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Jean-Noël Lavoie dit non à la Ville

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Jean-Noël Lavoie dit non à la Ville

Coup de théâtre: le maire fondateur Jean-Noël Lavoie s’objecte à la décision de Ville Laval de nommer une rue à son nom dans le développement adjacent à la station de métro Montmorency.

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Dans une lettre adressée, jeudi, au maire Gilles Vaillancourt, dont le Courrier Laval a obtenu copie, Me Lavoie réclame que l’on renonce au projet de «façon définitive». Il rappelle au passage lui avoir signifié, l’an dernier, son «désaccord» sur la chose à l’occasion d’une «rencontre fortuite». «Le fait de s’approprier le nom d’une personne (…) est un geste important qui exige l’approbation explicite de cette dernière», s’offusque Me Lavoie. Et ce, même lorsque l’intention est louable, ajoute-t-il. Surpris de sa réaction qu’il dit respecter, le maire exaucera son vœu. «On voulait lui faire plaisir en rendant hommage au grand visionnaire qu’il a été; Jean-Noël est très superstitieux, vous savez….», a expliqué d’un air amusé Gilles Vaillancourt au sortir d’une assemblée de zonage, jeudi soir. Il reprenait ainsi un des motifs évoqués par le premier maire lavallois pour marquer son refus.

Décision en 2004

Au mois d’août, le Courrier Laval annonçait que l’administration municipale rendait hommage à d’anciens maires en baptisant de leur nom les rues du futur centre-ville. La rue Lucien-Paiement traverserait du nord au sud le quadrilatère Concorde-Montmorency et la rue Jean-Noël Lavoie relierait le boulevard Le Corbusier à la rue Lucien-Paiement dans l’axe du Cégep Montmorency.

C’était avant que le célèbre fusionniste mette son veto, après avoir pris connaissance de l’article plusieurs semaines après sa publication. Jusqu’à nouvel ordre, le Dr Paiement et les anciens magistrats de la ville de Laval-des-Rapides, feus Claude Gagné et Émile Martineau, auront une rue à leur nom à proximité de la station Montmorency.

Selon ce qu’on a appris, la Ville aurait fait fi des recommandations de la Commission de toponymie à la suite d’une consultation tenue en 2004 pour arrêter sa décision de nommer une rue au nom de Jean-Noël Lavoie. «Comme il s’agissait d’une nouvelle rue, aucun levier dans la loi ne nous permettait de l’interdire», explique la directrice de la Commission Danielle Turcotte, précisant que la situation aurait été tout autre s’il avait été question de renommer une rue déjà existante.

Mémoire collective

L’homme derrière la grande fusion de 1965 cite la Commission de toponymie pour justifier son geste. Pour cet organisme-conseil, le critère d’exclusion des noms de personnes vivantes est un principe incontournable, informe sa directrice. «Nous n’officialisons aucun nom de personnes vivantes.»

En termes plus clairs, la rue Jean-Noël Lavoie, si elle avait été ainsi nommée, n’aurait jamais été inventoriée, pas plus qu’elle n’aurait été diffusée dans la nomenclature géographique officielle. Ce patrimoine toponymique constitue en quelque sorte la mémoire collective de tout un peuple. «Les pages de la petite et de la grande histoire du Québec sont inscrites dans les noms de lieux», soutient Mme Turcotte dont l’organisme renseigne sur leur origine et leur signification.

Incidemment, le répertoire de la Commission contient pas moins de 226 000 noms de lieux dont près de la moitié touche les voies de communication. Mine de rien, 97 % des 109 000 croissants, avenues, rues, boulevards et autoroutes qui sillonnent la province y sont répertoriés.

La politique d’exclusion des noms de personnes vivantes, «à laquelle tout le monde devrait adhérer», estime la principale intéressés, est conforme aux recommandations du groupe d’expert des Nations Unies sur les noms géographiques. «Il y a d’autres façons d’honorer les gens de leur vivant; ici, on recommande de respecter le délai minimal d’un an après le décès de la personne, alors que dans certains pays, ça va jusqu’à 15 ans», ajoute-t-elle.

Malaise

Mme Turcotte poursuit en parlant de Me Jean-Noël Lavoie comme d’un homme très respectueux des règles démocratiques et des organismes étatiques. «Pour lui qui connaît bien la Commission de toponymie, son mandat et ses rouages administratifs, ç’aurait pu être offensant de savoir que la Ville donne son nom (à une rue) de son vivant.» À la limite, cela aurait pu créer un malaise encore plus grand, considérant qu’il n’a pas été consulté par les autorités municipales, de renchérir la directrice. «Nous avions sondé l’intérêt de son épouse et de sa fille Martine qui étaient enchantées à l’idée», nuance le maire Vaillancourt. Il a été impossible de joindre Me Lavoie puisqu’il séjourne dans le sud de la France pour l’hiver.

Toujours selon Danielle Turcotte, l’attribution d’une désignation commémorative nécessite la consultation de la communauté qui vit à proximité du lieu choisi et de l’entourage de la personne dont on veut honorer la mémoire. Ce qui fut fait dans le cas de MM. Gagné et Martineau, aujourd’hui décédés. «La famille de Claude Gagné, il a eu 14 enfants, était très heureuse et satisfaite de l’hommage que nous rendions à cet ex-maire de Laval-des-Rapides», indique entre autres le maire de Laval.

Dr Paiement flatté

Contrairement à Me Lavoie, l’ex-maire Lucien Paiement dit apprécier cet hommage. Vingt-cinq ans après avoir quitté la mairie, il trouve pertinent qu’on ait choisi une rue au cœur du futur centre-ville pour souligner sa contribution, d’autant plus qu’il a toujours rêvé de doter Laval d’un véritable centre-ville durant ses huit ans (1973-1981) de règne. Comment l’a-t-il appris? «Ce sont mes petites filles qui m’ont appelé pour m’en informer après l’avoir lu dans le Courrier Laval

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Journaliste à l'économie et la politique municipale , Stéphane.st-amour@2m.media , 450-667-4360 poste : 3523

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