Mis à jour le 01 mai 2026 à 15h08
Quatre corps policiers s’unissent contre des criminels de plus en plus jeunes qui, après avoir ciblé le milieu de la restauration, tentent désormais d’extorquer une large gamme de commerces allant de l’entreprise de construction, du concessionnaire automobile, en passant par la vente au détail et autres.
Plus personne faisant des affaires pignon sur rue ne semble à l’abri de ce fléau en pleine expansion qu’est l’extorsion pratiquée par des garçons de plus en plus jeunes, dont des adolescents âgés de 14 ans, recrutés par des adultes, et ce, sans même recevoir d’argent en retour.
Extraits des propos de Benoit Dubé, directeur general adjoint de la Sûreté du Québec, et d’Amélie Bouchard, inspectrice-cheffe du secteur des enquêtes criminelles au Service de police de Laval, lors de la conférence de presse annonçant le lancement du projet policier UNIS. (Vidéo 2M.Media)
À Laval et dans le grand Montréal, on ne compte donc plus le nombre de commerçants recevant la visite d’individus qui essayent de les intimider et menacer verbalement, avant de commettre divers méfaits à leur endroit s’ils n’acceptent pas de verser une «cotisation» en argent.
Devant pareil climat de peur, d’autre honnêtes gens ont décidé de fermer à regret les portes de leur entreprise.
C’est pourquoi, afin de lutter plus efficacement contre cette violence et ces actes d’extorsion, le Service de police de Laval (SPL), la Sûreté du Québec (SQ), le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et le Service de police de l’Agglomération de Longueuil (SPAL) s’allient par la création du projet UNIS.
«La sécurité publique est une responsabilité partagée et c’est dans cette approche collective que réside notre capacité d’agir efficacement, de déclarer Amélie Bouchard, inspectrice-chef à la Direction des enquêtes criminelles du SPL, lors du lancement du projet UNIS tenu au quartier général de la SQ, à Montréal. À Laval, nous constatons nous aussi une recrudescence du phénomène depuis 2022. (…) La hausse observée s’est poursuivie en 2025. À plus grande échelle, c’est la vitalité économique et le sentiment de sécurité de l’ensemble de la communauté qui sont affectés.»
À Laval, UNIS devrait donc être synonyme d’une présence policière accrue auprès des commerces.
Climat invivable et stratégie
«Les partenaires ici présents possèdent une expertise solide, des équipes engagées et stratégies éprouvées pour faire face à ce type de criminalité, de continuer Benoit Dubé, directeur général adjoint à la SQ. Ce climat n’est ni acceptable, ni tolérable. Avec UNIS, nous décidons de mettre ces forces en commun par un partage accru et structuré d’information et le développement d’outils de prévention harmonisés (…).»
Cette stratégie d’intervention commune vise à encourager le signalement, anonyme ou non, des actes violents visant des commerces et commerçants et le partage d’informations.
On veut aussi protéger et soutenir les commerçants par une prise en charge rapide et coordonnée.
Autre but, on vise à développer un portrait commun et renforcer la collecte et le partage du renseignement à l’échelle provinciale, question d’optimiser la réponse policière face aux crimes visant les commerçant(e)s.
Finalement, l’objectif est également d’assurer une présence policière cohérente, visible et rassurante, en espérant réduire la capacité des criminels et groupes criminels à opérer en misant sur la concertation provinciale.
Au cours des prochains mois, les policiers devraient intensifier leur déploiement sur le terrain via des mesures d’atténuation d’impact et d’intervention, notamment avec des visites ciblées de commerçants.
Des outils ont notamment été développés afin d’être remis par les policiers
Message aux commerçants
En cours de conférence de presse, Amélie Bouchard s’est aussi adressée directement aux commerçants de Laval.
«C’est l’occasion de réitérer (…) un message très important: ceux qui ont été contraints de verser de l’argent ou de [céder] aux pressions, ne sont pas des criminels. Ce sont des victimes. Les services de police sont là pour les soutenir, conseiller et accompagner afin de les libérer de cette emprise. La dénonciation est essentielle. Nous comprenons que la crainte de représailles puisse freiner certains signalements, mais chaque information compte. Même un détail qui peut sembler anodin peut s’avérer déterminant quand il s’ajoute à d’autres éléments d’enquête.»
Pendant son intervention, l’inspectrice-chef de la police lavalloise a aussi évoqué la jeunesse des escrocs liés à l’extorsion.
«Les observations réalisées à Laval démontrent l’implication d’individus d’âge mineur de plus en plus jeunes, de souligner Amélie Bouchard. Collaborer avec les autorités policières est non seulement une façon de faire avancer les enquêtes, mais également un moyen de protéger nos jeunes d’une trajectoire criminelle.»
Dans le même sens, Ian Lafrenière, ministre de la Sécurité publique du Québec, a témoigné, entre autres, d’un jeune de 14 ans se rendant dans un bar de Longueuil pour y faire de l’extorsion à trois heures du matin; alléguant du même coup que le gouvernement fédéral aurait manifesté sa volonté d’accorder des sentences plus sévères pour les adultes commanditant des crimes exécutés par des jeunes.
«Les criminels ne connaissent pas de limites géographiques, la police travaille ensemble, unie, et j’en suis vraiment heureux, d’affirmer également Ian Lafrenière. [Par ailleurs] les commerçants qui vivent dans la crainte, dans l’incertitude, qui ont décidé de payer à un certain moment, on ne vous juge pas aujourd’hui. On le comprend. C’est déjà assez dur d’avoir un commerce aujourd’hui, en plus de vivre cette intimidation-là, (…) on vous écoute, on agit; parce qu’ensemble, on va y arriver.»
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