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Virginie Dufour

Élections municipales

Virginie Dufour quittera la politique

Poids lourd de l’administration Demers-Boyer, Virginie Dufour fera ses adieux à la politique municipale en novembre prochain.

Celle qui siège au comité exécutif depuis sa première élection en 2013 en a fait l’annonce sur sa page Facebook ce matin.

«C’est avec beaucoup d’émotions que je vous annonce aujourd’hui que je ne solliciterai pas un nouveau mandat à titre de conseillère municipale de Sainte-Rose lors des prochaines élections municipales», écrit-elle, rassurant ses commettants à l’effet qu’elle continuera «à porter [leurs] préoccupations auprès de la Ville» jusqu’à la fin du présent mandat.

Chefferie

Mme Dufour explique qu’elle «carbure aux défis» et estime, après deux mandats, avoir fait le tour du jardin. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le mois dernier, elle avait choisi de se lancer dans la course à la direction du Mouvement lavallois, 48 heures après que son chef Marc Demers eut déclaré qu’il complétait son dernier mandat. On connaît la suite: six jours plus tard, elle se désistait pour laisser la place à son collègue Stéphane Boyer, couronné chef le 8 avril.

En renonçant à ses ambitions de briguer la mairie, le 6 avril, Virginie Dufour tirait du coup un trait sur la vie politique. Décision qu’elle n’a toutefois partagée à l’ensemble du caucus que la semaine dernière.

«Huit ans, c’est quand même long, souligne l’élue de 43 ans, évoquant son ancienne vie de consultante où la gestion de projet l’amenait d’une entreprise à l’autre. Je sentais que j’avais besoin de nouveaux défis».

Tant et si bien qu’elle «n’aurait pas pu continuer pendant quatre autres années à donner aux citoyens avec la même fougue qu’au début», confie-t-elle.

Marqués par le télétravail et le confinement, les 14 derniers mois lui ont aussi fait réaliser les sacrifices de ses 6 premières années en politique, Mme Dufour affirmant avoir «passé plus de temps» avec la plus jeune de ses deux filles, aujourd’hui âgée de 9 ans, qu’au cours des 8 années précédentes.

Revenant sur les allégations de financement illégal dont elle a fait l’objet l’automne dernier, Virginie Dufour assure que cet épisode n’a rien à voir avec sa décision de quitter la vie publique. À cet égard, elle mentionne que le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) lui a officiellement confirmé par écrit à la mi-avril que l’enquête est fermée et qu’aucune accusation ne sera déposée. «Ce dossier est donc clos, mais je ne vous cacherai pas qu’il m’a affecté », a-t-elle rappelé. Information validée auprès du DGEQ.

Signe avant-coureur

Il y a cinq semaines, un premier signe pouvait laisser croire que Virginie Dufour tirerait sa révérence au terme du présent mandat.

Deux semaines après la course au leadership, un communiqué publié conjointement par le Service des communications de la Ville et le cabinet du maire avait de quoi étonner. On y annonçait l’adoption du projet de règlement du nouveau code de l’urbanisme, un chantier majeur porté depuis des années par Mme Dufour sans que celle-ci ne soit citée.

Idem pour le communiqué qui marquait le lancement de la campagne Laval en vert et bleu, le 13 mai dernier, alors qu’habituellement Virginie Dufour y était toujours citée en sa qualité d’élue responsable des dossiers d’urbanisme et d’environnement au comité exécutif.

Interpellée à ce propos, l’élue de Sainte-Rose, visiblement émotive, a préféré s’«abstenir» de tout commentaire. Devant notre insistance, elle nous a invités à rediriger nos questions vers les instances politiques et administratives.

Au cabinet du maire, on nous informe que cette question relève non pas du Service des communications de la Ville, mais bien du cabinet.

«De nombreux facteurs influencent la prise de décision, précise dans un échange de courriels son porte-parole Alexandre Banville, citant au passage les assignations thématiques, la disponibilité [des élus] et l’importance des dossiers. Le maire se réserve parfois des sorties publiques, etc. La prise de décision se prend au cas par cas et il n’existe pas de règles fixes et préétablies.»

Soulignons que dans les deux cas ici évoqués, seul le vice-président du comité exécutif et candidat à la mairie en novembre prochain, Stéphane Boyer, était cité.

Pas surpris

À titre de maire suppléant et nouveau chef du Mouvement lavallois, Stéphane Boyer a tenu à rendre hommage à sa collègue qu’il côtoie depuis trois ans au comité exécutif.

Saluant son «excellent travail» et la «maîtrise de ses dossiers», M. Boyer dit ne pas être tombé des nues lorsque Mme Dufour lui a signifié ces dernières semaines qu’elle ne se représenterait pas en novembre.

«Après huit ans au même poste à porter, entre autres, les dossier de l’environnement, de l’urbanisme et du patrimoine, je comprends totalement qu’elle cherchait de nouveaux défis; c’est une décision prise en toute sérénité que je respecte, a-t-il réagi. Elle et moi avons toujours eu une bonne relation. On se ressemble sur plusieurs points. J’avais l’impression que c’était la mairie ou elle passerait à autre chose».

M. Boyer fait valoir que ce fut «un privilège» de travailler à ses côtés, rappelant qu’il profitera de sa présence pour encore les cinq prochains mois.

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Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, sstamour@2m.media, 450-667-4360 poste : 3523

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