Mis à jour le 29 octobre 2026 à 17h06
Du 3 au 5 novembre, Laval accueille la réunion annuelle du Pasteur Network qui regroupe 33 instituts spécialisés dans les maladies infectieuses, la santé publique et la recherche biomédicale provenant de 25 pays.
Cette rencontre est organisée en partenariat avec l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) qui est le seul membre officiel de ce réseau au pays. La Faculté de médecine de l’Université de Montréal est, quant à elle, membre associé, sous le parrainage de l’INRS depuis 2026.
Ce sera la première fois que l’événement sera tenu en Amérique du Nord.
«C’est un privilège pour l’INRS de coorganiser et d’accueillir au Québec cet important rassemblement international, souligne Luc-Alain Giraldeau, directeur général de l’INRS. Les pandémies et les maladies infectieuses ne connaissent pas de frontières.»
Il ajoute que réunir des scientifiques de partout dans le monde à Laval permet de créer «un espace unique pour partager les connaissances, renforcer les collaborations et faire progresser des solutions innovantes qui contribueront à mieux protéger les populations contre les futures menaces sanitaires.»
Rebecca Grais, directrice exécutive du Pasteur Network, affirme que la candidature de Laval a été retenue pour la qualité des installations du Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie.
«Le Centre dispose d’installations de recherche de pointe pour l’étude des maladies infectieuses, notamment des laboratoires de niveau de confinement 3, écrit-elle. Ils permettent d’étudier de façon sécuritaire des agents pathogènes responsables de maladies émergentes. Grâce au soutien du gouvernement du Québec, de nouveaux équipements viendront renforcer ces installations. Les chercheurs pourront y observer les infections en temps réel, dans des conditions plus proches de la réalité biologique, et accélérer la mise au point de nouvelles approches de prévention et de traitement.»
Elle souligne aussi tout l’historique liant le centre lavallois au modèle pasteurien.
«En réunissant des scientifiques de 25 pays là où se développent concrètement les outils qui serviront à prévenir et à combattre les futures pandémies, Laval offre un cadre particulièrement pertinent à cette rencontre consacrée à l’intelligence artificielle et aux technologies émergentes», complète-t-elle.
Intelligence artificielle
La thématique principale de ce rassemblement annuel sera le potentiel des technologies émergentes, notamment de l’intelligence artificielle (IA), pour renforcer la préparation aux pandémies.
Dix sessions et quatre tables rondes sont prévues pour explorer comment l’IA et les technologies émergentes peuvent aider à détecter, interpréter et répondre plus rapidement aux menaces infectieuses.
«Les jeux de données [avec lesquels on travaille] peuvent être très volumineux, note David Chatenet, directeur du Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie. Si on veut être capable d’assurer une réponse rapide, il faut être capable de les analyser et l’humain n’est pas capable de le faire à l’heure actuelle.»
Il cite l’exemple de collègues du Brésil qui regardent à la fois les changements climatiques, les aspects démographiques et l’émergence de certains pathogènes en temps réels grâce à l’intelligence artificielle.
«On est capable de voir comment le virus se déplace et si le virus apparaît plus à une période de l’année, ce qui permet de concentrer les efforts pour la surveillance, détaille-t-il. Tout ça, on ne pourrait pas le faire sans un peu d’aide de l’intelligence artificielle.»
Il assure que ce sera aussi l’occasion d’examiner les enjeux éthiques qui sont rattachés à son utilisation, puisque «ça demeure pour aider l’analyse, pas tirer des conclusions».
Bien que l’IA soit le thème central, la réunion annuelle du Pasteur Network sera l’occasion de partager des connaissances et tisser des liens avec les partenaires de partout dans le monde afin d’assurer des stratégies concertées lors de futures épidémies.
David Chatenet rappelle que l’un des premiers tests de diagnostic de la COVID-19 avait été développé au pôle de recherche Pasteur de Hong Kong en 2020. Il avait ensuite été partagé gratuitement aux autres membres du réseau, permettant d’accélérer la surveillance et le contrôle de la propagation du virus.
Se mettre en valeur
Cet important rassemblement sera également une belle vitrine pour la communauté scientifique lavalloise.
«En plus de nos installations, Laval est un territoire avec une énorme concentration de compagnie en biotechnologie, soutient David Chatenet. Il y a le [Centre Québécois d’Innovation en Biotechnologie] sur notre campus qui incube pour de nombreuses compagnies pharmaceutiques. C’est tout cet environnement qui va rayonner!»
La tenue de l’événement à Laval sera l’occasion de montrer les installations du Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie à des chercheurs de partout dans le monde. (Photos gracieuseté – INRS)
Le directeur du Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie précise que la visite des installations de l’INRS est au programme, notamment pour montrer la collaboration entre les différents départements de recherche. Plusieurs étudiants et professeurs seront aussi mis en valeur lors de sessions de discussion.
De son côté, le maire suppléant Ray Khalil s’est dit «très [fier] d’accueillir la Réunion scientifique annuelle du Pasteur Network» sur l’île Jésus.
«Notre ville se démarque comme pôle de recherche et d’innovation, notamment grâce à la présence de la Cité de la biotech et de ses acteurs scientifiques de calibre international, indique-t-il par courriel. Alors que l’intelligence artificielle occupe une place grandissante dans nos vies, il est essentiel de créer des occasions de réunir les expertises pour mieux comprendre son potentiel, ses impacts et les questions qu’elle soulève pour notre société.»
Pour la petite histoire
Accueillir cet événement est, en quelque sorte, un retour aux sources pour l’INRS.
Armand Frappier, qui a fondé l’Institut de microbiologie et d’hygiène de Montréal – devenu le Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie de l’INRS –, a d’abord choisi la médecine à la suite du décès de sa mère en raison de la tuberculose.
Après avoir obtenu son doctorat en médecine à l’Université de Montréal et un passage aux États-Unis pour étudier la microbiologie, il s’est rendu à l’Institut Pasteur de Paris pour rencontrer les chercheurs Albert Calmette et Camille Guérin qui sont à l’origine d’un vaccin contre la tuberculose.
À son retour au Québec, il est parvenu à reproduire ce vaccin pour aider à combattre cette maladie, en plus d’en développer d’autres contre la variole, le tétanos et la diphtérie. Il est brièvement retourné étudier à l’Institut Pasteur vers la fin des années 1930.
Désormais, le centre qu’il a lui-même fondé et porte son nom sera l’hôte du grand rendez-vous scientifique international qu’est la réunion annuelle du Pasteur Network.
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