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Joanne Benoit et son mari, George Volpato, devant leur bord de l’eau qui ne s’avère pas être «une jouissance» au temps de la retraite. (Photo gracieuseté)

Transport

Des citoyens découragés boulevard Lévesque Est

Depuis 13 ans, Joanne Benoit et plusieurs centaines de personnes résidant sur le boulevard Lévesque Est, dans Duvernay, multiplient les appels à l’aide auprès de la Ville de Laval pour retrouver ce qu’ils estiment une qualité de vie acceptable.

Tous les jours, les maisons de l’est du boulevard tremblent sous l’impact du passage incessant des camions de livraison, autobus scolaires et du trafic «monstre», dixit Joanne Benoit, une citoyenne du secteur.

«On se fait réveiller à toutes les trois minutes dès 6h le matin, explique Joanne Benoit, résidente du boulevard et porte-parole de son voisinage. C’est un enfer quotidien.»

Jean-Pierre Lafleur, qui réside sur le boulevard Lévesque Est depuis 20 ans, abonde dans le même sens.

«Il n’est pas rare lorsque je m’adonne à des activités comme la lecture, que sous le passage d’un «92 roues», la vaisselle se mette à claquer dans le vaisselier», partage-t-il avec un calme contrôlé.

Depuis 2008, trois pétitions signées par des centaines de personnes ont circulé pour dénoncer ce problème récurrent.

«La Ville émet constamment des permis de construction, mais elle refuse d’ouvrir de nouvelles rues pour désengorger le boulevard», constate désespérément Joanne Benoit.

Pour faire valoir sa cause, cette dernière a multiplié les démarches auprès de la Ville. Lettres, photos, vidéos, enquête parmi son voisinage: toutes les preuves ont été rassemblées afin d’illustrer cet «enfer quotidien».

En 2019, le dossier a été pris en charge par l’ancienne ombudsman de Laval Nadine Mailloux.

Toutefois, même si cette dernière a obtenu gain de cause, notamment pour changer le parcours des poids lourds, les problèmes persistent sur le côté est du boulevard puisque les camions de livraison locale peuvent toujours circuler librement.

De plus, les travaux promis par les services de l’ingénierie et les travaux publics, question de réparer divers trous sur la chaussée et un regard d’égout chambranlant, n’ont pas eu les effets escomptés.

Solution permanente

Le 16 décembre dernier, Joanne Benoit a reçu une lettre de Josée Gaulin, cheffe de division – relation avec le milieu de la Ville de Laval, lui apprenant que la Ville faisait des démarches auprès du ministère des Transports afin de contraindre les camions se dirigeant vers les commerces à emprunter l’avenue Marcel-Villeneuve.

Cependant, cette même lettre, obtenue par le Courrier Laval, informait aussi la résidente que ce changement ne résoudrait pas la totalité des inconforts, alors qu’encore une fois, «les camions destinés à la construction résidentielle dans le secteur de Duvernay Est pourront toujours circuler sur le boulevard Lévesque».

L’incompréhension de Joanne Benoit, Jean-Pierre Lafleur et des dizaines d’autres personnes qui habitent ce secteur persiste.

«C’est vraiment rire de nous autres pendant qu’on souffre, insiste Joanne Benoit. Ça ne prend pas un diplôme universitaire pour comprendre qu’on est surchargé et que la seule solution acceptable, c’est d’ouvrir d’autres rues du nord au sud pour se rendre sur les chantiers de construction.»

«Je veux qu’on me dise ce qui doit être fait pour régler le problème, qu’on diminue la circulation du boulevard et qu’on y installe des obstacles pour ralentir la circulation», ajoute Jean-Pierre Lafleur.

Étude de vibration

Lors de la séance du conseil municipal le 2 février, Stéphane Boyer, vice-président du conseil exécutif, annonçait que les résultats d’une étude de vibration devaient arriver d’ici le début du mois d’avril afin d’avoir «une idée de ce qui devrait être fait à long terme».

À l’automne, des travaux de resurfaçage sont également prévus sur le boulevard. Toutefois, la patience des résidentes et des résidents s’est dissipée au fil des années.

«L’étude, ça fait 13 ans qu’on la demande, indique Joanne Benoit, irritée. Nous, on les connaît les résultats de l’étude. On les vit tous les jours.»

Avec de l’émotion dans la voix, Mme Benoit conclut en se demandant combien d’années elle devra encore attendre avant d’avoir la paix d’esprit dans sa maison.

 

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