Mis à jour le 27 mars 2026 à 11h39
Le jeudi 26 mars, des travailleuses du domaine communautaire se sont rassemblées devant divers CLSC lavallois dans le cadre de la grève de services du mouvement national Le communautaire à boutte.
En milieu d’après-midi, ce sont quelques dizaines de miliant.e.s qui étaient massés devant le CLSC Chomedey. Affiches en main, travailleuses et familles réclamaient davantage d’appui pour le secteur communautaire et plus spécifiquement, le Centre communautaire Val-Martin.
Cet OBNL lavallois livre activités et services à des familles de Val-Martin, dont la plupart sont en situation précaire et issues de l’immigration.
«J’ai fui un homme violent avec mes enfants, confie Fredeline, une maman bénéficiant des services du CCVM depuis 16 mois. […] L’organisme m’a beaucoup soutenu et son aide a été précieuse. Je suis bien accueillie. Je me sens très à l’aise avec les intervenantes. […] Les activités avec les autres familles, ça m’a sorti de ma détresse. On peut relaxer. C’est comme ma maison: je n’ai pas besoin de rendez-vous pour me pointer là-bas. J’y vais quand j’en ai besoin.»
«Le CCVM m’a offert des opportunités pour me sentir mieux dans un moment difficile, renchérit Fernando, un papa d’origine colombienne installé à Chomedey. Je me suis joint à un groupe de parents monoparentaux et j’ai pu partager mon histoire. D’autres vivaient la même situation et je me suis senti moins seul. […] Je fais maintenant partie d’une communauté que ma fille et moi adorons. J’avais besoin d’écoute et de support […] et ils m’ont aidé à sortir ma tête de l’eau, à me sentir en vie à nouveau.»
Services limités
Le groupe a dû réaliser son action éclair sous la pluie à l’extérieur du 800, boulevard Chomedey, comme l’entrée lui a été refusée par l’équipe du CLSC.
Édith Gingras, directrice des services famille du CCVM, n’en tient pas rigueur au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval, soutenant que leur collaboration est habituellement au rendez-vous.
Elle trouve toutefois dommage que les familles n’aient pas pu formuler leurs besoins à la source, comme plusieurs d’entre elles ne peuvent être desservies uniquement par le système de santé, notamment en raison de leur statut migratoire.
«Peu importe le besoin de la personne, immigrante ou pas, quand elle entre chez nous, on va l’orienter et l’accompagner vers toutes les ressources dont elle a besoin, témoigne Édith Gingras. On ne trie pas les personnes en fonction de critères ou de cases. On n’a pas nécessairement l’expertise chez nous, mais […] on les réfère aux bons organismes et on les accompagne à travers tout leur parcours.»
En 2024-2025, le CCVM a accueilli plus de 1500 personnes dans son milieu de vie, via sa Maison de la famille et sa Maison des jeunes.
Budget insatisfaisant
De manière générale, le milieu communautaire est très déçu du plus récent budget de Québec, qui ne répond pas du tout à ses demandes.
Selon le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), 32 M$ ont été ajoutés au financement communautaire dans le budget 2026-2027, contrairement aux 1,1 G$ avancés par la Coalition Avenir Québec (CAQ).
Édith Gingras déplore surtout le manque de soutien aux organismes famille ou qui ont un volet famille dans leur mission, qui sont laissés pour compte.
«Le troisième axe de recommandation de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, il y a 6 ans, c’était de rehausser le financement à la mission de tous les organismes communautaires à un minimum de 200 000$, rappelle la travailleuse de Chomedey. C’est la même chose qu’on demande depuis 20 ans et, encore aujourd’hui, on est juste à 183 000$!»
Elle poursuit en rappelant qu’il y a en moyenne une douzaine d’employés dans un organisme communautaire, dont la majorité sont des femmes.
«Est-ce que le ministère de la Famille et le gouvernement actuel de la CAQ s’attend à ce qu’on puisse payer 12 personnes avec 15 000$ pour chacune, pour remplir la mission qu’il nous octroie et dont on doit rendre compte chaque année?»
Malgré la volonté signifiée par la mairie lors de la plus récente campagne électorale lavalloise, Laval figure toujours au bas du palmarès en matière d’argent par habitant dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) 2026-2036.
Mouvement régional et national
Le mouvement Le communautaire à boutte secoue le Québec depuis l’automne 2025 afin d’obtenir une reconnaissance adéquate ainsi que de meilleures conditions de travail pour le secteur communautaire. Depuis le lundi 23 mars, plus de 1700 OBNL sont en grève de services partout dans le province.
A Laval, 25 organismes ont déposé un mandat de grève et un nombre encore plus important répondra présent à la manifestation du jeudi 2 avril, devant l’Assemblée nationale. D’ici là, des actions locales auront lieu tous les jours sur l’île Jésus.
Téléchargez notre application
Meta (Facebook et Instagram) bloque vos nouvelles du Courrier Laval, tout comme Google continue de leur faire obstruction, en réponse à la loi C-18.
Pour avoir accès à vos nouvelles et rester ainsi connecté à la source, le Courrier Laval vous invite à télécharger son application. Vous pouvez également vous abonner à l’infolettre hebdomadaire. Vous pourrez ainsi continuer de lire vos nouvelles gratuitement, et ce, en temps réel avec un ratio moindre de publicités. N’oubliez pas d’activer les notifications et de passer le mot à vos proches et contacts!
Apple : https://apple.co/3wsgmKE
Android : https://bit.ly/3uGPo1D
Infolettre : https://courrierlaval.com/infolettre/



