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Le 17 mai a été désigné comme étant la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie alors que le 17 mai 1990, l’Organisation mondiale de la santé a retiré l’homosexualité de sa liste de maladie mentale. (Photo gracieuseté)

Société

Premier portrait sur les femmes de la diversité sexuelle

À l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, le Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ) a dévoilé les premiers résultats de son enquête Portrait des femmes de la diversité sexuelle au Québec.

«C’est un moment historique pour le Réseau des lesbiennes du Québec», souligne Julie Antoine, directrice générale du RLQ.

Avec près de 700 répondantes de la communauté LGBTQ+ provenant des 17 régions administratives du Québec, il s’agit d’une première enquête de la sorte à travers la province.

En plus sortir de l’ombre des réalités qui sont «occultées par les médias et la société en général», le portrait permettra notamment d’infirmer ou de confirmer certaines hypothèses.

«On savait que les personnes bispirituelles avaient un salaire moindre, mais on a confirmé le tout grâce au portrait, exemplifie Julie Antoine. On a tous des biais, donc on veut s’assurer de ne pas avoir de zones grises ou noires.»

Le formulaire de 26 questions a été partagé aux Québécoises francophones et anglophones de la diversité sexuelle entre le 1er janvier et 31 mai 2020.

Puisque la collecte de données a été faite avant la pandémie, la directrice générale juge qu’il faudra refaire l’enquête éventuellement.

Quelques données

Cynthia Eysseric habite Laval depuis près de deux ans. Tout comme la majorité des répondantes, elle s’identifie comme femme et lesbienne.

«Quand j’avais environ 18 ans, je n’avais pas réalisé que je faisais partie de la communauté, parce que j’associais les lesbiennes au stéréotype du garçon manqué», explique la directrice adjointe du RLQ.

Cynthia Eysseric

Cynthia Eysseric (Photo gracieuseté)

Parmi les participantes au sondage, dont l’âge varie entre 17 et 79 ans, plus d’une femme sur deux a déclaré appartenir à un des sous-groupes de la population, dont principalement aux personnes ayant des problèmes de santé mentale.

«L’enjeu de la santé mentale serait le reflet de l’hétéronormativité au sein de la société», souligne Eugénie Fontaine, agente d’analyse et de recherche au RLQ.

De plus, malgré le fait que les femmes de la diversité sexuelle ont un niveau de scolarité supérieur aux Québécoises, la moyenne salariale des premières est inférieure aux secondes.

«Ces données mettent de l’avant le sexisme systémique vécu par ces femmes, ajoute Eugénie Fontaine. Elles sont très scolarisées, mais ont un faible revenu.»

Discrimination

Selon les données émises dans le portrait, 80,9% des répondantes ont été victimes d’au moins une forme de «LGBTphobie» au cours de leur vie, dont la biphobie, homophobie et transphobie, et ce, notamment dans la sphère publique.

«Il y a des places où je vais éviter de tenir la main de ma blonde par peur de comment les gens vont réagir», confie Cynthia Eysseric, en ajoutant qu’elle a déjà presque été entrainée dans une bataille à cause de son identité.

La lesbophobie, mot qui combine l’homophobie et le sexisme, est également vécue par près de 40% des participantes.

Le RLQ tente d’ailleurs de faire reconnaitre ce terme afin de combattre l’invisibilisation des femmes issues de la diversité sexuelle et de reconnaitre les discriminations vécues par celles-ci.

En avril, la Ville de Montréal a modifié sa Charte montréalaise des droits et responsabilités en y incluant les discriminations fondées sur l’identité et l’expression de genre, la lesbophobie et la transphobie.

«Plus personne n’aura d’excuse de ne plus nous nommer», soutient Julie Antoine.

Divers visages

Dans le cadre de la Journée de visibilité lesbienne 2021, qui s’est déroulée les 5 et 6 juin, le RLQ a lancé une série de 30 portraits de Québécoises issues de la diversité sexuelle.

On y retrouve des visages connus, tels que celui de Katherine Levac, Diane Obomsawin et la porte-parole de l’événement, Ève Salvail.

D’autres femmes présentées œuvrent pour leur part dans le milieu des affaires, de la restauration et le communautaire.

«Nous espérons que ce livre de portraits servira aux jeunes de nos communautés, afin qu’ils puissent trouver différents modèles et […] s’inspirer de leur divers parcours afin d’évoluer dans un monde où les communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles, pansexuelles, trans, bispirituelles, asexuelles et queers sont célébrées.»

 

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