Mis à jour le 03 juin 2026 à 16h52
Laval sera bien représentée à la Coupe du monde 2026 puisque Lyes Arfa a été sélectionné au sein du groupe d’arbitrage.
Il est l’un des trois Canadiens qui seront du tournoi en compagnie de Drew Fischer et Micheal Barwegen.
«C’est sûr que c’est une fierté, mais le focus est sur la préparation et la volonté de bien performer, affirme celui qui a grandi à la limite de Pont-Viau et Duvernay. C’est une étape importante pour moi!»

Au moment de sa rencontre avec le Courrier Laval, le Lavallois ne connaissait pas encore son horaire de matchs pour la compétition. Il devait se rendre à un camp d’entraînement à Miami en compagnie de tous les autres arbitres. Les assignations viendront en fonction des performances et d’autres considérations.
Grandir dans le sport
Le soccer a toujours été le sport de prédilection de Lyes Arfa. Plus jeune, il a joué pour Ahuntsic et avec le défunt club Centre-Sud de Laval qui a été absorbé par l’AS Laval dans la fusion des organisations de l’est de la ville.
«À l’époque, quelqu’un du club a parlé avec mon père et disait qu’il cherchait des arbitres, se remémore le principal intéressé. Je me suis dit que j’allais l’essayer et c’est quelque chose que j’ai aimé.»
Il a gravi les échelons rapidement au Québec, puis il est devenu arbitre national. Il a ensuite accédé à la liste FIFA et la MLS.
«J’apprécie l’arbitrage, car c’est un mix entre être un athlète et avoir un travail plus intellectuel, détaille-t-il. Il y a aussi l’aspect relationnel que j’aime et qui m’a amené à poursuivre au fil des étapes.»
Jusqu’à présent, sa plus belle assignation a été les Jeux olympiques de Paris 2024.
Cette édition était particulière pour la famille Arfa, puisque son frère Farès y participait aussi en tant qu’athlète en escrime. Il a établi un record canadien avec une huitième position, ponctuée d’une victoire contre le triple champion olympique en titre Áron Szilágyi au premier tour.
«Je n’ai pas eu la chance de le voir en compétition, puisque j’avais un match la même journée, explique Lyes. Mais on a eu la chance de passer du temps ensemble par la suite. Il a eu un très beau parcours. Ce n’est pas facile de se développer et d’atteindre ce niveau dans un sport individuel qui n’a pas autant de visibilité ici.»
Réalités du métier
On ne peut se le cacher – le bon travail d’un arbitre passe souvent dans l’ombre. S’il effectue bien son travail, personne n’en parle. À l’inverse, s’il commet une erreur, il peut devenir la cible des supporters.
Lyes Arfa assure qu’on s’habitue à cette pression avec l’expérience.
«Tu développes une rapidité à passer à autre chose, précise-t-il. Il faut que tu passes à la prochaine décision, car il va toujours y en avoir une autre à faire dans quelques secondes. C’est la même chose lorsque tu prends une bonne décision. Tu ne peux pas l’admirer, tu dois rester concentré.»
À ses yeux, les relations créées avec les joueurs et entraîneurs font partie des éléments forts de l’emploi. Il s’assure tout de même de toujours faire preuve d’impartialité.
«Quand tu grandis en admirant le sport, c’est sûr que tu aimes certains joueurs. Il y a des joueurs impressionnants un peu partout dans le monde, mais on a une tâche à faire durant le match, donc on se concentre sur notre part pour que ça se déroule adéquatement.»
Il explique que sa préparation vient avec des visionnements vidéo qui lui permettent de mieux connaître les équipes qui s’affronteront et leur façon de jouer. Le maintien d’une bonne forme physique est également très important.
Que pense-t-il des joueurs qui font de l’anti-jeu ou simulent des blessures?
«C’est une question qui revient souvent, dit-il en riant. L’important est de s’assurer de bien connaître l’environnement dans lequel on va évoluer, mais il ne faut pas non plus arriver avec des idées préconçues qui pourraient mener à des erreurs. Les ligues et les compétitions ont aussi développé des outils contre l’anti-jeu qui nous aident sur le terrain.»
Double profession
En plus de son travail d’arbitre, Lyes Arfa est l’un des associés du cabinet d’avocats et de notaires Stein Monast.
«Je parviens à bien agencer les deux pratiques, assure-t-il. La semaine, c’est principalement mon travail de notaire, puis la fin de semaine, je fais des matchs. J’ai aussi le support de mes collègues qui sont toujours là lorsqu’il y a des changements d’horaire ou des vols annulés avec peu de préavis.»
Il est possible de déduire que son horaire du 11 juin au 19 juillet affiche déjà complet.
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