Mis à jour le 29 janvier 2026 à 14h14
Dès l’ouverture des portes, plus de 100 personnes ont convergé vers les 8 stations d’information d’une première consultation publique tenue le mercredi 28 janvier à Laval sur le futur TGV qui reliera à termes Toronto et Québec.
Que les gens soient venus de Laval, Montréal ou la Rive-Nord, le corridor emprunté par le train demeurait le principal centre tout autant d’intérêt que d’inquiétude chez eux, alors qu’ils déambulaient parmi différents experts rassemblés dans une salle de l’Hôtel Sheraton Laval, à Chomedey.
«C’est une première consultation qui nous laisse sur notre faim, de confier Lisette et Jean-Claude, un couple âgé de 80 ans habitant Saint-François. À notre âge, la grande question, c’est qu’est-ce qu’on va faire avec la maison? Peut-on vendre alors qu’une expropriation nous pend peut-être au-dessus de la tête? Ou notre maison prendra-t-elle de la valeur si on sait que le TGV passe tout près? Bien sûr, on se doutait qu’ils [Alto] sont ici pour prendre en note les plus et les moins du monde, avant d’arriver avec un projet plus précis.»
Rappelons que le premier tronçon du TGV reliera Ottawa et Montréal, en passant par Laval.
Or, le premier rail du projet ne devrait pas voir le jour avant 2029, voire 2030; et le premier transport ne devrait pas devenir fonctionnel avant 2037.

Corridor à déterminer
Pour l’instant, Alto pense un corridor large d’une dizaine de kilomètres, pouvant accueillir le futur tracé dont un premier jet doit être présenté en fin d’année.
Cette largeur de corridor devrait se réduire jusqu’à l’essentiel au fil des sons de cloche entendus pendant cette série de consultations publiques amorcées à Montréal et Laval.
Les grandes lignes sont connues, soit se coller autant que possible aux infrastructures existantes (voies ferrées, autoroutes) et lignes de haute tension électrique, en évitant les milieux humides et zones densément peuplées.
Parmi les autres 7 stations auxquelles la population pouvait s’informer et poser ses questions, mentionnons une présentation générale du projet, l’enjeu environnemental, les questions de sécurité, l’impact sur le développement socio-économique, l’expérience client à venir dans les stations et trains du TGV, les relations avec les autochtones, ainsi qu’une carte interactive des détails locaux du projet.
Gare à situer
À part le futur tracé où passera le TGV, l’autre grande interrogation demeurait certes le futur emplacement de sa gare en sol lavallois.
Si la plupart des gens interrogés voient une logique dans son ajout au portrait du centre-ville en pleine formation, soit le périmètre central allant de l’hôtel de ville, sis boulevard du Souvenir, à l’Espace Montmorency, avec un intérêt certain pour les alentours directs du Carrefour Laval; il semble que le secteur ciblé initialement se situerait plus à l’est, dans une vaste enclave comprenant les boulevard des Laurentides, boulevard Laval, de la Concorde et Saint-Martin, en prenant pour point central l’avenir incertain de l’ancien cinéma Guzzo et son stationnement, dans Pont-Viau.
«C’est certain que pour une connexion avec Montréal, une gare avoisinant le Carrefour Laval semble appropriée, mais il est vrai que ce coin de Pont-Viau mériterait une telle revitalisation, d’observer Martijn, un citoyen de Saint-Vincent-de-Paul âgé de 33 ans et conseiller à l’Association québécoise des transports. Dans la même logique et plus près de chez moi, je n’exclurais pas la zone entourant le vieux pénitencier. Pour ma part, je suis le projet avec intérêt depuis le début et je suis venu pour avoir une meilleure idée des études et de sa progression. Là, c’est sûr que le corridor proposé ratisse plus large que nécessaire. Beaucoup de gens sont inquiets, mais on devrait le concentrer davantage avec le temps.»
