Mis à jour le 16 septembre 2026 à 16h14
En matière d’environnement d’affaires, Laval se classe 63e dans la mise en rang de 66 municipalités figurant parmi les plus grandes villes canadiennes.
Voilà ce que révèle une étude publiée le 15 septembre par la Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI).

Présentée sous forme de bulletin, cette étude attribue une piètre note de 2,89 sur 10 à l’administration lavalloise, le 4e pire résultat du palmarès.

«C’est la première édition de ce rapport qui permet de voir où les Municipalités canadiennes se situent en termes de climat des affaires pour les PME », explique Vincent Pâquet, analyste principal des politiques à la FCEI et co-auteur du rapport.
Si Laval est en échec, il en va de même pour la majorité des Villes évaluées, 39 d’entre elles ayant obtenu la note F pour leur performance jugée «totalement insatisfaisante».
C’est ainsi que 59 % des Villes «n’ont pas réussi à créer des conditions qui attirent les nouveaux entrepreneurs et qui soutiennent les entreprises établies», peut-on lire en page 3 d’un rapport qui en contient 50.
Les auteurs du rapport exhortent les administrations municipales à corriger le tir et renforcer l’environnement d’affaires dans leur patelin, soulignant au passage que seulement 22 % des propriétaires de PME sondés au pays estiment que leur municipalité défend leurs intérêts.

Équité fiscale: Laval bonne dernière
L’analyse se fonde sur 11 indicateurs regroupés en 3 grandes catégories, à savoir le fardeau financier, le fardeau réglementaire et le soutien aux PME. Quant au bulletin, il reflète les données collectées jusqu’au 31 décembre dernier.
Laval arrive bonne dernière (66e sur 66) dans la catégorie «fardeau financier» avec une note globale de 5 %. En comparaison, Saskatoon, en Saskatchewan, obtient 87 %, suivie des ontariennes Ottawa (86 %), Toronto et Markham, ex-aequo à 81 %. Montréal domine pour sa part les 10 villes québécoises analysées à la faveur d’un score de 52 % à ce chapitre.

Des trois indicateurs pris en compte pour juger du fardeau financier, l’équité fiscale compte pour 50 % de la note finale. Il s’agit d’une comparaison directe entre le fardeau fiscal imposé aux entreprises et celui imposé aux résidents, précise-t-on.
Or, avec un ratio d’équité fiscale de 2,87, les propriétaires fonciers lavallois non résidentiels ont contribué en 2025 pour 42 % des revenus, alors qu’ils ne représentent que 15 % de la richesse foncière municipale, souligne au Courrier Laval Illona Sevré, également co-auteure du rapport.
Les mesures d’allègement de l’impôt foncier et la croissance des dépenses de fonctionnement complétaient la grille d’analyse du fardeau financier.
Fardeau réglementaire: 3,5 sur 10
Outre les taxes, les exigences réglementaires excessives figurent toujours parmi les plus grands obstacles à la croissance d’une entreprise, fait valoir la FCEI.
À cet égard, la ville de Laval occupe le 28e échelon du classement, ex-aequo avec une vingtaine d’autres municipalités qui méritent une note identique de 3,5 sur 10.

Si l’administration du maire Boyer obtient une note parfaite de 10 sur 10 pour le volet des demandes de permis en ligne, elle accuse des notes de 0 sur 10 pour 3 des 4 autres indicateurs du fardeau réglementaire, à savoir la publication des délais de délivrance des permis, le portail de rétroaction sur la paperasserie et la mise à jour en 2025 des pages PerLE, lesquelles sont consacrées aux permis et licences exigés aux PME.
Soutien aux PME : 6,5 sur 10
La 3e et dernière catégorie scrutait les mesures de soutien aux PME au moyen de trois indicateurs: atténuation des impacts de la construction, site web municipal axé sur les entreprises et transparence budgétaire.
Pour ces deux derniers indicateurs, Laval a frappé pour mille. «Le site web centralise l’information et fait en sorte qu’il est facile pour les PME d’y naviguer», souligne Mme Sevré, qui salue également la mise en place à Laval de mécanismes de consultation publique en matière de budget.

Au chapitre de la transparence budgétaire, notons que toutes les Municipalités analysées ont obtenu une note parfaite de 10 à l’exception de quatre. Faute de mesures concrètes de participation au processus budgétaire, Québec, Saguenay, Gatineau et Lévis ont reçu une note de 0.
Quant à l’indicateur des mesures visant l’atténuation des impacts des travaux d’infrastructures municipales sur les opérations des PME, Laval a eu une note 3,5 sur 10.
Une fois les résultats pondérés selon les enjeux jugés prioritaires aux yeux des membres de la FCEI, Laval affiche une note globale de 6,5 sur 10 en termes de soutien aux PME, ce qui lui vaut la 6e place du classement qu’elle partage avec… 42 autres municipalités.
Électrochoc
Toutes catégories confondues, c’est la municipalité albertaine Red Deer qui trône au sommet du palmarès des villes canadiennes. Cette première de classe, malgré une note globale de C+ (7,33 sur 10), est aujourd’hui considérée comme «la municipalité la plus propice pour attirer les entreprises et soutenir leur croissance».
Représentant l’ensemble des régions métropolitaines de recensement (RMR) des provinces, ces 66 municipalités scrutées à la loupe se sont vu attribuer une note moyenne de 4,79 sur 10 alors que 39 d’entre elles (59 %) ont obtenu une note de F.
À la Fédération canadienne des entreprises indépendantes, on souhaite que la publication de ce rapport ait l’effet d’un électrochoc dans les administrations municipales.
«On espère juste que ça va réveiller les Municipalités», affirme Vincent Pâquet, précisant du même souffle qu’il s’agit du palier de gouvernement ayant le plus grand impact sur le climat des affaires et les activités quotidiennes des PME.
La FCEI, qui formule six recommandations aux Villes, prévoit d’autres compilations du genre dans les années à venir, question de «mettre en lumière les pratiques exemplaires et suivre les progrès réalisés dans la création d’environnements plus concurrentiels pour les petites entreprises».
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