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Des Syriens francisés dans leur milieu de travail

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Des Syriens francisés dans leur milieu de travail

NOUVEAUX ARRIVANTS. Six réfugiés syriens ont reçu leur cadeau de Noël avant tout le monde, le 1<+>er<+> décembre. Ces employés de l’entreprise Industrie de Palettes Standard (IPS) Inc. ont obtenu une attestation de formation en francisation dans leur milieu de travail.

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Ils ont terminé le premier niveau en français, en participant au programme QUALIFICACTION, le service aux entreprises de la Commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier (SWL), et son partenaire Emploi-Québec Laval.  

Secret de l’intégration

Raed Béchara, propriétaire de l’entreprise IPS, et son vice-président, Jean Kallas, croient fermement que l’adaptation des nouveaux arrivants passe par l’emploi et la francisation.

«J’ai à cœur d’embaucher des personnes issues de l’immigration, dont plusieurs réfugiés syriens, afin de leur offrir l’occasion d’intégrer rapidement le marché du travail», souligne M. Béchara.

Jean Kallas, d’origine libanaise, affirme que l’apprentissage du français est sans aucun doute un atout important pour une intégration réussie, autant sur le plan social que professionnel.

Un grand défi

L’enseignante Fatiha Ouzid, originaire de l’Algérie, s’est déplacée sur les lieux de travail de ces réfugiés syriens. «Au début, ils n’étaient pas vraiment motivés à suivre des cours de français, souligne Mme Ouzid. Ils ne voyaient pas la nécessité d’apprendre la langue, car ils avaient un travail.

«Le français n’est pas facile pour eux. Moi-même immigrante, je les comprenais. Ils arrivaient d’un pays en guerre. Mon grand défi était beaucoup plus un travail social que d’enseignement», ajoute celle qui travaille pour Immigration Québec en donnant des cours de français aux adultes depuis 2008.

L’horaire est établi en tenant compte des contraintes de l’entreprise et du travailleur. «Ils ont appris la base du français en s’identifiant, remplissant des formulaires, demandand un service, à se localisant, etc., mentionne l’enseignante. Vers la fin, on a vu le vocabulaire adapté à leur emploi. Ils voulaient demander les choses en français en disant:  « j’ai besoin des outils, d’un marteau et des gants ».»

Accueil chaleureux

Deux des heureux élus, Elias, 25 ans, et George, 29 ans, se sont confiés au Courrier Laval. Ils ont notamment trouvé difficile d’arriver dans un pays, dont il ne parlait aucun mot de français. Toutefois, ils n’ont pas eu trop de difficulté à apprendre la langue de Molière. Ils ont également adoré la grande générosité et l’accueil chaleureux des Québécois.

Elias, qui est arrivé au pays il y a à peine 10 mois, admet que l’un des plus beaux mots qu’il a appris est respect. «Je t’aime et générosité sont aussi beaux», ajoute-t-il avec un large sourire. Pour sa part, George considère que tous les mots sont beaux. «Je me suis bien adapté. Ce ne fut pas très difficile», mentionne celui qui a quitté sa ville d’origine Asaka, au nord de la Syrie.

Motivés à apprendre encore plus le français, les deux hommes s’inscriront au deuxième cours en francisation. Ils parlent déjà l’arabe et l’anglais.

 

Haroutian Aleksanian, Pierr Maher Zahlani, George Boulos, Jacaman Butros, Elias Naasaneh et Rabei Saman posent en compagnie de leur enseignante et du propriétaire de IPS, Raed Béchara.
Haroutian Aleksanian, Pierr Maher Zahlani, George Boulos, Jacaman Butros, Elias Naasaneh et Rabei Saman posent en compagnie de leur enseignante et du propriétaire de IPS, Raed Béchara.  ©Photo – Vincent Graton

Pays en guerre

Elias ne conserve pas d’excellents souvenirs de sa ville Alep, où la guerre sévit. Rappelons que c’est là que l’on retrouve l’État islamique, une organisation terroriste, militaire et politique d’idéologie salafiste djihadiste.

Élias était un ingénieur en environnement dans son pays. Il aimerait bien pouvoir trouver un emploi dans son domaine d’ici quelques années. «Je pense qu’en parlant français et en suivant des cours de perfectionnement, mes chances sont bonnes.»

George, diplômé en littérature anglaise, caresse aussi le rêve de pouvoir un jour travailler dans son domaine. «Pour l’instant, je ne peux pas, car je dois travailler, afin de subvenir aux besoins de ma famille.»

Un premier Noël

Les deux hommes ont bien hâte de célébrer leur premier Noël au Québec loin des explosions et des tirs. Ils ne trouvent pas qu’il fait trop froid et ont apprécié ce premier contact avec la neige. «Nous irons à l’église avec des amis et de la famille. Nous dégusterons des mets syriens et de bons desserts», assurent-ils.

«Nous tenons à remercier le gouvernement du Québec et du Canada. On ne se sent pas étrangers», terminent-ils.

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