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Trente ans de lutte discrète

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Trente ans de lutte discrète

Tout commence un jour de printemps 1978, quand deux voisines médusées des rues Armand et Denis, à St-François, se font la même remarque: «Entendez-vous le bruit des autos?» Les vrombissements de l’Autodrome couvrent la voix des deux femmes… et le Comité de protection de l’environnement de St-François vient de naître.

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«Les groupes environnementaux que je connais militent pour une lutte précise et ensuite, le groupe s’estompe. La caractéristique [du Comité de protection de l’environnement de St-François (CPESF)], c’est que d’une cause à l’autre, on ne pouvait pas lâcher.»

Discret

Paul-André Roger décrit ainsi le CPESF, qu’il épaule sans ostentation depuis sa cofondation par sa conjointe, Claire Roger, en 1978. Elle et lui ont occupé, tour à tour, diverses fonctions à l’exécutif du Comité. Difficile, en fait, de leur faire dire qui a fait quoi, au fil des ans, au sein de ce regroupement citoyen discret, qui a fêté ses 30 ans sans tambour ni trompette, le 15 novembre. Ils font à coup sûr partie du noyau de membres qui a traversé de nombreuses batailles, menées au fil des ans, sur un territoire qui s’étend de la Montée Saint-François jusqu’à la pointe est de l’île. Un noyau qui, quand le besoin se faisait sentir, pouvait compter sur de nombreux collaborateurs. À preuve: les 80 personnes qui ont répondu à l’invitation du trentième anniversaire, au Théâtre du bout de l’île.

Onze ans de lutte

M. Roger se souvient de la pollution sonore qui s’est accrue après leur arrivée, en 1957, sur la rue Denis. En 1978, «nous n’étions pas capables d’avoir une conversation». À ce malaise devait s’ajouter, la même année, un problème d’odeurs et de bruits provenant de l’usine pétrochimique BASF.

Les sources des deux problèmes sont aujourd’hui disparues, mais les citoyens rassemblés au sein du Comité ont lutté pendant 11 ans contre le bruit des stock-cars du Riverside Speedway — la Ville a acheté le terrain en 1989 — et pendant huit ans contre BASF.

Dans le premier cas, Paul-André Roger doute de l’ascendant qu’a exercé le CPESF dans le dossier. «On n’a pas cette prétention.» «Pour BASF, note Claire Roger, je pense que oui, parce qu’ils ont installé un silencieux et ils se sont équipés de walkies talkies, alors qu’avant, les employés se parlaient dans des haut-parleurs, la nuit.» Les résidents du Comité n’ont pas fait fermer l’usine. «Ce n’était pas notre but», précise Mme Roger.

Non à Stablex

Alors que le Comité fait encore circuler, dans le voisinage, des «relevés d’odeurs ou de bruit», surgit un autre dossier chaud. Une déclaration du ministre de l’Environnement, Marcel Léger, déclenche une troisième alerte, en septembre 1980. La compagnie Stablex compte établir une usine de traitement de résidus chimiques dans le secteur.

Alors que Stablex tient une rencontre d’information pour les résidents, le Comité se rassemble au CLSC des Mille-Îles, pour démarrer l’opposition au projet. «C’est la vitesse d’intervention, qui a joué», estime Claire Roger. Le 11 novembre 1980, le ministre confirmait, par télégramme, que l’entreprise avait retiré sa demande.

De cette lutte éclair, les Roger ont conservé le télégramme du ministre et quelques plaques d’automobile: «Laval dit NON à Stablex».

Une autre lutte éclair porte fruit, quand le Comité réussit à mobiliser 200 personnes au Centre communautaire Boileau, en 1986. Cette fois, la cible est le dépotoir que la Ville de Laval veut implanter dans la carrière Terrebonne, sur la montée Masson.

Sensibilisation et information

L’histoire du CPESF est jalonnée d’interventions, d’analyses de dossiers et de périodes de vigie. Ses membres se sont fait entendre sur le projet de parc régional Archipel, et à diverses audiences publiques, entre autres.

Au cours de la dernière année, plusieurs activités de sensibilisation et d’information étaient au programme, comme la distribution de plants d’arbres aux élèves de quatre écoles primaires.

PHOTO: BASF

Le site de l’ancienne usine pétrochimique, à l’ouest de l’actuelle rue de l’Harmonie. Le Comité a fait en sorte que les dirigeants de l’usine respectent davantage les résidents.

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