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Le Centre jeunesse de Laval n’est pas une passoire

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Le Centre jeunesse de Laval n’est pas une passoire

SOCIÉTÉ. Dans la matinée du 15 mars, la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, a dévoilé le rapport Les fugues reliées à l’exploitation sexuelle: état de situation et solutions déposé par le vérificateur indépendant André Lebon concernant les cinq fugues s’étant produites au Centre jeunesse de Laval au début février.

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M. Lebon avait spécifiquement comme mandat de s’assurer que toutes les règles et procédures d’encadrement au Centre jeunesse pour éviter les fugues ont été respectées et appliquées comme elles se doivent.

D’entrée de jeu, le vérificateur insiste pour dire que les fugues sont en hausse au Québec. Le Centre jeunesse de Laval «par sa concentration plus élevée de jeunes à risque (…) pourrait être davantage touché. Or, il n’en est rien», répond-t-il à quiconque prétend qu’on y fugue allègrement. Un propos qu’a appuyé la ministre Charlebois.

«La fugue fait partie du processus de réadaptation et peut même contribuer à la progression d’un jeune dans sa recherche d’autonomie, constate également André Lebon. La vraie préoccupation doit se porter sur un petit nombre de jeunes qui se mettent en danger lors de ces fugues.»

Plus qu’une porte barrée

Au fil des pages, M. Lebon rappelle que la majorité des fugues se font lors de sorties (70 % chez les filles) et non à partir de l’interne. Verrouiller les portes ne prévient que ces dernières. «Tout repose alors sur la capacité des intervenants et des milieux de vie de gérer les risques inhérents aux situations individuelles. Et avec la gestion de risques vient le devoir de moyens, alors que l’on doit composer avec des clientèles totalement disparates, mais présentant des problèmes complexes. On constate une hausse significative de la lourdeur de la clientèle», note-t-il.

Le spécialiste de la santé ne cache pas qu’il y a davantage de jeunes vivant des problèmes de santé mentale, dépendance et toxicomanie, de jeunes filles sous le joug de proxénètes ou des jeunes ayant des pensées suicidaires, sans oublier l’automutilation.

«Avec l’alourdissement des clientèles vient l’obligation de faire le point sur les moyens dont les établissements disposent pour composer avec les besoins de ces jeunes», écrit-il.

Organisation et recherche

«Nous accueillons favorablement les recommandations du rapport, affirme Lucie Charlebois, qui était accompagnée de son collègue de la Sécurité publique, Martin Coiteux. De toute évidence, nous pouvons affirmer que le phénomène des fugues a évolué au cours des dernières années et que la clientèle s’est complexifiée.»

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) travaille déjà sur certaines actions, dont l’organisation des interventions afin de les adapter aux besoins des jeunes, la recherche de solutions intermédiaires entre l’encadrement intensif et les unités de vie ouverte, ainsi que la création d’un lieu d’échange afin de diffuser les connaissances et les meilleures pratiques en matière de fugue.

«J’ai rencontré de jeunes fugueurs et tous m’ont dit qu’ils veulent être entendus et écoutés, d’ajouter la ministre Charlebois Nous devons savoir communiquer avec eux, notamment via les médias sociaux.»

Programme jeunesse

Par ailleurs, il faut agir de façon coordonnée et concertée autant en prévention et en protection qu’en poursuites et répression, ce à quoi répond le programme Prévention Jeunesse annoncé le 16 février par le gouvernement.

Dans le cas de la région de Laval, le projet déployé vise à lutter contre l’exploitation sexuelle et à renforcer la coordination entre les intervenants locaux sur le terrain. Il permet de mieux outiller les partenaires afin d’accroître leur capacité d’échange d’information et de réaction.

Premières réactions

Au Comité des usagers du CISSS de Laval, on entend parcourir en détail le rapport. «Nous espérons comprendre ce qui se passe au Centre jeunesse et comment ça se passe, de dire Michel Morel, vice-président de l’organisme. En plus de la question des portes verrouillées ou peu surveillées, nous n’avons aucun doute sur le travail du personnel. Nous soupçonnons peut-être les compressions budgétaires d’avoir entraîné une baisse des ressources.»

Tout comme la ministre, le maire Marc Demers réagit favorablement au rapport. «Les fugues reliées à l’exploitation sexuelle des jeunes sont un problème sérieux qu’il faut combattre sur plusieurs fronts, soutient-il. Je suis donc rassuré de constater qu’il s’agit maintenant d’une priorité pour le Québec tout entier.»

M. Demers a confirmé que la Ville s’engage à mettre tous les efforts nécessaires pour maintenir une concertation la plus large possible et pour instaurer des conditions et des mécanismes pour accompagner les victimes et leurs familles.

Les chiffres du rapport

Les fugues ne sont pas un fléau.

La majorité des jeunes (65 % à 70 %) hébergés en Centre de réadaptation au Québec ne fuguent pas.

Parmi les jeunes qui fuguent, une majorité (68 %) le font pour moins de 24 heures. Et la majorité des jeunes qui reviennent en moins de 24 heures le font à l’intérieur de 5 heures.

Ce sont 18 % des jeunes qui fuguent trois fois et plus, alors que 17 % des jeunes fuguent 72 heures et plus.

Au CISSS de Laval, comme partout ailleurs au Québec, l’article 11.1.1 de la loi de la protection de la jeunesse est appliqué rigoureusement et les guides de pratique pour accéder à cette ressource plus contraignante sont respectés.

Le devoir de moyens exprimé par le vérificateur, c’est de trouver des solutions pour cette frange d’environ 25 % des jeunes placés qui sont à haut risque.

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Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

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