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Lyne Sylvain, présidente du Mouvement lavallois – Équipe Marc Demers. (Photo gracieuseté)

Politique

La présidente du ML au cœur d’une controverse

Le renouvellement du mandat de Lyne Sylvain à titre d’administratrice indépendante au sein du conseil d’administration de l’Office municipal d’habitation (OMH) de Laval a suscité un long débat au dernier conseil municipal.

Mme Sylvain, qui préside aux destinées du Mouvement lavallois (ML) – Équipe Marc Demers, a finalement été reconduite pour un mandat de trois ans à l’issue d’un vote majoritaire, 14 voix contre 7. Outre les élus du parti au pouvoir, seul le conseiller indépendant Daniel Hébert a voté en faveur.

De tous ceux qui s’y sont objectés, aucun n’a remis en question les compétences de celle qui occupe le poste de secrétaire au conseil de l’OMH.

Réactions et explications

«Je suis sincèrement renversé, a réagi le chef de l’opposition officielle, Michel Trottier. Premier conseil municipal de Stéphane Boyer comme chef du Mouvement lavallois et il vote en faveur de nommer la présidente de son organisation sur un poste rémunéré d’un organisme paramunicipal. Un manque de jugement franchement inquiétant pour la suite!»

M. Trottier estime que Lyne Sylvain aurait dû démissionner de l’OMH en acceptant la présidence du parti du maire en 2019. «Là, il y avait moyen de corriger la situation. La moindre des choses aurait été de ne pas recommander son renouvellement.»

Le soir de l’assemblée, M. Boyer avait plaidé «qu’aucun citoyen ne doit être avantagé ou désavantagé s’il s’implique politiquement», précisant que «Mme Sylvain n’est pas une employée du parti [mais plutôt une bénévole], n’est pas candidate [aux élections] et s’impliquait au conseil de l’OMH avant même de commencer à s’impliquer politiquement».

Considérant l’apparence de conflit d’intérêts, le conseiller de Vimont et chef du parti Laval citoyens, Michel Poissant, a demandé au maire Marc Demers de retirer sa proposition de nomination. Ce dernier a rétorqué qu’il ne faisait que suivre «les recommandations du Secrétariat de la gouvernance», un organisme créé sous son administration «pour éviter» toutes «ingérences politiques» au moment de pourvoir les postes d’administrateur des différentes sociétés paramunicipales, a précisé M. Demers.

Questionné par David De Cotis et Paolo Galati, tous deux conseillers d’Action Laval qui cherchaient à savoir s’il est «à l’aise» avec cette nomination «partisane», Stéphane Boyer a fait valoir qu’il avait «tendance à faire confiance au Secrétariat à la gouvernance dont le rôle est justement de recruter des administrateurs sur la base de leurs compétences».

Président du conseil de l’OMH et conseiller de Laval-Les Îles pour le parti au pouvoir, Nicholas Borne a également défendu le renouvellement de Lyne Sylvain qu’il dépeint comme «une dame rigoureuse» dont l’«apport est très important» au sein de l’organisme.

«C’est justement pour s’éviter ce genre de conversations-là que la Ville s’est dotée d’un mécanisme rigoureux [et] neutre pour nous aider dans les nominations […] La cheffe du Secrétariat était au courant [pour la présidence du ML] et pour elle, ça ne faisait aucune différence; l’important, c’est qu’elle croyait au jugement de Mme Sylvain [dont l’] implication politique est justement un gage qu’elle veut faire de cette société une société qui soit meilleure».

Double discours

À propos du Secrétariat de la gouvernance et de ses recommandations, le chef de Parti Laval, Michel Trottier, éprouve un profond malaise, y dénonçant «un double discours».

Il en veut pour preuve «une recommandation formelle» de la cheffe du Secrétariat de la gouvernance, Lyne Burelle, adressée à la mi-mars «à un membre bénévole du Comité consultatif jeunesse de la Ville pour qu’il se retire de ses fonctions jusqu’à la prochaine élection municipale en raison de son implication politique».

Le jeune en question, fils d’un candidat du parti de l’opposition officielle, s’est aussitôt retiré du comité, mentionne M. Trottier, qui déplore que le même organisme ne voie aucun problème à ce que la présidente d’un parti politique demeure au CA d’une société paramunicipale.

Mme Burelle n’a pas souhaité commenter. «Nous avons pour instruction de vous référez au Service des communications de la Ville. Adressez-leur votre demande!»

Devant notre insistance, elle a ajouté avant de raccrocher: «On est en période électorale; ce que je comprends, c’est qu’il y a des allégations politiques. Moi, je ne fais pas de politique, alors je ne réponds pas aux questions des journalistes.»

Avis d’un expert

Expert en gouvernance, Michel Nadeau est d’avis que Lyne Sylvain est tout à fait «légitime» de siéger au conseil de l’OMH et qu’il «serait dommage de l’exclure tout simplement parce qu’elle milite dans une formation politique lavalloise».

Il y aurait conflit d’intérêts si elle était fournisseur de biens ou services pour l’Office municipal d’habitation ou ses locataires, précise-t-il, ajoutant que ses collègues au conseil d’administration sont très certainement au fait qu’elle préside aux destinées du parti au pouvoir. «Évidemment, ce n’est pas elle qui prend les décisions, mais tout le conseil.»

Selon le même principe, le fils d’un candidat de l’opposition officielle n’avait pas à se retirer du comité jeunesse. «On ne peut pas appliquer deux normes dans ce cas-là, poursuit l’ex-directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques. Encore une fois, tout citoyen a le droit de participer à la vie démocratique de sa municipalité. Il y a probablement plein de gens sur les conseils d’administration de société paramunicipales qui aident des candidats et candidates à se faire élire en novembre prochain.»

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Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, sstamour@2m.media, 450-667-4360 poste : 3523

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