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Pas facile pour un quinquagénaire de trouver un emploi

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Pas facile pour un quinquagénaire de trouver un emploi

La centaine d’intervenants et participants au forum régional «Marché du travail: Misons sur les 50 ans et +» convenaient que ce n’est pas une sinécure de réintégrer le marché du travail passé la cinquantaine.

Malgré la rareté de main-d’œuvre, ça demeure un défi pour ces travailleuses et travailleurs de trouver un emploi, reconnaît, entre autres, Lucie Dubé, directrice générale de l’Association Midi-Quarante. Cet organisme, qui promeut à Laval l’employabilité des personnes de plus de 45 ans, était d’ailleurs – avec l’Association québécoise de gérontologie – à la tête de cette grande discussion, le 2 avril, impliquant des dirigeants d’entreprise, conseillers en ressources humaines, représentants d’organismes en employabilité, syndicats et partenaires du marché du travail.

Chômage

Statistiquement, les chômeurs de 55 ans et plus mettent deux fois plus de temps à se remettre en selle que ceux des générations qui les suivent, laisse entendre Julie Marquis, conseillère syndicale à la CSN qui s’intéresse aux enjeux liés au vieillissement de la main-d’œuvre.

En 2018, précise-t-elle, la durée moyenne de chômage chez les 25-44 ans a été de 13,9 semaines comparativement à 30 semaines pour les 55-64 ans et 34 semaines pour les 65 ans et plus.

Voilà qui illustre cette étude expérimentale qui révèle qu’«à compétentes égales, 77 % des professionnels en ressources humaines engageraient un plus jeune candidat», souligne Martine Lagacé, professeure à l’Université d’Ottawa et spécialiste des coûts sociaux de l’âgisme.

Y a de l’espoir

Conseiller à la direction de Midi-Quarante, André Hétu rappelle que «l’âgisme est imbriqué dans la culture».

«On ne peut pas espérer meilleure conjoncture pour favoriser l’éveil de la conscience des entreprises», explique-t-il en évoquant le creux historique du taux de chômage qui laisse 120 000 postes vacants au Québec. Ça aide à faire partir quelques préjugés.»

De fait, en 2018, les Québécois âgés de 55 ans et plus étaient 28 900 de plus à occuper un emploi comparativement à l’année précédente. Cela représente 75 % des emplois nets créés au cours de l’année. Rappelons toutefois que de tous les groupes d’âge, c’est celui-ci où s’observe la hausse de la population la plus forte.

Pour mettre les choses en perspective, le taux d’emploi des 55 ans et plus n’a progressé que de 3 dixièmes de point de pourcentage pour s’établir à 32,6 %, un niveau record. Une hausse à peine supérieure à celle du groupe des 25-54 ans (+0,2 %) qui, avec un score de 84,6 %, atteint également un taux d’emploi historique.

À l’emploi du service aux entreprises de Midi-Quarante, Francine Bouchard témoigne pour sa part d’un «heureux changement de paradigme».

À ses débuts, il y a trois ans, elle devait courir après les entreprises, alors que les rôles se seraient inversés ces 18 derniers mois. «Je suis même obligée de refuser des entreprises à nos Salons de l’emploi par manque de place.»

Nouvelle réalité

Professeur émérite de sciences économiques de l’UQÀM, Pierre Fortin mentionne que si les États-Unis composent depuis un demi-siècle avec une rareté de main-d’œuvre, ce problème se pose au Québec pour la première fois.

Cela dit, les entrepreneurs ne sont pas au bout de leur peine, car les faibles taux de chômage vont «durer jusqu’au 22e siècle», prévient-il, tout en ajoutant que «le maintien en emploi et l’embauche des 55-65 ans et plus sont certainement une des solutions à la pénurie de main-d’œuvre».

À cet égard, les employeurs ont tout intérêt à «déboulonner les mythes sur l’âgisme» et «ajuster leurs pratiques de gestion en ressources humaines» s’ils veulent attirer et retenir ces travailleurs dont «l’expérience est une valeur inestimable», fait valoir pour sa part la présidente-directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie de Laval, Louise Leroux.

Un avis partagé par Diane-Gabrielle Tremblay, spécialiste en gestion des ressources humaines à l’Université TÉLUQ. Celle-ci invite les organisations à mettre en place des mesures d’aménagement et réduction du temps de travail en s’inspirant notamment de la Finlande, un modèle en pareille matière. «Il y a possibilité de changer», dit-elle en parlant du redressement du taux d’activité des travailleurs âgés qui avait chuté de façon importante dans ce pays de l’Europe du Nord.

Incidemment, la présidente du Conseil régional des partenaires du marché du travail de Laval, Jasmine Martin, rappelle que le service aux entreprises de Services Québec «aide les gestionnaires et responsable des ressources humaines à faire autrement».

À lire également: «Ça coûte cher faire de l’âgisme» – Martine Lagacé

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Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, Stéphane.st-amour@2m.media , 450-667-4360 poste : 3523

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