Connectez-vous à nous

Les impacts sur le boisé inquiètent

Communauté

Les impacts sur le boisé inquiètent

Le projet actuellement en chantier au parc Mont-Laval, plus ambitieux encore que les deux précédemment élaborés par Maisons Charplexe, suscite de vives appréhensions, quant à son impact environnemental.

«Mon inquiétude, c’est l’impact sur la forêt et sur la faune», dit Chantal Labelle, ex-présidente de l’Association pour la protection du boisé Sainte-Dorothée (APBSD), qui a guidé le Courrier Laval, le 20 juillet, dans une zone marécageuse du boisé, en zone agricole, immédiatement au nord des lots que Maisons Charplexe compte développer.

Le nouveau marécage, créé à la faveur d’un barrage de castor au printemps 2010, s’ajoute aux autres grands milieux humides du boisé.

VTT délinquants

Des traces fraîches dans la boue, visibles à l’approche du marécage, indiquent que des véhicules tout-terrain (VTT) sont passés ici récemment.

À Laval, ces véhicules n’ont le droit de circuler que du 15 décembre au 31 mars, dans les sentiers reconnus. On est donc clairement en présence de délinquants.

L’hiver dernier, du remblayage a été effectué au beau milieu du marécage qui s’ouvre devant nous, encore marqué par le passage de la machinerie.

Le problème a été réglé à la Table de concertation sur les véhicules hors route. Mais la restauration des lieux traîne, malgré l’implication du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP).

«On voulait une remise en état avec la Ville de Laval», se limite à dire Hélène Proteau, directrice régionale du Centre de contrôle environnemental du MDDEP.

Cet épisode illustre bien la fragilité des milieux humides du boisé. Le projet de développement au sud ajoute à cette vulnérabilité: ces milieux sont directement liés à l’étang et au ruisseau du parc Mont-Laval, cruciaux pour tout le réseau hydrique du boisé.

Projet «vert»

Le projet précédent de Maisons Charplexe, publicisé comme un projet «vert» par le constructeur, en 2010, prévoyait la protection de l’étang et du ruisseau, ainsi que la conservation de 3,1 M de pieds carrés de forêt en zone agricole, au nord du parc.

Le projet avait reçu l’appui de l’APBSD. Une bénédiction qui a déplu à Chantal Labelle, qui a quitté l’Association depuis. «Je n’étais pas contre, mais ce n’était pas notre rôle d’appuyer le projet», résume-t-elle.

Cette fois, Maisons Charplexe est plus réservé quant à ses intentions et son président ne répond pas aux demandes d’entrevue du Courrier Laval.

Le MDDEP dit cependant veiller au grain: «On a prévenu le constructeur que s’il devait s’approcher du cours d’eau, il lui faudrait un certificat d’autorisation», dit Hélène Proteau.

C’est le chef du Parti au service du citoyen, Robert Bordeleau, qui a alerté le Ministère, le 15 juillet. «On va encore saccager l’environnement, si on construit toutes les unités prévues», estime M. Bordeleau.

Évolucité

Le directeur du Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval, Guy Garand, souligne par ailleurs les incompatibilités du projet de Maisons Charplexe avec la nouvelle Politique de l’urbanisme durable de Laval, qui vise à favoriser le transport en commun, les déplacements actifs, la mise en valeur des milieux naturels et de la zone agricole, ainsi que des aménagements qui s’harmonisent avec l’identité du milieu.

Ces principes ne sont pas satisfaits dans ce cas-ci, estime M. Garand, qui qualifie de «poudre aux yeux» l’approche «Évolucité» élaborée par la Ville dans sa Politique.

Le plus ambitieux

Maisons Charplexe compte réaliser 1200 unités de condos et de penthouses, dans une vingtaine de tours de 12 à 18 étages. C’est deux fois et demie plus que les 450 unités unifamiliales et multifamiliales qu’il projetait en 2010, et quatre fois les 300 unités de condominiums et de maisons de ville qu’il planifiait en 2009.

Ces derniers projets se sont butés à l’opposition citoyenne, dans une saga où les autocaravaniers qui campaient auparavant sur le site se désolaient de voir leur port d’attache disparaître.

**********

La question du Mont-Laval a été à nouveau soulevée à la séance publique du conseil municipal du 1er août. À lire: «La modification du zonage semblait dans la poche en 2009».

Commentaires

Continuer la lecture
Vous aimeriez aussi...
Cliquer pour commenter

Répondre

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus dans Communauté

Publicité

Nous suivre sur Facebook

Nous suivre sur Twitter

Archives d’articles

Publicité
Haut de page