Mis à jour le 30 avril 2026 à 11h00
La Banque du Canada a annoncé, le 28 janvier, qu’elle maintenait le taux cible du financement à un jour à 2,25%.
Le taux officiel d’escompte demeure plutôt à 2,50%, tandis que le taux de rémunération des dépôts pointe toujours à 2,20%.
La Banque explique sa décision par le fait que l’évolution du conflit au Moyen-Orient accroît la volatilité et la politique commerciale américaine continue de transformer la structure des échanges internationaux, deux situations qui sont des sources persistantes d’incertitude.
La projection d’avril de la Banque est également basée sur l’hypothèse que les droits de douane resteront inchangés et que le prix de référence mondial du pétrole descendra à 75$ US le baril d’ici le milieu de 2027.
Par ailleurs, la guerre en Iran a entraîné une hausse marquée des prix de l’énergie et causé des perturbations dans les transports, ce qui a réduit les perspectives de croissance des pays importateurs de pétrole et fait monter l’inflation partout dans le monde.
Situation mondiale
La Banque du Canada prévoit que la croissance devrait rester solide aux États-Unis sur l’horizon de projection, stimulée par les investissements liés à l’intelligence artificielle et la croissance de la consommation.
En Chine, l’économie est soutenue par des exportations robustes, tandis que dans la zone euro, les prix plus élevés du pétrole et du gaz naturel pèseront sur l’activité économique.
L’instance canadienne rappelle que les conditions financières ont été volatiles en raison de l’évolution quotidienne de la situation au Moyen-Orient et de l’ajustement des attentes des marchés relativement à l’inflation et aux taux d’intérêt. Les rendements obligataires sont ainsi légèrement plus élevés depuis janvier, tandis que les marchés boursiers, qui avaient fortement baissé au début du conflit, se sont redressés.
Depuis que la guerre a commencé, le dollar américain s’est apprécié par rapport à la plupart des grandes devises. Le taux de change Canada–États-Unis est tout de même demeuré relativement stable.
Dans l’ensemble, l’économie mondiale devrait croître d’environ 3% en 2026, 2027 et 2028. Les projections relatives à l’inflation pour l’année à venir ont été révisées à la hausse en raison du bond des prix de l’énergie.
Au Canada
Les perspectives de croissance de l’économie canadienne ont peu changé comparativement à la projection présentée dans le Rapport sur la politique monétaire de janvier. Après s’être contractée au quatrième trimestre de 2025, la croissance devrait avoir repris au début de 2026.
Les dépenses de consommation et les dépenses publiques soutiennent l’activité économique, alors que les droits de douane et l’incertitude commerciale pèsent sur les exportations et les investissements des entreprises.
L’activité sur le marché du logement a diminué au quatrième trimestre et est freinée par la faible expansion démographique, l’incertitude économique et les problèmes d’abordabilité persistants.
On ajoute que le marché du travail est détendu, vu la croissance modeste de l’emploi au cours de la dernière année et les pertes d’emploi dans les secteurs visés par les droits de douane américains. Le taux de chômage se maintient dans une fourchette de 6,5 à 7%, ce qui reflète tant la faiblesse de l’embauche que la baisse du nombre de personnes qui cherchent un emploi.
Dans ses prévisions d’avril, la Banque estime que la croissance du produit intérieur brut (PIB) s’élèvera à 1,2% en 2026, et augmentera pour atteindre 1,6% en 2027 et 1,7% en 2028, à mesure que la croissance des exportations et des investissements des entreprises reprendra en suivant une trajectoire moins élevée. Comme la croissance du PIB dépasse légèrement celle de la production potentielle, l’offre excédentaire actuelle dans l’économie se résorbe graduellement.
Bien que la guerre en Iran puisse modifier sa composition, la croissance globale du PIB reste presque inchangée dans la nouvelle projection : le Canada étant un grand exportateur net de pétrole, les cours pétroliers plus élevés font augmenter le revenu national, alors même que les consommateurs sont mis sous pression par les prix plus élevés à la pompe.
Inflation
L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) a plutôt grimpé à 2,4% en mars, en raison des prix de l’essence beaucoup plus élevés. Cette hausse fait suite à plusieurs mois de ralentissement de la croissance des prix. L’inflation fondamentale a reculé et, selon le plus récent rapport sur l’inflation, elle s’est maintenue juste au-dessus de 2%. La part des composantes de l’IPC ayant enregistré des hausses de prix supérieures à 3% a aussi baissé ces derniers mois.
Comme prévu, la Banque note peu de signes montrant jusqu’à présent que la montée des cours pétroliers s’est répercutée de façon plus générale sur les prix des biens et des services. Elle estime qu’il faudra toutefois suivre la situation de près au cours des mois à venir.
On ajoute que les attentes d’inflation à court terme ont augmenté, vu la montée des prix de l’essence et les hausses encore élevées des prix des aliments. Les attentes d’inflation à long terme sont plutôt restées ancrées.
L’inflation mesurée par l’IPC augmentera probablement encore en avril pour s’établir autour de 3%, estime la Banque. En supposant que les prix du pétrole diminueront, l’inflation devrait descendre à la cible de 2% au début de l’an prochain et se maintenir autour de 2% sur l’horizon de projection.
Notons que la prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour est le 10 juin. Le prochain Rapport sur la politique monétaire de la Banque sera quant à lui publié le 15 juillet. (N.P.)
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