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Le recours au privé soulève l’ire des cols bleus

Massés devant les portes de l’hôtel de ville, les cols bleus de Laval se sont faits entendre à l’assemblée du conseil municipal du 5 novembre, manifestant bruyamment leur mécontentement face à la décision de la Ville de confier au secteur privé une partie de l’épandage d’abrasifs et de sel pour les trois prochains hivers.

C’est un contrat de quelque 830 000 $ octroyé le mois dernier à l’entreprise de déneigement Gilles Lavoie et Fils qui a mis le feu aux poudres.

«Historiquement, cette tâche a toujours été faite par les cols bleus, a lancé le président syndical, Louis-Pierre Plourde, en s’adressant aux élus en début d’assemblée. Vous nous avez atteints en plein cœur.»

Louis-Pierre Plourde, président du Syndicat des cols bleus de Laval. (Photo gracieuseté)

Dirigeant québécois du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ) auquel sont affilés les 750 travailleurs lavallois, Marc Ranger a laissé entendre que ce contrat de sous-traitance était contre-productif et allait à l’encontre de l’esprit de la dernière négociation [il y a deux ans, la convention collective des cols bleus a été renouvelée jusqu’au 31 décembre 2021] qui «donnait beaucoup de souplesse et de mobilité» pour faciliter le travail du Service des travaux publics.

Marc Ranger, drigeant québécois du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ) auquel sont affilés les 750 cols bleus lavallois. (Photo gracieuseté)

Le syndicaliste a enchaîné en demandant au maire Marc Demers de colmater cette brèche créée dans ce qui était jusque-là une chasse gardée, en annulant le contrat.

«Pensez-vous réellement qu’on va négocier une entente en pleine assemblée du conseil dans le brouhaha?» a répliqué son interlocuteur.

Pas question d’annuler

Hier en fin de journée, la porte-parole de la Ville, Anne-Marie Braconnier, affirmait au Courrier Laval qu’une annulation du contrat n’était pas envisagée.

Quant à savoir si l’administration entendait donner suite à la demande du Syndicat de créer un comité paritaire chargé de se pencher sur l’amélioration du service du déneigement et la question de la sous-traitance, elle s’est limitée à dire que «la Ville regardera toutes les options qui s’offrent à elle et qui pourront contribuer au final à une meilleure prestation de service pour les citoyens».

Par ailleurs, Mme Braconnier assure que le fait de recourir à la sous-traitance n’a rien à voir avec la qualité du travail effectué par les employés municipaux l’hiver dernier. «Il n’y a aucun lien», dit-elle, rappelant que les conditions climatiques extrêmes avaient sévi à la grandeur de la province.

À l’aveugle

Le soir de l’assemblée municipale, l’économiste au SCFP, Pierre-Guy Sylvestre, a reproché à l’administration Demers de gérer «à l’aveugle», affirmant que l’impartition d’une partie de l’épandage d’abrasifs à l’externe ne reposait sur aucune analyse coût-avantage, ce qui n’a pas été contredit par le maire.

À la question à savoir quelle économie la Municipalité prévoyait-elle réalisée en 2019-2020 par cette entente avec le privé, on répond que «ce n’est pas un objectif économique, mais bien un objectif d’assurer une meilleure prestation de service à nos citoyens, d’être plus efficace et agile dans nos manières de faire»

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Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, sstamour@2m.media, 450-667-4360 poste : 3523

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