Beaucoup d’optimisme
Parmi les visiteurs en matinée, l’ex-candidat à la mairie de Laval Claude Larochelle faisait partie des intéressés, et comme la grande majorité des gens croisés, le résident de Fabreville demeurait des plus optimistes face au projet, malgré certaines réserves naturelles.
Claude Larochelle espère notamment que certains des passages à grande vitesse reliant Laval et Montréal soient suffisamment accessibles afin de soulager la surpopulation de la ligne orange du métro.
«C’est réellement un très beau projet pour Laval et cette trentaine de passages quotidiens du TGV représente une chance unique de désengorger le transport vers Montréal, affirme celui qui est toujours chef du Parti Laval. Également, comme grand utilisateur de l’avion Montréal-Toronto, cette arrivée est une amélioration en confort et rapidité de trajet. Bien sûr, va falloir utiliser au maximum les emprises actuelles; mais aussi, va bien falloir passer quelque part et il y aura un prix à payer qui ne doit pas dépasser les dividendes que notre population va y gagner.»
Et beaucoup d’inquiétude
Dans cet exercice qui s’est poursuivi, entre autres, à Brownsburg-Chatham, il ne faut pas négliger le traumatisme de nombreux résidents des Laurentides qui ont connu leur lot d’expropriations improvisées jadis quand on a construit l’aéroport de Mirabel, comme en témoignait un nombre important de Laurentiens et Laurentiennes présents à la rencontre publique de Laval.
«Depuis que nous savons que le changement de tracé du TGV devrait passer par chez nous, cela ravive de bien mauvais souvenirs chez plusieurs d’entre nous, de témoigner Évelyne, 30 ans, de Mirabel, une travailleuse en milieu culturel à Laval. Je pense surtout aux agriculteurs et leurs mauvaises expériences par le passé; et, ce que je vois et apprend en ce moment n’est pas tellement rassurant.»
À Laval, Lise, 66 ans, de Vimont s’inquiète du sort de secteurs et bâtiments historiques, tel le Vieux-Sainte-Rose et la Maison André-Benjamin-Papineau.
«Je veux m’assurer qu’on ne touchera pas à ces joyaux de notre ville, souligne-t-elle, alors que comme Lavalloise qui travaille à Québec, il est certain que je vois la venue du TGV d’un bon œil, car le transport ferroviaire actuel est horrible. Cela sera beaucoup plus rapide, en plus d’enlever des autos sur les routes et moins d’avions dans les airs.»
Bilan satisfaisant
Deux séances d’information et consultation publiques étaient à l’agenda le 28 janvier, soir de 11h à 15h, puis de 17h à plus tard en soirée.
«Nous sommes déjà agréablement surpris de l’achalandage et l’apport des citoyens, de confier Benoit Bourdeau, directeur des relations avec les médias chez Alto. Pour nous, le plus important est de venir à la rencontre du public et d’entendre ce qu’ils ont à dire sur le projet.»
«La consultation sur le projet de TGV présentée hier s’est bien déroulée, d’ajouter de son côté Achille Cifelli, chef d’Action Laval, après son passage. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que la priorité était clairement mise sur l’écoute des citoyens locaux et sur la prise en compte de leur point de vue. Tous les enjeux seront abordés ouvertement, notamment le bruit lié au passage du train, le tracé dans les secteurs plus densément peuplés, et les impacts locaux. En conclusion, j’ai compris que beaucoup d’efforts sont déployés dès maintenant afin de faire de ce projet un succès, tout en le rendant réaliste et abordable.»
«La confirmation que Laval aura sa gare sur le tracé du futur TGV entre Toronto et Québec est une excellente nouvelle, de déclarer pour sa part le maire Stéphane Boyer. Comme 3e plus grande ville au Québec et dans les 15 plus grandes villes au Canada, c’est bon pour notre économie, notre mobilité et pour la société. L’étape de consultation est importante et pour moi l’écoute des préoccupations des citoyens démontre le sérieux de la démarche. On restera vigilant, il y aura certains défis en cours de route, mais la collaboration est excellente. Ultimement, l’objectif final sera une offre de transport efficace et confortable à nos citoyens.»
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