Mis à jour le 24 février 2026 à 20h33
Des producteurs agricoles de la Rive-Nord se sont mobilisés devant la séance portes ouvertes d’Alto tenue le mardi 24 février à Mirabel.
Les citoyens sont venus nombreux pour contester la loi C-15 et le projet de train à grande vitesse dont le trajet pourrait empiéter sur leur territoire agricole.
Avec leurs tracteurs, des dizaines d’agriculteurs se sont rassemblés au centre culturel Jean-Laurin, à Mirabel, pour exprimer leur mécontentement contre le projet.
Initialement, le train à grande vitesse (TGV) ne devait pas passer à Mirabel. Or, le 14 janvier dernier, Alto, l’entreprise responsable de la mise sur pied du projet a dévoilé un nouveau tracé passant par Mirabel.
«On a été pris par surprise, d’affirmer Daniel Ladouceur, habitant de Mirabel, fils d’un père exproprié en 1969 par le projet de l’aéroport de Mirabel. On l’a su depuis quelques semaines. Il faut protéger nos terres, c’est le garde-manger des Québécois et des Québécoises. Il faut enlever la loi C-15, mais aussi le TGV.»
Le projet devrait débuter en 2029 et, dans sa mouture finale, s’étendre sur 1000 kilomètres, reliant Québec à Toronto, avec des arrêts à Trois-Rivières, Laval, Montréal et Peterborough. Le TGV atteindra 300 km/h, sous la supervision de la société Alto, tandis que le consortium d’entreprises Cadence s’occupera de la construction, de l’exploitation de la ligne et de sa conception.
Toutefois, l’Union des producteurs agricoles (UPA) n’entend pas faciliter cette mise en œuvre.
Le syndicat agricole était venu accompagner les manifestants devant le centre Jean-Laurin, craignant également que la loi C-15 facilite l’expropriation des citoyens.
«Le projet de loi C-15 représente une menace directe pour notre territoire et la pérennité de nos entreprises, souligne Stéphane Alary, président de la fédération de l’UPA Outaouais–Laurentides, devant une foule de manifestants criant non au TGV. Chaque hectare touché, chaque terre fragmentée affaiblissent des entreprises déjà sous pression.»
Les producteurs
Cynthia Grondin, productrice de la relève agricole, plaide également contre le TGV et la loi C-15 «On a besoin de nos terres», dit-elle.

«Si on doit contourner des obstacles comme un TGV, c’est du temps perdu, donc des pertes financières… Si on coupe les parcelles, mon entreprise ne sera plus viable, a appuyé Pierre-Yves Éthier, producteur à Mirabel depuis trois générations comptant son fils, directement touchés par le tracé.
Je suis pris en otage, bloqué dans notre progression en tant que fermiers par la loi C-15, qui m’empêche de faire des rénovations.»
Présence politique
Le député bloquiste de Mirabel, Jean-Denis Garon, était présent à la manifestation de pour livrer un message au gouvernement fédéral et à Alto.
«Tout ça pour un projet qui n’existe pas encore, pour un projet dont on ne sait pas encore où on va prendre les locomotives, les wagons ou acheter l’acier, comment on va le construire, de déclarer Jean-Denis Garon. L’ingénierie n’est pas faite, ils ne savent même pas où il va passer, mais ils sont déjà dans nos cours à nous dire qu’ils vont exproprier. On a besoin de vraies consultations. Là, en ce moment, c’est un pitch de vente. C’est à Alto de venir sur le terrain et consulter les gens.»
Réponse d’Alto
Pour sa part, Alto estime que le projet stimulera le produit intérieur brut (PIB) jusqu’à 35 milliards de dollars et créera plus de 51 000 emplois pendant la construction du train.
«On a présenté un corridor de 10 km, mais l’emprise du train est de 60 mètres, de tempérer Benoit Bourdeau, gestionnaire des relations avec les médias et porte-parole d’Alto. On vient très tôt pour consulter afin de pouvoir prendre en compte le tracé final. Nous, on est ici pour écouter, on n’est pas ici pour convaincre.»,
Le Bloc Québécois se dit favorable à un projet de train à grande vitesse, mais en désaccord avec la loi C-15.Le plus important c’est que le projet «doit être accepté socialement» confirme le député bloquiste Jean-Denis Garon.
Notons qu’Alto souhaite faire une autre séance de consultation ce printemps pour continuer à discuter avec la population.
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