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Environnement

Eaux usées: 5,5 rejets par jour

En 2019, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) a recensé, seulement à Laval, pas moins de 1999 déversements d’eaux usées non traitées dans les cours d’eau et rivières ceinturant l’île, soit une moyenne de 5,5 rejets par jour.

Chaque épisode de surverses a duré un temps moyen de 5 heures 37 minutes pour un grand total de 10 738 heures de déversements d’eaux d’égout dans la nature, et ce, en une seule année.

Les usines d’épuration de Montréal ont beau traiter un volume d’eaux usées quatre fois plus élevé qu’à Laval, les 1873 débordements observés l’an dernier dans la métropole y sont non seulement moins nombreux, mais également de plus courte durée. Ces déversements durent en moyenne deux heures moins longtemps à Montréal qu’à Laval.

En l’espace de 12 mois, à Laval, le nombre de surverses a augmenté de 23 % et leur durée a presque doublé, en hausse de 91 %.

Voilà un exemple probant de débordement d’eau d’égout dans le ruisseau la Pinière. Le 21 mai 2019 (photo de gauche) où il n’y a pas de surverse et, deux jours plus tard, le 23 mai, jour de surverse. Cette journée-là, on avait enregistré 13mm de pluie. (Photo tirée du document «Quand nos égouts débordent»)

Carte interactive

Ces informations, le Courrier Laval les a trouvées en quelques clics sur la carte interactive des déversements d’eaux usées au Québec dévoilée par la Fondation Rivières, le 28 septembre.

«La population doit savoir où se situent les quelques 60 000 déversements par année et l’évolution dans chaque municipalité», explique le directeur général André Bélanger.

C’est ainsi que les 870 stations d’épuration et 4684 ouvrages de surverses que comptait la province l’année dernière y sont répertoriés.

M. Bélanger explique que des comités de citoyens avaient l’habitude de s’enquérir du nombre de déversements dans leur région auprès de la Fondation, ce qui exigeait beaucoup de recherche. «Aujourd’hui, tout est à portée de main», poursuit-il en soulignant l’apport colossal de Jean-Hugues Roy, professeur à l’École des médias de l’UQÀM, et ses étudiants au programme de journalisme. Ces derniers ont colligé, traité et harmonisé une mer de données produites depuis 2011 par le Ministère qui, en 2017, modifiait sa méthodologie de mesure sur le terrain.

Indice d’intensité

Aux relevés ministériels chiffrant le nombre de déversement à travers les divers ouvrages de surverses et leur durée en minutes s’ajoute un nouvel indice, celui-là développé par la Fondation Rivières.

Il s’agit d’un indicateur d’intensité des débordements mesurant «l’ampleur relative» de chacun des rejets. Cet indice tient compte du débit de conception de la station d’épuration, la capacité des ouvrages de surverses qui débordent, c’est-à-dire la quantité d’eau en mètres cubes qui y transite par jour, et bien sûr la durée de chacun des déversements.

«[Cela] permet de dresser une liste des municipalités où il faut intervenir de toute urgence pour colmater les brèches, fait valoir M. Bélanger. Les citoyens ont maintenant l’outil qu’il leur faut pour exiger que leur municipalité et le MELCC s’attaquent au problème.»

Qui plus est, cette pondération permet de comparer avec justesse les municipalités entre elles, voire tenir un palmarès des villes les plus et les moins performantes en termes d’assainissement des eaux usées municipales. Suffit de normaliser les données par le nombre d’habitant et le tour est joué.

Cinq fois pire à Laval

L’indice d’intensité révèle une situation cinq fois pire à Laval qu’à Montréal.

«La grosse différence entre Laval et Montréal, c’est qu’à Laval il y a beaucoup plus de nouveaux développements. Et quand on développe, on ne fait pas d’ajustements aux stations [d’épuration]», explique le dg de la Fondation Rivières.

Questionné quant à la fiabilité de cet indice d’intensité, André Bélanger affirme que la méthode a été dûment testée et éprouvée. «On a été validé nos données sur le terrain auprès de 50 municipalités et ça concordait à 100 %.»

Cette validation s’est faite parallèlement à une vaste étude menée sur trois ans qui ciblait 130 villes bordant cinq grands bassins versants dont la rivière Richelieu, en Montérégie.

Incidemment, le portrait qui en est ressorti ce printemps établissait que 7 municipalités sur 10 contaminaient toujours les rivières, suscitant du coup la mobilisation de 45 organisations dont le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval et le Parc de la Rivière-des-Mille-Iles.

Dans une lettre ouverte adressée au premier ministre François Legault et ses ministres Benoit Charette (Environnement) et Andrée Laforest (Affaires municipales), ces organisations réclamaient un grand chantier de l’eau propre pour mettre à niveau les systèmes d’assainissement et régler les problèmes de surverses, lesquels contribuent à transformer les cours d’eau de la province en «égouts à ciel ouvert».

À lire également: Eaux usées: la Ville réagit

À lire également: Quand nos égouts débordent…

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Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, sstamour@2m.media, 450-667-4360 poste : 3523

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