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Avenir incertain pour une maison de 1892

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Avenir incertain pour une maison de 1892

La propriété située au 367, boulevard Sainte-Rose, surnommée la maison Cap Vie, a récemment été acquise par l’entreprise immobilière Olymbec, soulevant l’inquiétude de citoyens du quartier.

«Autour, presque toutes les maisons sont protégées, soutient Anne Guérette, propriétaire d’une résidence patrimoniale voisine. Il n’y a aucune logique à ce que ce ne soit pas le cas ici. On demande aux dirigeants d’être proactifs.»

Le sentiment d’urgence provient de la vocation du géant locatif. «La clé de la croissance rapide d’Olymbec a été sa stratégie d’acquisition et de repositionnement de propriétés vacantes et de leur mise en marché à une nouvelle clientèle», peut-on lire sur le site Web de l’industrie basée à Montréal.

Olymbec n’a pas donné suite aux appels et courriels envoyés concernant son intention avec le lot acheté le 10 juin. Une pancarte «À louer» jonche actuellement le sol du terrain.

Mme Guérette et Guy Garand, dont la cour touche le boisé de la maison Cap Vie, demandent un moratoire interdisant la démolition de tout bâtiment contenu dans le Programme d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) qui comprend ce bâtiment. En deux heures de porte à porte dans le secteur, ils ont récolté 48 appuis pour une pétition déposée à la Ville.

Joyau historique

Le bâtiment du 19e siècle est l’un des rares témoins de l’histoire de la villégiature du Vieux Sainte-Rose. Il fut connu, au début du 20e siècle, comme le Cedar Tea Lodge Cottage, un salon de thé pour les vacanciers.

Après une série de successions, le lot a été acquis en 1986 par les Sœurs de Sainte-Croix, dernières détentrices avant l’achat par Olymbec.

Plus récemment, M. Garand a pu profiter de la couverture fournie par le boisé de Cap Vie. «Alors qu’une tempête frappait le quartier en juillet 2013, les vents violents se sont heurtés aux arbres pour finalement contourner ma demeure par le haut et les côtés. Ma maison a été protégée.»

Possibilités

Selon les deux Lavallois, le pire scénario serait la démolition du bâtiment et boisé adjacent pour construire un immeuble locatif.

«Quand on achète et entretient une maison dans un quartier historique, c’est un choix pour une certaine qualité de vie. On ne s’attend pas à se retrouver avec un développement immobilier dans notre cour.»

«On voudrait que la Ville pose un geste fort pour les citoyens qui lèvent les bras depuis des mois.»

– Anne Guérette, propriétaire d’un édifice patrimonial

M. Garand mentionne d’ailleurs que les édifices construits dans la dernière année ne respectent pas l’architecture du secteur.

«À moins de 100 mètres de l’habitation centenaire, on a un triplex avec un énorme stationnement. C’est un petit îlot de chaleur qui déteint avec le reste du quartier.»

À l’opposé, ils proposent de garder l’architecture et d’en faire un petit commerce ou une clinique médicale. Le terrain pourrait servir de parc.

«Près des métros Cartier et Montmorency, ça vaut la peine de densifier, mais pas ici, mentionne M. Garand. Si le projet est si beau, si bon pour la communauté, pourquoi ne pas le présenter publiquement?»

Position politique

La conseillère de Sainte-Rose Virginie Dufour ne partage pas les soucis de ses concitoyens. «Je suis de très près le dossier et suis au cœur des décisions, raconte-t-elle. Je ne suis pas inquiète.»

Elle mentionne qu’à sa connaissance, aucun projet n’a été déposé à la Ville, ajoutant que si une tour d’habitation est proposée, «on va refuser».

Selon la conseillère, le potentiel de développement est réduit sur la propriété étant donné le PIIA et la zone inondable qui couvre une partie du boisé. «Peu importe ce que le promoteur veut faire, ce sera contrôlé par le PIIA et devra être approuvé par le comité exécutif», précise-t-elle.

Oubli

Le premier inventaire complété par la Ville date de 1981 n’incluait pas cette résidence. Depuis environ 40 ans, près du quart des biens patrimoniaux lavallois ont disparu, soit 479 sur les 1949 répertoriés.

Alors que l’administration Demers a complété une mise à jour de la liste en 2015, elle n’a ajouté aucune nouvelle adresse. «Personne ne pensait qu’il en manquait, d’expliquer Virginie Dufour. C’était une erreur.»

Les sonneurs d’alarme conviennent que les registres ont des lacunes. En cherchant dans un rayon de 500 mètres autour de la maison Cap Vie, ils ont identifié 14 édifices centenaires non classés.

Une firme a été mandatée par la Ville pour ajuster la liste des bâtiments patrimoniaux sur l’île Jésus. D’ici là, l’avenir des maisons centenaires non classées dépend des projets déposés au comité exécutif et leur approbation.

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Journaliste aux transports, à la santé et à l'éducation, agohierdrolet@2m.media , 450-667-4360 poste : 3527

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