Mis à jour le 06 février 2026 à 15h44
Les grands esprits se sont rencontrés au conseil municipal, mardi soir, alors que le maire Stéphane Boyer et la conseillère désignée de Parti Laval, Louise Lortie, ont tous deux déposé et fait adopter, coup sur coup et à l’unanimité, leur avis de proposition revendiquant une clause de droits acquis pour les orphelins du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
Cette étonnante coïncidence, un précédent dans l’arène politique lavalloise, faisait écho au dévoilement, la semaine dernière, du nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) en remplacement du PEQ, aboli le 19 novembre 2025.
Inhumain
Dans un plaidoyer bien senti livré en ouverture d’assemblée, le maire a fustigé le gouvernement Legault à qui il demande d’appliquer la «clause grand-père» visant à permettre aux personnes immigrantes déjà établies au Québec dans le cadre du PEQ d’y rester.
M. Boyer a qualifié d’«inhumain» le traitement réservé à ces gens qui se retrouvent aujourd’hui dans une situation de grande précarité.
«On a demandé y a quelques années à des gens de quitter leur pays, de se déraciner, de revenir faire leur vie au Québec en leur disant ‘‘nos entreprises, nos hôpitaux, nos écoles ont besoin de vous’’ et là, aujourd’hui, le gouvernement change d’idée et dit: ‘‘Vous savez quoi, laissez faire; retournez chez-vous, on n’a plus besoin de vous’’.»
Apport essentiel
Au moment de déposer son avis de proposition, Louise Lortie a également dénoncé «la grande incertitude» qu’a générée l’abolition du PEQ chez les résidents temporaires lavallois.
«On parle de gens qui étudient ici, qui travaillent ici et qui contribuent pleinement au fonctionnement de notre ville. Changer les règles sans prévoir de protection, c’est profondément injuste et irresponsable», avait-elle déclaré dans un communiqué publié en début de soirée.
Outre la clause de droits acquis réclamée, Parti Laval a fait reconnaître par le conseil municipal «l’apport essentiel des résidentes et résidents temporaires à la vitalité et au développement de Laval».
La résolution sera transmise au ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration ainsi qu’aux six députés lavallois qui siègent à l’Assemblée nationale.
«[Ce geste] c’est offrir un minimum de respect et de prévisibilité à des personnes qui ont bâti leur vie ici en toute bonne foi et sur lesquelles nous comptons au quotidien», y écrit le collègue de Mme Lortie et conseiller dans Fabreville-Sud, Martin Vaillancourt.
Impact économique
Les deux résolutions soulèvent également un enjeu économique majeur pour le Québec et bien évidemment pour la 3e grande ville qu’est Laval, tout particulièrement celle du maire Boyer.
«Les décisions en immigration ont des effets directs sur notre économie locale. À Laval, des mesures uniformes mal adaptées risquent de freiner l’attraction de talents et d’investissements, tout en nuisant à la prévisibilité dont nos employeurs ont besoin», fait valoir le premier magistrat dans un communiqué publié tard mardi soir à la suite de l’adoption de sa résolution.
Celle-ci demande, entre autres, au gouvernement de reconnaître explicitement la réalité économique et la capacité d’accueil distincte de Laval dans l’application des politiques d’immigration [et] d’assurer une équité de traitement au sein du Grand Montréal, sans pénaliser les entreprises lavalloises par des mesures uniformes mal adaptées», et ce, tout en rappelant le contexte de pénurie de main-d’oeuvre hautement qualifiée qui prévaut au Québec.
«Derrière ces décisions, il y a des personnes bien réelles qui ont décidé de bâtir leur vie ici et qui contribuent chaque jour à la vitalité sociale et économique de notre ville, rappelle Aline Dib, conseillère municipale de Saint-Martin et responsable des dossiers liés aux relations interculturelles. Nous devons renouer avec une approche plus humaine qui prend mieux en compte notre réalité régionale tout en renforçant nos efforts d’intégration.»
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