Mis à jour le 06 juillet 2026 à 17h47
Avec 5379 signalements en 2025-2026, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de Laval observe une baisse de 0,6% par rapport à l’année précédente.
En 2024-2025, le total pointait plutôt à 5411 signalements traités.
Il s’agit de la première diminution observée dans les bilans annuels de l’organisation lavalloise depuis 2020-2021, année marquée par la pandémie de la COVID-19. Avant cela, il fallait remonter à 2016-2017 pour constater une baisse.
Jean-François Payette, directeur de la protection de la jeunesse chez Santé Québec Laval, note que plusieurs facteurs peuvent expliquer cette diminution.
«Il y a eu 5379 signalements pour 4379 jeunes, explique-t-il. Le millier de différence, ce sont des jeunes qui ont été signalés plus d’une fois. La bonne gestion de notre liste d’attente permet d’avoir moins de signalements pour un même jeune. Il y a aussi nos services de proximité – avec un seul centre – qui permet de se concerter plus rapidement.»
Le nombre de signalements retenus est également à la baisse, puisqu’il est passé de 1865 à 1642 entre les deux dernières éditions du bilan.
Autres données
À Laval, les organismes communautaires sont ceux ayant fait le plus de signalements à la DPJ avec 33,17% du total. Ils devancent le milieu scolaire (31,49%), le milieu policier (20,55%), les familles (8,29%) et l’entourage (5,08%).
Parmi les signalement retenus, 558 sont pour abus physique ou risque sérieux d’abus physique. Ce nombre est loin devant les 406 signalements pour des expositions à la violence conjugale qui vient au deuxième rang.
La négligence ou le risque sérieux de négligence (355), les abus sexuels ou le risque sérieux d’abus sexuels (149), les troubles de comportement sérieux (92) et les abandons (4) complètent ce triste palmarès.
Par ailleurs, 41,1% des jeunes visés par un signalement à Laval font partie de la tranche des 6 à 12 ans.
«C’est un bassin très large et c’est le début du primaire, rappelle M. Payette. Souvent, c’est là que les yeux sont posés pour une première fois sur les enfants s’ils ne sont pas allés en CPE. C’est là qu’on voit les écarts et si plus d’encadrement doit être fait. C’est le moment où apparaissent les premières difficultés.»
Approche plus humaine
Malgré cette diminution du nombre de signalements, ce bilan annuel de la DPJ montre qu’il y a encore du travail à faire pour aider les jeunes.
«L’objectif est d’aller plus loin dans la promotion et prévention, puis d’investir dans le soutien et les programmes pour accompagner les parents, poursuit Jean-François Payette. On veut dépister plus tôt […] pour que la DPJ soit le dernier maillon de la chaîne qui demeure une loi d’exception.»
Il précise que son message n’est pas de moins signaler, mais bien de mettre en place des mesures qui permettront de détecter et corriger certaines préoccupations en amont.
Plusieurs efforts ont également été faits au Centre jeunesse de Laval depuis quelques années. Santé Québec Laval souhaite y offrir une approche et culture qui sont beaucoup plus humaines.
«On a formé 96% de notre personnel sur l’application des mesures de contrôle et au caractère exceptionnel de celles-ci, explique le directeur de la protection de la jeunesse. Ça devrait être le dernier outil à utiliser. On commence aussi à implanter l’approche centrée sur les traumas, nommée Pingouin pour les plus jeunes et Polaris pour les plus grands.»
La réfection du centre jeunesse est aussi au cœur de cette nouvelle vision. Ce projet prioritaire du milieu de la santé lavallois est évalué à 267 M$. Il a été ajouté au Plan québécois des infrastructures 2026-2036.
Pour l’instant, un financement de 2,8 M$ a été alloué afin de lancer les premières étapes.
«On va pouvoir aller plus loin encore cette année dans la rénovation de nos salles d’isolement, d’apaisement ou de retrait pour les rendre plus chaleureuses, conviviales et mieux adaptés aux besoins de nos jeunes. On a aussi rehaussé notre système de sécurité à l’interne. On va pouvoir ajouter un système de caméras.»
Selon lui, cela va permettre aux jeunes de «se sentir plus en confiance» et avoir «moins de craintes» à vivre dans ce milieu. Il en va de même pour les employés de l’endroit.
Attirer du personnel
On comprend ainsi que le mot d’ordre de la Direction de la protection de la jeunesse de Laval est de poursuivre le travail amorcé en modernisant ses pratiques et offrant des milieux de vie plus stimulant pour les jeunes vulnérables.
Jean-François Payette a aussi l’objectif d’attirer davantage de personnel à travailler en centre de réadaptation pour jeunes en difficultés.
«Il y a beaucoup de pression sur les équipes en raison de la rareté de main d’œuvre et des besoins. Même s’il y a une stabilité du nombre d’évaluations et de signalements, nos centres sont à peu près toujours à pleine capacité. On a besoin d’énormément d’heures pour répondre aux besoins des jeunes», complète M. Payette.
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