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Débat autour du paiement comptant de 45 M$

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Complexe aquatique

Débat autour du paiement comptant de 45 M$

La décision de payer comptant la construction de l’éventuel complexe aquatique a suscité un débat au dernier conseil municipal avant d’être adoptée dans la division.

Les deux partis d’opposition y voient un subterfuge visant à soustraire du processus d’approbation référendaire le controversé projet, alors que le parti au pouvoir fait valoir une saine gestion des deniers publics.

Antidémocratique

«Payer comptant à partir des réserves [financières], c’est enlever le droit aux citoyens de se prononcer sur un règlement d’emprunt, a dénoncé le chef du conseil d’Action Laval, Michel Poissant. Je trouve ça antidémocratique. Une façon de dire: « on va le faire coûte que coûte même si c’est au-dessus de nos moyens »».

Même son de cloche du côté de Parti Laval.
«On comprend pourquoi l’administration Demers fait ça, a renchéri le conseiller Claude Larochelle. Elle a fait la même affaire avec la Place Bell: on avait sorti 150 millions cash. Ça évite, comme monsieur Poissant l’a expliqué, un règlement d’emprunt et une consultation citoyenne sur ce règlement d’emprunt.»

Si la première et seconde opposition reconnaissent le bien-fondé de limiter le recours aux emprunts, le paiement d’infrastructures à même les surplus engrangés par la Ville au fil des ans ne doit toutefois pas se faire au détriment des contribuables, soutiennent-elles.

Grossier

Vice-président du comité exécutif, Stéphane Boyer a qualifié de «grossier» le fait de «laisser entendre qu’on veut payer comptant pour éviter une consultation publique et pour by-passer les droits démocratiques».

Cette stratégie financière ciblant des projets figurant au programme triennal d’immobilisations (PTI) a cours à Laval depuis plusieurs années, a-t-il rappelé.

«On la propose aujourd’hui, on l’a fait dans le passé et on le fera aussi dans le futur parce que c’est de la bonne gestion et ça nous permet d’économiser des montants importants», a enchaîné M. Boyer, qui chiffre à 1,3 M$ les frais d’intérêts annuels liés à un emprunt de 45 M$.

Le maire Marc Demers a aussi balayé du revers de la main les attaques de ses opposants, affirmant que l’affectation de 45 M$ des surplus est parfaitement conforme à la Politique de gestion des réserves financières, de l’excédent de fonctionnement non affecté et provision pour dépenses imprévues.

«La suggestion de payer ça comptant vient de la Direction générale et de l’équipe des Finances; ça n’a jamais fait l’objet de discussion de la part du politique.»

Demers réplique à Trottier

En réplique au grief du chef de l’opposition officielle, Michel Trottier, qui lui a de nouveau reproché son refus de soumettre en 2016 le projet de complexe aquatique au processus de consultations publiques, le maire a laissé entendre qu’il avait fait mieux que ça.

«On l’a mis dans le plus grand projet d’approbation des citoyens: notre programme électoral, a-t-il dit en évoquant la campagne municipale de 2017. Si les citoyens n’en avaient pas voulu, on n’aurait pas été élus. C’est aussi simple que ça.»

À la différence près que le projet qui devait coûter 58 M$ est passé aujourd’hui à 76 M$, a tenu à nuancer le conseiller municipal de Saint-Bruno, David De Cotis, alors bras droit de M. Demers en 2017. «[Les électeurs] ont aussi voté pour le Centre animalier et pour la Grande bibliothèque», a ajouté M. De Cotis, tout en rappelant que ces deux engagements avaient disparu de l’écran radar en 2019.

Geste transparent

Spécialiste en gestion municipale et métropolitaine, la professeure associée à l’UQÀM Danielle Pilette cautionne la décision de l’administration Demers de payer 45 M$ comptant le complexe aquatique. Et ce, même si elle concède que cela prive les Lavallois du levier démocratique que constitue la tenue d’un registre lié à tout règlement d’emprunt.

«Sur le principe de la transparence, je préfère que les excédents servent à payer un seul gros équipement. Cela m’apparaîtrait beaucoup plus douteux si on saupoudrait ces surplus à travers plusieurs projets.»

Évoquant la «suspicion générale» que suscitent les excédents de fonctionnement de plusieurs dizaines de millions dans les Villes, il est toujours plus sage de les affecter d’un seul bloc de manière à ce qu’on ne perdre pas la trace de ces surplus, termine-t-elle.

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Commentaires

Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, sstamour@2m.media, 450-667-4360 poste : 3523

1 commentaire

1 commentaire

  1. Aram Elagoz

    21 février 2020 à 9 h 41 min

    Emprunter=payer des interets ! Payer comptant=gestion responsable !

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