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L’île aux Vaches (notre photo) et l’île Saint-Pierre de l’archipel Saint-François totalisent 161 des 568 hectares de milieux naturels que Laval souhaite intégrer au refuge faunique de la Rivière-des-Mille-Îles. (Photo gracieuseté - COBAMIL)

Environnement

Refuge faunique: Stéphane Boyer tient parole

Le nouveau maire Stéphane Boyer n’aura pas mis de temps à mettre en chantier sa première promesse électorale, lui qui s’était engagé à contribuer à la création d’un des plus grands refuges fauniques en milieu urbain au Québec s’il prenait le pouvoir le 7 novembre dernier.

Le comité exécutif qu’il préside a adopté le 26 janvier une résolution qui sera soumise à la séance du prochain conseil municipal, ce mardi 1er février, visant à accroître le statut d’aire protégée de près de 20 fois la superficie actuelle du Parc de la Rivière-des-Mille-Îles. Créé en 1998, ce refuge faunique couvre actuellement une superficie de 26 hectares dont un chapelet de 10 îles, propriétés des Villes de Laval, Rosemère et de l’organisme gestionnaire Éco-Nature.

568 hectares à intégrer

En clair, la Ville propose d’inclure au refuge pas moins de 432 lots municipaux totalisant une superficie de 568 hectares d’îles et de terrains riverains ou en lien écologique avec la rivière.

«Ça représente l’équivalent de 12 000 terrains de maison unifamiliale», illustrait fièrement M. Boyer en entrevue le 27 janvier.

Bien que la plupart de ces milieux naturels soient déjà protégés par la règlementation municipale, l’obtention du statut de refuge faunique leur conférerait une protection et une conservation pérennes.

«Le refuge abrite près du deux tiers des espèces de la faune québécoise, rappelle le maire par voie de communiqué. En protégeant et en connectant ces milieux les uns avec les autres, nous permettrons la survie et la reproduction des centaines d’espèces animales et végétales qui y vivent, en plus d’assurer aux Lavallois un accès enviable au patrimoine naturel.»

Ce geste s’inscrit dans la vision de la Trame verte et bleue lavalloise, qui fixe à 14 % la cible d’aires protégées sur le territoire.

De bon augure

Une fois que la résolution aura été adoptée par le conseil municipal, Éco-Nature verra à la transmettre au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, lequel mènera les analyses et consultations d’usage afin de s’assurer de la conformité et l’acceptabilité du projet.

«Ça augure très bien. Le ministre semble voir le projet d’un bon œil», souligne Stéphane Boyer tout en faisant valoir qu’Éco-Nature avait fait ses devoirs.

De fait, le ministre Pierre Dufour, responsable de l’application de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, déclare qu’«il s’agit d’une étape importante et d’un atout de taille dans le projet d’agrandissement du refuge faunique de la Rivière-des-Mille-Îles réalisé par nos biologistes en collaboration avec Éco-Nature.»

Legs majeur

Évidemment que toute l’équipe du Parc de la Rivière-des-Mille-Îles se réjouit de cette initiative de l’administration Boyer, souligne la directrice générale d’Éco-Nature, Christine Métayer. D’autant que l’organisme voué à la protection, la conservation et la mise en valeur de la rivière porte depuis bientôt 15 ans ce projet d’étendre les limites du refuge faunique à près d’un millier d’hectares. Un ambitieux projet qui mettra également à contribution les huit autres villes riveraines bordant les 42 kilomètres de ce cours d’eau reliant Saint-Eustache à Terrebonne.

«Les Lavallois peuvent être fiers de l’engagement du maire et de son implication dans ce magnifique projet écologique et récréotouristique, un legs majeur pour les générations futures», soutient Mme Métayer. À cet égard, contrairement à une réserve faunique, le statut de refuge peut autoriser en certains milieux la pratique de diverses activités récréatives dans le respect de la faune, des habitats et des écosystèmes. De concert avec le gouvernement, la Ville de Laval et Éco-Nature seraient appelés à déterminer par règlement les conditions d’accessibilité et d’utilisation de ces 568 nouveaux hectares d’aires protégées., le cas échéant.

Trois îles incluses

Parmi les 432 lots de propriété municipale inclus dans le projet d’agrandissement du refuge faunique figurent deux des plus grandes îles de la rivière des Mille Îles, à savoir les îles aux Vaches et Saint-Pierre de l’archipel Saint-François.  Acquis au coût de 21,9 M$ à l’automne 2020, ces milieux naturels d’exception couvrent respectivement 141 et 20 hectares, soit 28 % de la superficie totale.

Par ailleurs, ce n’est qu’une question de temps avant que l’île Locas se greffe au projet, la Ville de Laval étant sur le point de l’acquérir au coût de 10,2 M$. Cette île de 10 hectares se trouve tout juste à l’ouest du pont de l’autoroute 15.

«Ces îles abritent une riche biodiversité faunique et floristique ayant une grande incidence sur la qualité des habitats au cœur du Parc de la Rivière-des-Mille-Îles», fait valoir la Ville.

Quant au refuge faunique décrété par Québec en 1998, on y a recensé 350 espèces, dont 92 sont des espèces désignées ou susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. Parmi celles-ci, la couleuvre tachetée, le faucon pèlerin, la tortue géographique et le petit blongios, une espèce d’oiseau aquatique.

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Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, sstamour@2m.media, 450-667-4360 poste : 3523

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