Mis à jour le 25 août 2026 à 09h33
Le chef de Parti Laval, Claude Larochelle, fait ses adieux à la politique municipale après plus de 10 ans d’implication dont deux mandats comme conseiller de Fabreville.
Il quittera officiellement ses fonctions d’ici les deux prochaines semaines, le temps que le conseil d’administration désigne la personne qui assurera l’intérim à la direction du parti.
«On quitte toujours un peu à regret», confie celui qui ne s’est jamais absenté des séances régulières du conseil municipal durant les huit années où il a siégé. Le maire Stéphane Boyer avait d’ailleurs salué son assiduité exemplaire à ces assemblées statutaires au terme de son premier mandat de quatre ans (2017-2021), précisant alors qu’aucun des 22 autres élus municipaux ne pouvait en dire autant.
«J’ai adoré mon rôle de conseiller», mentionne en entrevue Claude Larochelle qui appréciait par-dessus tout «aider les citoyens» à se retrouver à travers les dédales de l’administration municipale.

Des hommages
«M. Larochelle a défendu avec rigueur, compétence et intégrité les intérêts de la population lavalloise pendant ses 10 années au service de notre ville», déclare l’ex-députée libérale et ancienne ministre régionale de Laval Francine Charbonneau, qui préside aujourd’hui aux destinées du parti dont Claude Larochelle fut un artisan de la première heure.
Dans un communiqué publié ce matin, elle le remercie «pour l’immense travail qu’il a accompli au sein du Parti Laval au fil des ans ainsi que pour son leadership lors de la campagne à la mairie de l’automne dernier».
Conseillère dans Marc-Aurèle-Fortin qui le côtoie depuis cinq ans, Louise Lortie souligne à son tour son dévouement et sa contribution au débat public. «Que ce soit au conseil municipal, lors des rencontres avec les services municipaux ou pendant les rencontres citoyennes, sa connaissance et sa maîtrise des dossiers municipaux ont toujours été impressionnantes. Son soutien constant envers ses collègues a également été très précieux. Il va nous manquer», écrit-elle.
Soucieux d’être à la hauteur de la charge publique qui lui était confiée, Claude Larochelle n’a pas hésité à retourner sur les bancs d’école. À l’aube de la soixantaine, cet ingénieur de formation nouvellement élu s’inscrivait au programme d’études de 2e cycle en urbanisme à la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal. Il allait ensuite parfaire sa formation à l’École nationale de l’administration publique (ENAP) où il a obtenu une attestation de 2e cycle en administration municipale.

Chant du cygne
Après s’être imposé comme le leader de l’opposition à l’hôtel de ville durant son second mandat (2021-2025), il a brigué la mairie en novembre dernier, terminant 2e derrière le maire Stéphane Boyer réélu avec une forte majorité.
«Quand on se présente à la mairie, si on ne gagne pas, malheureusement, on disparaît un peu de l’échiquier politique», explique le principal intéressé. Au lendemain des élections, il s’est retrouvé sur les lignes de côté, exclu du conseil municipal.
À l’hiver 2025, il avait tenté en vain de réformer le système électoral à Laval afin d’y instaurer un système de colistier comme l’autorise la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (LÉRM) depuis une quarantaine d’années. Comme ce fut le cas en 2016 et 2021, les élus du parti au pouvoir ont voté en bloc contre sa proposition.
En vigueur à Montréal, Québec et Gatineau, ce système consiste à désigner un candidat (colistier) associé à un chef de parti à qui il pourrait céder son éventuel siège advenant une défaite à la mairie.
Conscient du risque, Claude Larochelle avait pris l’engagement envers le parti de rester pour quelques mois avant de songer à son avenir dans le cas d’une défaite. La réflexion s’est engagée au printemps et l’idée a fait son chemin durant les vacances estivales.
«Louise [Lortie] a pris le leadership», fait valoir celui qui savait le parti entre bonnes mains. Pour lui, le temps était venu de laisser la place et passer à autre chose.
Cela dit, il entend continuer à suivre de près la chose municipale et les finances publiques qu’il qualifie au passage de «catastrophiques à tout point de vue».
Aussi, il ne s’est pas gêné pour dénoncer la décision de l’administration municipale d’abolir en 2026 les rencontres statutaires qui permettaient aux élus de l’opposition d’échanger librement avec la direction des services municipaux. «Ces séances étaient très précieuses et efficaces», dit-il tout en précisant que les oppositions doivent maintenant adresser leurs questions à la direction générale et attendre «des semaines et des semaines avant d’avoir des réponses».
Enfin, évoquant la toute récente réorganisation du comité de toponymie qui a fait passer d’un à trois le nombre d’élus qui y siègent, Claude Larochelle déplore à nouveau la partisanerie derrière ces nominations recommandées par le comité exécutif au sein des différents comités, conseils d’administration et autres commissions à l’échelle municipale, suprarégionale, provinciale, voire nationale.
«68 des 71 nominations sont des élus du Mouvement Lavallois, soit 96 %», rappelle-t-il alors que les 5 conseillers de l’opposition représentent 22 % des élus au conseil municipal de Laval.
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