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Le poète Siamanto et le génocide arménien

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Le poète Siamanto et le génocide arménien

Après avoir vulgarisé le génocide arménien pour la jeune génération dans Mémoire 1915-2015, Delphine Jacquart, de son vrai nom Brigitte Tavitian, s’attache à une figure de proue de la poésie et politique arménienne, Adom Yarjanian dit Siamanto, assassinée comme 1,2 à 1,5 million de ses compatriotes par les officiers turcs dirigeant l’Empire ottoman.

Plus précisément, l’auteure s’attarde à la sanglante rafle du 24 avril 1915 dans cette œuvre parue chez l’éditeur De l’Apothéose sous le titre Siamanto, mon amour.

«Nous en sommes aux tout débuts du génocide et le pouvoir en place commence par tuer les intellectuels: avocats, médecins, poètes, écrivains et parlementaires», raconte l’auteure originaire du Liban et qui s’est installée à Sainte-Dorothée en 1987, après avoir fui la guerre et vécu quelques années en France.

L’année 2018 marquant le 140e anniversaire de la naissance de Siamanto considéré comme le maître de la poésie arménienne moderne, Delphine Jacquart en a fait son personnage principal.

Entre massacres et exils

Avant d’illustrer le destin tragique de son héros mort à 37 ans, Delphine Jacquart aborde les massacres ayant débuté bien avant la rafle historique, alors que les Arméniens étaient montrés du doigt comme le peuple vêtu de noir parce que constamment endeuillé.

Siamanto aura connaissance d’un premier acte criminel du Sultan rouge (Abdülhamid II) dans la région de Sassoun, avant de s’exiler en Égypte pour ensuite rejoindre Genève, Lausanne, puis étudier à la Sorbonne, à Paris.

De retour en Turquie, il sera témoin de la répression d’Adana au printemps 1909, l’armée massacrant 30 000 Arméniens. Cette fois, le poète s’enfuira aux États-Unis et s’établira à Boston, devenant éditeur du journal Hairenik.

Quand le mouvement des Jeunes-Turcs accentuera la purge, l’écrivain reviendra combattre aux côtés de son peuple. La rafle d’avril 1915 aura finalement raison de lui.

Triangle amoureux

Pour mieux camper l’histoire, autant la petite que la grande, l’écrivaine «emprunte la porte cochère par le biais d’un triangle amoureux fictif, indique-t-elle. Nous suivons un homme étranger qui rencontre pas à pas la culture arménienne.»

À la mort d’Elsa qui s’est toujours refusée à Edgar Merz, un diamantaire suisse, ce dernier découvre le «carnet aux 1000 secrets qu’elle lui a laissé en héritage», par le biais d’Hector, le serveur de bistrot qui les a présentés l’un à l’autre.

«Une fois sa curiosité piquée, Edgar rencontrera notamment un professeur d’histoire qui le renseigne sur le génocide et le rôle de Siamanto qui, en plus d’écrire, a beaucoup œuvré pour les minorités sous le régime ottoman, relate Delphine Jacquart. La haine initiale du diamantaire fera place à une admiration indéfectible envers le fantôme dont la muse était  cette femme pour qui il était tombé follement amoureux.»

Prochain roman

Ayant depuis toujours l’intention de publier une trilogie sur divers volets du génocide arménien, l’auteure s’attaquera  maintenant à la culpabilité. Elle mettra en scène trois générations d’intellectuels turcs dans son prochain livre.

«Il n’y a toujours pas de reconnaissance officielle de ce pan de l’histoire qu’on ne peut ni oublier, ni mettre de côté, rappelle-t-elle. Pourtant, certains intellectuels d’origine turque ne nient pas ces atrocités passées.»

Commentaires

Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

1 commentaire

1 commentaire

  1. Serge Bédrossian

    10 novembre 2018 à 11 h 52 min

    Bon article M. Leblanc…ils l’avouerons un jour …tôt ou tard la vérité sera entendue…

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