Mis à jour le 21 mai 2026 à 14h01
En décembre dernier, les élus municipaux entérinaient l’acquisition de deux lots totalisant 4,4 hectares dans le bois d’Auteuil pour la somme de 2,9 M$, conditionnelle à une étude visant la qualité des sols.
Cette transaction est revenue ce mois-ci devant le conseil municipal qui, par voie de résolution, a prolongé de 180 à 360 jours le délai pour la réalisation d’études complémentaires. La Corporation Immobilière A.M.M.A., qui est la partie venderesse, ne s’y est pas objectée.
Les lots boisés dont il est ici question jouxtent le quartier résidentiel à l’ouest du boulevard des Laurentides où viennent mourir les rues Bergeron, Bailly, Boivin et Baulu.

Question de capacité portante
Il se trouve que l’étude de caractérisation des sols effectuée par la Ville ait révélé «des enjeux potentiels de capacité portante» susceptibles d’«affecter le potentiel de développement de la partie constructible» du terrain, peut-on lire dans le sommaire décisionnel à l’origine de la résolution adoptée le 5 mai dernier.
Selon ce document rédigé par le Bureau des transactions et des investissements immobiliers (BTII) à l’intention du comité exécutif, une étude géotechnique et une étude de caractérisation environnementale additionnelle ont été commandées à la recommandation du Service de l’ingénierie.
Or, bien que les lots aient été acquis aux fins de conservation, reste que le prix de 2,9 M$ a été négocié selon «l’usage permis par le zonage en vigueur, soit un usage résidentiel», explique par courriel un porte-parole de la Municipalité, Jonathan Lévesque.
Incidemment, nos recherches démontrent que le propriétaire projetait y construire une vingtaine de résidences dans le prolongement de la rue Bailly.
À la lumière de ces nouvelles études en cours, l’administration Boyer se réserve le droit de renégocier ou de résilier l’entente sans frais, sans pénalité et sans compensation, tel quel prévu à l’entente initiale.
«Cher payé»
Si elle s’était réjouie de cette acquisition en décembre dernier, la conseillère municipale de l’opposition Louise Lortie n’en jugeait pas moins que 2,9 M$ c’était cher payé, considérant la perte de valeur foncière enregistrée au dernier rôle.
Entre les 1ers juillet 2020 et 2023, la valeur des lots a fondu de près de moitié, passant de 1 147 600 à 669 500 $.
«On achète au prix du marché», lui avait alors répondu le vice-président du comité exécutif, Ray Khalil, s’appuyant sur un «rapport d’évaluation d’experts».
Vérification faite, ce rapport a été produit à l’interne par un évaluateur agréé du BTII «comme pour la majorité des transactions immobilières» que la Ville réalise, soutient Jonathan Lévesque. «Cet évaluateur est membre en règle de l’Ordre des évaluateurs agréés du Québec et exerce ses fonctions en toute indépendance», précise-t-il.
Forte valeur écologique
D’une superficie équivalant à six terrains de soccer, les lots acquis se trouvent dans une zone d’aménagement écologique particulière (ZAEP) du bois d’Auteuil.
Il s’agit d’un territoire de planification intégrant à la fois des secteurs de développement potentiel et des zones de conservation et de mise en valeur de grands ensembles à forte valeur écologique.
Adjacent à l’aire protégée du refuge faunique de la Rivière-des-Mille-Îles, le site est également inclus dans le Plan de conservation et de mise en valeur des milieux naturels dont s’est dotée la Ville de Laval en 2020. On y relève la présence de plusieurs espèces à statut précaire, d’où son acquisition aux fins de conservation.
Rappelons que la Ville de Laval n’en est pas à ses premières acquisitions dans le bois d’Auteuil. En 2019, elle avait allongé la somme de 918 000 $ pour acquérir 5,2 hectares de milieux naturels avant d’y acquérir 9,3 autres hectares en 2024 pour la somme de 1,6 millions de dollars.
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