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Amende de 2500 $ pour les quatre ans d’enfer d’Annie

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Amende de 2500 $ pour les quatre ans d’enfer d’Annie

SOCIÉTÉ. Accusé au criminel de voies de fait graves, proxénétisme et autres chefs sérieux, le souteneur d’Annie (nom fictif) s’en sera tiré avec une simple amende de quelques milliers de dollars après l’avoir violentée et exploitée sexuellement durant quatre ans.

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Cette histoire est semblable aux centaines d’autres qu’a entendues l’agente Marlène Langevin, une policière ayant facilité l’implantation du programme de prévention et sensibilisation à l’exploitation sexuelle Les Survivantes, il y a quatre ans.

«Aujourd’hui, tandis que la fille a subi un sévère traumatisme psychologique et physique, ce gars-là continue d’œuvrer dans le milieu des gangs de rue, de prévenir l’agente Langevin. Il a même pas mal monté en grade!»

Scénario classique

Annie grandit dans une famille normale. Certes, ses parents ont divorcé. Sa mère travaillant à l’extérieur du pays, elle vit avec son père. Responsable à 17 ans, elle achève ses études du secondaire en cumulant deux jobs. C’est une jeune femme timide, peu sûre d’elle-même.

«Tout est là! d’insister Mélissa Carrera, qui s’occupe aussi des Survivantes depuis trois ans. La constante majeure demeurera toujours l’estime de soi. Les pimps savent cibler les carences et essaient de les remplir.»

À l’école, une «éclaireuse et recruteuse» remarque sa réserve et sa beauté. Elle se lie d’amitié avec Annie et l’invite à une fête où elle lui présente John (nom fictif). Celui-ci est trop gentil. Des mois durant, il l’invite au cinéma, l’amène au restaurant, sans jamais coucher avec elle. Il sait qu’Annie a besoin de beaucoup d’argent.

«Tu travailles trop fort, lui souffle-t-il à l’oreille. J’ai une proposition qui va te faire gagner plus d’argent et beaucoup plus facilement.»

Les débuts

John entraîne Annie dans un bar de danseuses pour une sortie de plaisir se voulant banale. «Regarde, t’es plus belle et mieux faite que toutes ces filles. Tu pourrais tout lâcher et faire le double d’argent!» Une étrange «collègue» s’est assise avec eux.

Le lendemain, celle-ci amène la jeune femme, avec 700 $ en poche, un cadeau de John, pour la guider dans ses achats: souliers et vêtements sexy inhabituels pour la jeune femme.

Le soir même, un chauffeur passe les prendre pour les amener vers un bar de région. En chemin, Annie est interloquée quand sa récente amie s’arrête dans une pharmacie et ressort avec des serviettes humides et une boîte de condoms. Elle a beau protester qu’elles n’auront pas besoin de ça, l’autre se moque de ses protestations. «Là, l’indice de stress s’installe et augmente considérablement quand elle doit danser pour une première fois autour d’un poteau devant plein d’hommes qui la regardent, de dire Mélissa Carrera. Elle n’arrête plus de trembler pendant qu’on lui fait boire des bières et shooters

Quand elle se rendra dans un isoloir, le client lui réclamera une fellation. Elle ne comprend pas pourquoi et s’en ouvre à son amie. Cette dernière lui réplique «Oui, oui, vas-y!» avant de l’accompagner et de rester dans la porte de l’isoloir pour surveiller Annie, qui n’aura d’autre choix que de s’exécuter. Après cette première fois, malaise et vomissement seront ses réactions. Annie appelle son chum. Il lui dit de rentrer au motel avec le chauffeur, où il ne l’attend pas tel que prévu. Au lever, John lui dit de la rejoindre dans un appartement miteux de Montréal. «Il lui dit qu’elle est une pute, qu’elle a sucé une graine et ne peut pas retourner chez elle. Il lui ordonne d’appeler son père pour lui dire qu’elle ne retournera plus chez lui, qu’elle vit désormais avec son copain qu’elle aime. C’est la coupure et l’isolement total qui débute.»

Routine et déchéance

Les bars «à gaffe», où les filles répondent plus aux exigences sexuelles du clientqu’à l’appel du plancher de danse, deviendront le quotidien d’Annie durant quatre ans. Son souteneur s’occupe de quatre filles en même temps. Quand l’une se rebelle, il donne rendez-vous aux trois autres à son appartement et la bat devant elles, du poivre de Cayenne à la main.

Annie, la favorite, est épargnée. John lui répète sans cesse: «T’es ma femme, ma wife!» après lui avoir inculqué un code de conduite strict: ne pas consommer ni drogue ni boisson et interdiction de regarder les autres garçons.

Le choc

Un jour, Annie lit qu’un Américain a traversé la frontière avec une de ses collègues, l’a amenée sur sa ferme et l’a décapitée. Sa décision est prise sur le champ. Elle contacte une amie dont elle est sûre et commence à élaborer chez elle un sac de voyage, tout en planquant des papiers compromettants pour son proxénète. Dans son plan de départ, elle est persuadée qu’elle pourra déclarer ses états d’âme à John. «Je suis sa femme, je vais lui dire que je ne suis plus bien là-dedans et que je veux partir», rapporte Mélissa Carrera.

Quand il apprend la nouvelle, John rosse sauvagement Annie à coups de poings et de chaise. Il convoque le reste de son harem et poursuit la correction de sa préférée avec ses pieds au visage. Quand il sort la bonbonne de poivre, Annie s’écrie: «Non! Je rencontre ma mère demain. Si elle voit ça, elle va appeler la police.»

La jeune femme attendra sa mère chez elle et quittera en sa compagnie pour ne plus jamais revenir sous le joug de son bourreau. Elle prétextera un déménagement aux États-Unis.

Quand John tentera de la récupérer, allant jusqu’à proférer des menaces envers son frère, Annie déposera finalement une plainte et débutera une convalescence encore inachevée à ce jour.

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Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

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