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Hausse de 263 % par rapport au coût initial

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Hausse de 263 % par rapport au coût initial

Après avoir suspendu en 2018 les projets de complexe aquatique et centre de services animaliers en raison d’une explosion des coûts, l’administration Demers va de l’avant avec le Centre d’interprétation des Biosciences Armand-Frappier (CIBAF), un projet qui coûtera aux contribuables près de trois fois la somme initialement budgétée par la Ville.

À la dernière assemblée du conseil, le contrat de conception-construction et mise en service a été octroyé à Cosoltec au montant de 12,4 M$.

Parmi les 48 recommandations du comité exécutif figurant à l’ordre du jour, celle-ci a été adoptée en moins de 30 secondes. La résolution fut proposée, secondée et adoptée à l’unanimité des élus sans qu’aucune question ne soit soulevée.

Les jours du Musée Armand-Frappier au 531, boul des Prairies sont comptés. En août 2021, il déménagera sur le site du Cosmodôme de Laval. (Photo 2M.Media – Archives)

Écart de 28 %

En adoptant la résolution SD-2019-3441 le 10 septembre, les élus autorisaient la Ville à réinjecter 3,4 millions de dollars au Programme triennal d’immobilisations (PTI) 2019-2021 pour la réalisation de ce projet muséal, portant à 13,9 M$ les sommes réservées à cette fin.

Ces nouveaux fonds sont nécessaires pour combler l’écart de 2,7 M$ entre l’estimation révisée des coûts de conception-construction et la plus basse soumission retenue. En pourcentage, l’écart de prix est de 28 %.

Ils serviront également à payer des «extras» nouvellement autorisés et défrayer «le coût de certains équipements requis pour la mise en opération du bâtiment», précise-t-on.

À sa première inscription au PTI, il y a 4 ans, le projet du Musée Armand-Frappier devait coûter 5 275 000 $. Le budget a été revu à la hausse une première fois à 8,5 M$ (2017-2019), puis à 10,1 M$ en 2019-2021.

Délais et extras

Le paiement d’«extras» vise les services professionnels intégrés d’architectes, ingénieurs-conseils et architectes paysagistes de la firme CIM-Conseil. Celle-ci justifie des honoraires supplémentaires de 195 952 $ pour la réalisation des 3 dernières phases prévues au premier contrat adjugé à l’hiver 2017. Une hausse de l’ordre de 63 %.

Précisons que le Centre des biosciences, qui devait être occupé pour décembre 2018, ne sera finalement mis en chantier qu’au printemps 2020 pour une livraison en août 2021.  À cela s’ajoute l’allongement de près de 60 % de la durée prévue des travaux de construction, ce qui occasionne des frais pour CIM-Conseil chargé, entre autres, de la surveillance du chantier.

Quant à la phase initiale de conception du projet qui est pratiquement complétée, un «extra» de 90 000 $ avait déjà été avalisé, augmentant de 24 % le coût des honoraires.

À cet égard, le cabinet du maire rappelle «que les conditions du site étaient inconnues au moment du lancement de l’appel d’offres pour les services professionnels. Cela a eu des impacts sur la superficie du bâtiment planifiée. Un concept de trois étages a été requis pour favoriser une implantation optimale du bâtiment.»

Projet en évolution

Contrairement au sort qu’il avait réservé au projet du complexe aquatique, à pareille  date l’an dernier, le comité exécutif n’a jamais considéré la possibilité de rejeter les soumissions, annuler l’appel d’offres et renvoyer le Bureau des grands projets à la table à dessin.

«D’abord, le projet a évolué dans le temps, s’est précisé et a nécessité des ajustements», fait valoir la porte-parole du cabinet du maire, Valérie Sauvé, pour expliquer ce bond de 5 275 000 à 13 879 400 $ depuis 2016.

«Au départ, c’est l’organisme [Musée Armand-Frapppier] qui assurait la maîtrise d’œuvre et il avait estimé la construction à 5 M$», rappelle-t-elle avant d’ajouter qu’au moment de prendre le relais, la Ville a constaté l’absence de «plusieurs éléments importants, justifiant ainsi des augmentations de coûts».

