Mis à jour le 31 août 2026 à 17h43
Dernier maire survivant des 14 ex-municipalités de l’Île Jésus fusionnées le 6 août 1965, Fernand R. Bibeau donne son nom au parc des Chênes de la rue des Érables dans le quartier cossu de Laval-sur-le-Lac.
L’homme qui soufflera sur 95 chandelles le 27 septembre prochain avait été élu conseiller municipal de Laval-sur-le-Lac en 1960 avant d’accéder à la mairie en 1963.
C’est en présence de près de 200 citoyens dont le principal intéressé que l’événement a été souligné le 22 août dernier lors de la fête champêtre annuelle placée sous la houlette de l’Association pour les citoyens de Laval-sur-le-Lac, qui compte Fernand R. Bibeau parmi ses membres fondateurs.

À l’unanimité
Bordé par les eaux de la rivière des Prairies et ceinturé par les rues des Érables et les Pins face à l’Île Bizard, ce parc aménagé sur le site de l’ancien hôtel de ville de Laval-sur-le-Lac regroupe plusieurs installations récréatives, dont une marina, une piscine et un centre de curling. Incidemment, on doit la construction du centre de curling à M. Bibeau en 1963.
Ce dernier s’était installé avec sa conjointe Hélène Beaupré à Laval-sur-le-Lac en 1954, où le couple a élevé trois enfants.
Soulignons que c’est à la suite d’une recommandation unanime des membres du comité de toponymie que les élus du conseil municipal entérinaient également à l’unanimité la nouvelle dénomination du parc en juin dernier.
Maire anti-fusionniste
En 1965, alors que faisait rage le débat entourant l’annexion des 14 ex-municipalités de l’Île-Jésus, Fernand R. Bibeau partageait les rangs des maires anti-fusionnistes avec ses homologues des villes de Saint-François, Laval-des-Rapides, Sainte-Rose, Fabreville et Sainte-Dorothée.
Dans son livre La saga de Laval, publié aux Édition Fides en 1998, le maire fondateur de Laval, Jean-Noël Lavoie, rappelle que le maire de Laval-sur-le-Lac plaidait pour l’exclusion de son patelin de ce qui allait devenir la 2e grande ville en importance au Québec.
À ce propos, Me Lavoie revient sur les festivités du 50e anniversaire de fondation de la ville de Laval-sur-le-Lac, tenues le 26 juin 1965.
En présentant le premier ministre Jean Lesage, invité d’honneur au banquet qui réunissait quelque 350 citoyens au prestigieux Club de golf de l’endroit, le maire Bibeau lui avait lancé: «Attendez avant d’imposer la fusion!».
Devant une salle survoltée, le premier ministre l’avait rassuré : «[…] Je verrai moi-même à ce que le projet concernant la fusion des municipalités de l’Île Jésus qui sera présenté à la législature exclue Laval-sur-le-Lac.»
Le lendemain, il était contredit par son ministre des Affaires municipales, Pierre Laporte, qui affirmait qu’il n’y aurait pas d’exception et que toutes les villes seraient annexées.
«[…] le seul privilège dont jouirait .[la ville] serait un article spécial stipulant que le règlement de zonage de Laval-sur-le-Lac ne pourrait être modifié sans le consentement de la majorité des propriétaires du futur «quartier» Laval-sur-le-Lac», relate Jean-Noël Lavoie dans son livre.
Quant au premier ministre Lesage, il a prétendu après coup que l’exclusion à laquelle il référait s’appliquait non pas à la municipalité, mais bien à son règlement de zonage.
Quarante et un jours plus tard, le vendredi 6 août 1965, à 17h15 précises à l’horloge du Parlement, la ville de Laval était officiellement créée.
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