Mis à jour le 30 janvier 2026 à 17h26
Sasha a 16 ans. Elle a une déficience intellectuelle. Quand elle était petite, elle a vécu un traumatisme en allant chez le dentiste.
S’en est suivi une phobie intense de tout ce qui ressemblait à l’octroi de soins de santé. Elle n’a accepté aucun soin pendant les cinq années qui ont suivi.
«Ça s’est mis à m’inquiéter beaucoup et ça posait un risque pour sa santé, note sa mère Élise Crevier. J’ai entamé un processus de désensibilisation avec des professionnels à la maison. Chaque jour, on jouait au dentiste à la maison.»
Des instruments ont été apprivoisés, comme la brosse à dent électrique et de petits miroirs. La petite famille a même installé une chaise de plage inclinable dans le salon pour reproduire les installations d’une clinique dentaire.
«L’idée était vraiment de la préparer et qu’elle s’habitue à tout cela, mais ce n’était toutefois pas gagner pour aller en clinique, poursuit Mme Crevier. C’est là que j’ai trouvé Sourires Solidaires qui ont vraiment changé le cours de notre vie.»
Des petits pas
Sourires Solidaires est un centre dentaire pédiatrique communautaire située au 2550, boulevard Daniel-Johnson, à Chomedey. Fondé par le couple de médecins Farid Amer-Ouali et Tasnim Alami-Laroussi, l’endroit offre des soins dentaires pour les enfants à besoins particuliers.
«On connait bien Sasha, mais, chaque fois que j’entends son histoire, ça me refait vivre beaucoup d’émotions, affirme Dr Amer-Ouali. C’est vraiment le but et la mission [de la clinique]. Ça va au-delà du soin. C’est toute la préparation et ce qui s’en suit.»

Lors de leurs visites, Élise et Sasha se retrouvent dans la salle d’attente… qui ressemble à une salle de jeux. Déjà, le niveau d’anxiété monte beaucoup moins. Sasha se rend ensuite dans la salle de soins où la chaise est recouverte par une couverture, faisant oublier qu’elle est chez le dentiste.
«Il y a aussi une ergothérapeute qui lui fait des pressions sur les mains, bras et la tête comme stratégies d’apaisement, ajoute Mme Crevier. On était vraiment en désensibilisation. Il n’y avait aucune pression sur l’exécution et le temps. On prenait une pause et on évaluait si on continuait. On a vraiment pu s’adapter à Sasha.»
La maman affirme que Sasha est très fière d’elle-même à chaque fois qu’elle quitte la clinique, ce qui constitue de belles victoires.
«Chaque enfant a son rythme, soutient Dre Alami-Laroussi. Nous sommes en relation avec les professionnels qui travaillent avec la famille. On s’assure d’avoir toutes les informations pour la préparation. Les patients peuvent même venir faire des visites en amont dans la clinique et, une fois en salle opératoire, on s’ajuste aux limites de l’enfant.»
La clinique compte également sur un personnel avec diverses expertises.
Ce type de services n’est toutefois pas encore répandu dans la majorité des cliniques de la province. Plusieurs patients viennent de loin pour avoir recours à leurs services. Les cofondateurs de Sourires Solidaires veulent ainsi lancer la discussion sur cet enjeu.
«On a une belle écoute de la Faculté de médecine dentaire de l’Université de Montréal, note Tasnim Alami-Laroussi. Ce n’est pas possible pour eux d’introduire d’autres professionnels dans les cliniques de l’université, donc ils nous envoient des étudiants pour qu’ils puissent se familiariser et s’exposer à des enfants avec des enjeux différents.»
«À défaut de pouvoir fournir des ressources partout, ça permet de bâtir une fondation afin de tendre vers quelque chose qui est plus inclusif, ajoute Farid Amer-Ouali. […] Ce sont des petits pas dans la bonne direction.»
Parlant de petits pas, le couple a collaboré avec Élise Crevier afin de créer un guide concernant l’acclimatation aux soins dentaires pour les enfants avec une déficience intellectuelle. Il est disponible au lespetitspasdesasha.com.
«Quand j’ai vu que ç’a fonctionné pour Sasha, je me suis dit que ç’avait été compliqué et que maintenant qu’on avait une pas pire recette, il ne fallait pas que ça tombe dans l’oubli sans donner au suivant», détaille la maman.
Soins gratuits
Une autre mission de Sourires Solidaires est d’aider la clientèle en situation de vulnérabilité. Près de 5000 enfants ont pu bénéficier de services dentaires offerts gratuitement en 2025.
Entre le 1er mai 2024 et le 30 avril 2025, ce sont 9310 rendez-vous qui ont été offerts par l’organisme à but non lucratif, représentant une valeur totale de plus de 1,3 million de dollars en soins et services.

Pour ce faire, Sourires Solidaires réutilise les fonds provenant de la clientèle payante pour les services de soins. Elle procède aussi à des démarches philanthropiques et reçoit diverses subventions pour redonner davantage aux enfants qui en ont le plus besoin.
La clinique bénéficie aussi de nombreux professionnels qui donnent de leur temps de façon bénévole afin d’encourager la mission.
«Ça démontre que les besoins sont grands [au Québec]. Nous sommes fiers de pouvoir contribuer. On fait de notre mieux pour accompagner les familles qui sont dans un contexte socioéconomique plus difficile», complète Dr Amer-Ouali.
Par ailleurs, Sourires Solidaires a lancé une nouvelle campagne de financement pour 2026. L’objectif est de récolter suffisamment de fonds pour soutenir 1900 nouveaux enfants dans le cadre de ses différents programmes de soins.
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