Mis à jour le 05 juin 2026 à 08h32
Pour célébrer le Mois national de l’histoire autochtone en littérature, Ève, libraire à la Librairie Carcajou de Duvernay, recommande huit livres à dévorer en juin.
«C’est un mois où on va essayer de faire résonner les voix qui ont été plus tues, qui permet que la littérature et la culture [autochtones] soient mises davantage de l’avant», explique Ève, libraire chez Carcajou depuis deux ans.
La bouquinerie de Duvernay prévoit déployer un présentoir mettant de l’avant des ouvrages écrits par les Premières Nations, contribuant à l’initiative En juin: je lis autochtone!.
En attendant, voici huit recommandations littéraires conçues par des artistes de ces communautés.
Vidéo 2M.Media – Corinne Prince. Montage – Nicholas Pereira
5 livres pour adultes
Isabelle Picard, ethnologue et écrivaine originaire de Wendake, est l’une des favorites d’Ève. C’est d’ailleurs la porte-parole de l’initiative Je lis autochtone!.
Sa dernière parution, Indienne de ville (2025), a particulièrement charmée la libraire lavalloise. L’autrice y raconte son histoire en y incluant anecdotes drôles, tristes ou remplies d’espoir et même quelques photographies.

Ève qualifie sa seconde recommandation de «petit bijou». Il s’agit de l’œuvre Le Terre-plein de la destinée de Louis-Karl Picard-Sioui, créateur pluridisciplinaire né et qui habite toujours Wendake.
La nouvelle d’une cinquantaine de pages raconte l’histoire d’un rendez-vous mystérieux entre Denise Dionne et Jean-Paul Paul Jean-Pierre, un chasseur, et promet une fin surprenante.

Un autre incontournable de la littérature autochtone est, selon la libraire, le roman Cheval Indien de Richard Wagamese.
«C’est une histoire très émouvante qui raconte les réalités des pensionnats autochtones [à travers un garçon qui veut jouer au hockey professionnel], présente Ève. Suivre la vie de ce personnage m’a énormément touchée. La traduction en français est aussi très bonne.»
Cette fiction peut également être consommée en format cinématographique, avec une adaptation portant le même nom sortie en 2017.

Bien que la poétesse Marie-Andrée Gill soit déjà bien connue du monde littéraire, la travailleuse lavalloise tenait à conseiller son ouvrage Uashtenamu: Allumer quelque chose.
«C’est difficile de résumer de la poésie, mais ça m’a fait ressentir du bien-être, confie-t-elle. Le livre est rempli d’histoires de vie en lien avec la nature. Sa poésie vient chercher des émotions un peu différentes de ce qu’on a l’habitude, tout en étant dans la plénitude.»

Finalement, pour le lecteur cherchant à s’instruire davantage sur l’histoire des peuples autochtones de la province, Ève recommande le mémoire Je suis une maudite sauvagesse d’An Antane Kapesh, paru pour la première fois en 1976, mais réédité il y a quelques années.
«Une femme va raconter comment sa vie a changé depuis qu’il y a eu la Loi sur les Indiens, résume celle qui travaille à la Librairie Carcajou. C’est très brutal, très dur, mais essentiel à la compréhension de ce qu’ont vécu les Premières Nations.»

3 livres jeunesses
La sixième édition de Je lis autochtone! met l’accent sur la littérature jeunesse issue des Premières Nations. En ce sens, voici trois recommandations d’Ève.
Vidéo 2M.Media – Corinne Prince. Montage – Nicholas Pereira
La première s’adresse aux petits de trois ans et plus. Il s’agit du conte Le chandail orange de Miya, écrit par Wanda John-Kehewin et illustré par Erika Rodriguez Medina.
Selon la libraire, c’est le livre parfait pour aborder le sujet des pensionnats autochtones en douceur avec les jeunes enfants. Au final, la protagoniste porte dignement son chandail orange, aux couleurs de la commémoration, et est fière de ses origines.

La Terre me parle: Un livre sur les saisons, livre imagé écrit par Brittany Luby et illustré par Joshua Mangeshig Pawis-Steckley, témoigne de l’exploration des saisons par une enfant et sa grand-mère en langues Ojibwé et française.
«Comment sais-tu quelle est la saison? Quand les bleuets mûrs tombent et que le sable brûle, comprends-tu que c’est l’été? Quand le carouge à épaulettes s’envole, comprends-tu que c’est l’automne? Arrête-toi une minute et regarde autour de toi: la nature nous parle», peut-on lire dans la description du livre jeunesse.

Pour conclure, la libraire lavalloise revient avec une recommandation signée Isabelle Picard en la trilogie Nish, mot innu signifiant «deux».
«On y suit deux jumeaux qui vont vivre des choses adolescentes de tous les jours, mais dans une communauté autochtone où ils vont apprendre leur histoire, raconte Ève. On voit comment ils vont naviguer à travers ça et apprendre à s’apprécier, malgré la différence.»

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