Mis à jour le 21 avril 2026 à 14h15
Quelques temps après l’annonce du 9e féminicide depuis le début de l’année, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale somme le gouvernement de prévoir la création de nouvelles places en maisons d’aide et d’hébergement.
Malgré l’annonce de 21M$ sur 5 ans pour renforcer les services des maisons, ce qui, selon le Regroupement, répond à seulement 40% des besoins de consolidation des maisons existantes, le budget 2026 ne prévoyait aucune somme visant la mise sur pied de nouvelles maisons ni la reconnaissance de nouvelles places. Or la situation est critique, avec plus de la moitié des demandes d’hébergement faites à SOS violence conjugale qui ne trouvent pas de ressource appropriée.
«Les travaux du comité piloté par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) stagnent depuis des années alors que tous les signaux sont dans le rouge, dans au moins 13 des 17 régions du Québec, alerte Louise Riendeau, coresponsable des dossiers politiques pour le le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, par voie de communiqué. Quand on sait que sortir de terre une maison prend plusieurs années, il y a urgence d’agir pour enclencher les démarches.»
En 2021, c’est à la suite d’une série de 8 féminicides conjugaux en 8 semaines que le gouvernement de la CAQ avait annoncé des investissements majeurs pour rattraper le retard de financement des maisons.
Aujourd’hui, le Québec dénombre neuf féminicides en moins de quatre mois. Parmi les neuf femmes assassinées, sept se trouvaient dans des régions déjà identifiées prioritaires par le MSSS depuis plusieurs années.
«Notre organisme tend la main à la nouvelle première ministre, madame Christine Fréchette, qui s’est déjà engagée à créer des postes en maison, insiste Elise Brien, coresponsable des dossiers politiques au Regroupement, dans la même communication aux médias. Nous avons besoin que son gouvernement, de même que le ou la futur.e ministre de la Santé et des services sociaux, fassent du manque de places et de services en maison leur priorité. On ne peut pas se contenter de ce qui a été fait, on doit trouver les moyens de répondre aux besoins actuels.»
Rappelons que cinq maisons desservent les femmes vulnérables à Laval actuellement, dont la dernière a été inaugurée en mars. (C.P./IJL)