Soulignons qu’à cette époque, en 2014, le maire Marc Demers s’était engagé à allonger la somme d’un million de dollars pour la relocalisation du Musée sur le site du Cosmodôme, là où il sera aménagé, ressuscitant du coup ce projet en dormance depuis quelques années. Les paliers de gouvernement supérieur devaient alors régler 80 % de la facture totale.

Coût de construction

La porte-parole de la Ville, Anne-Marie Braconnier, attribue le coût de construction excédant de 28 % l’estimation ajustée (avant l’ajustement lié à l’analyse des risques, la plus basse soumission était 39 % supérieure) «à différents facteurs, dont la saturation du marché» dans la région du Grand Montréal. Au cabinet du maire, on chiffre à plus de 10 % la hausse de l’inflation affectant le marché institutionnel depuis 2017.

«En moyenne, si on compare avec les coûts de construction de nos récentes infrastructures, comme la caserne 5 [dans Saint-François] et les centres communautaires Lausanne et Sainte-Dorothée, notre écart véritable se chiffre plutôt à 2 %», illustre Mme Sauvé.

Patrimoine Canada

Afin de l’«aider à payer cette infrastructure», la Ville a déposé en février une demande à Patrimoine Canada pour qu’il rehausse la subvention déjà annoncée. On souhaite que l’octroi de 2,7 M$ soit majorée à 4,55 M$.

Rappelons qu’en janvier 2018, la contribution promise par Ottawa permettait de réduire de 8,4 à 5,7 M$ la facture à assumer par la Municipalité.

Si le ministère du Patrimoine canadien se rendait à la demande de la Ville, le nouveau Centre d’interprétation des Biosciences Armand-Frappier coûterait aux contribuables lavallois 9,3 M$, à savoir 67 % du coût total. Dans le cas contraire, c’est plutôt 11,2 M$ que Laval devra allonger, soit 80.5 % de l’ensemble du projet.

Enfin, considérant qu’on avait répondu à l’ensemble de nos questions, la Ville ne voyait pas ce que la directrice du Bureau des grands projets, Marie-Claude Le Sauteur, à qui nous aurions souhaité parler, aurait pu ajouter de plus.

Rapport accablant

En juin, la vérificatrice générale de Laval, Véronique Boily, avait relevé de nombreuses déficiences dans la gestion des grands projets inscrits au Programme triennal d’immobilisations (PTI) de la Ville.

Le Centre d’interprétation des Biosciences Armand-Frappier et le complexe aquatique étaient au nombre des cinq projets majeurs passés sous la loupe.

Vérificatrice générale de la Ville, Véronique Boily. (Photo 2M.Media – Archives)

Le rapport est accablant envers le Bureau chargé d’encadrer la réalisation des grands projets dans le respect des échéanciers et des budgets.

On y apprenait, entre autres, l’absence de «dossier de présentation stratégique». À l’étape de l’avant-projet, ce document doit normalement inclure la description de la situation existante, l’identification des besoins et bénéfices attendus, l’ordre de grandeur budgétaire, l’identification sommaire des risques, une évaluation de la complexité de réalisation du projet et un échéancier préliminaire sommaire

Le dossier d’opportunité (étude des besoins, acceptabilité sociale, localisation de sites potentiels, analyses des bénéfices et des risques, coûts d’immobilisation et d’exploitation, échéancier préliminaire, etc.) sur lequel repose la phase de démarrage est inexistant pour quatre des cinq projets examinés.

Idem pour les consultations publiques que le Cadre de gouvernance prévoie aux étapes de démarrage et de planification des projets. «Cette absence d’analyse empêche de bien évaluer la capacité de la Ville à réaliser les différents projets», note la vérificatrice.

Elle ajoute que de façon générale, l’ensemble des frais n’est pas considéré dans le coût total d’un projet.

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Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, Stéphane.st-amour@2m.media , 450-667-4360 poste : 3523

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