporteur et débarquer vers la plateforme, mais, cette fois, en prenant le tournant à reculons, spécifie la directrice générale de l’ALTA. Ça peut être très anxiogène pour beaucoup de personnes.»
Certains appareils sont d’une largeur de 33 pouces, ce qui est identique à la rampe de débarquement des ProMaster et complique davantage la manœuvre.
Processus plus long
Annie Des Rosiers déplore aussi un cafouillage concernant les usagers qui sont visés par une prise en charge obligatoire. Cela signifie qu’ils doivent être accueillis à leur lieu d’arrivée et qu’une signature doit être remise au chauffeur, sans quoi la personne ne peut descendre du véhicule.
«Toutes les personnes avec une DI-TSA [déficience intellectuelle et trouble du spectre de l’autisme] – trouble cognitif se sont retrouvées sur la liste de prise en charge lors de la transition, alors qu’ils n’en ont pas tous besoin», affirme-t-elle.
La STL concède avoir constaté «certaines situations où, dans la pratique, des usagers disposaient d’un degré d’autonomie suffisant pour ne pas nécessiter une prise en charge obligatoire à destination», mais qu’elle continuait de respecter ce qui est inscrit au dossier pour l’instant.
«Les gens ont besoin de ce service. Ils n’ont pas d’autres alternatives. On voit vraiment une augmentation des demandes d’admission en ce moment. […] La STL collabore, mais j’ai l’impression que le délai est plus long. C’est plus procédural depuis un an», complète Mme Desrosiers.
Rappelons que le service de transport adapté devrait à nouveau être modifié dans la prochaine année, puisque l’Autorité régionale de transport métropolitain prévoit le regroupement à venir de tous les services actuels de transport adapté de la région métropolitaine, tel que rapporté dans le Courrier Laval.
Téléchargez notre application
Meta (Facebook et Instagram) bloque vos nouvelles du Courrier Laval, tout comme Google continue de leur faire obstruction, en réponse à la loi C-18.
Pour avoir accès à vos nouvelles et rester ainsi connecté à la source, le Courrier Laval vous invite à télécharger son application. Vous pouvez également vous abonner à l’infolettre hebdomadaire. Vous pourrez ainsi continuer de lire vos nouvelles gratuitement, et ce, en temps réel avec un ratio moindre de publicités. N’oubliez pas d’activer les notifications et de passer le mot à vos proches et contacts!
Apple : https://apple.co/3wsgmKE
Android : https://bit.ly/3uGPo1D
Infolettre : https://courrierlaval.com/infolettre/



