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Gédéon
Mary-Sylvia Gédéon, infirmière et cheffe d’unité au CHSLD Sainte-Dorothée. (Photo gracieuseté – Martin Alarie)

COVID-19

Vivre la pandémie au front en CHSLD

Au cours de la première vague de la pandémie, le Centre d’hébergement et de soins longue durée (CHSLD) Sainte-Dorothée a été l’un des milieux de vie les plus affectés du Québec. Plus d’une centaine de résidents y ont contracté la COVID-19. Mary-Sylvia Gédéon, infirmière et cheffe d’unité de l’établissement, affirme que de nombreux employés vivent encore le choc.

«Ç’a été très difficile émotionnellement, assure-t-elle. Je ne pensais jamais vivre quelque chose du genre dans ma carrière. J’ai encore tout ça en mémoire et, si j’entendais qu’un résident contracterait le virus prochainement, je paniquerais.»

Quand les premiers cas de COVID-19 ont été détectés, Mary-Sylvia Gédéon était en vacances. Elle est toutefois revenue immédiatement pour prêter main-forte à ses collègues.

«Nous avons tous notre profession à cœur, poursuit-elle. Tout ce que je voulais, c’était de soulager les résidents. Je voulais aussi apporter de l’amour à ceux qui allaient bien, car ils n’avaient plus de proches aidants.»

Aide

Pour Mme Gédéon, l’arrivée d’employés délestés a été le tournant pour l’établissement situé au 350, boulevard Samson, dans Sainte-Dorothée.

«Ils nous ont aidé à garder le cap et ont amené une dose d’espoir, note-t-elle. J’ai appris à connaître des gens extraordinaires et nous avons formé une vraie équipe. Ils n’avaient aucune expérience dans un milieu de vie, mais ils sont arrivés avec cœur.»

Certains gestes l’ont d’ailleurs marqué davantage.

«J’ai vu certains délestés chanter des chansons avec les résidents, se remémore-t-elle. Ils portaient le masque, la jaquette et la visière. Certains dansaient même dans la chambre des résidents. Ils ont vraiment apaisé la douleur que nous vivions.»

De son côté, la cheffe d’unité se souvient d’une situation particulière dont elle est très fière aujourd’hui. Alors qu’un résident était malade et fiévreux depuis quelques jours, elle l’a pris sous son aile et a tout fait pour le soutenir.

«Nous l’avons hydraté et avons modifié son alimentation pour qu’il puisse continuer, explique-t-elle. Tous les jours, sa conjointe m’appelait et pleurait au téléphone. Je ne l’ai pas lâché et il est encore là aujourd’hui. C’est tellement gratifiant, c’était un bonheur.»

Vaccination

Alors que le CHSLD Sainte-Dorothée a été épargné lors de la deuxième vague, le vaccin contre la COVID-19 est perçu comme une lueur d’espoir. Près de 90 % des résidents de l’établissement ont été vaccinés.

Mme Gédéon croit d’ailleurs qu’il est important que les citoyens participent en grand nombre à cette campagne de vaccination.

«Je respecte le choix des gens de ne pas se faire vacciner, mais pour leurs proches, leurs parents qui peuvent être âgés, c’est important. Ceux qui ne croient à la COVID-19 n’ont pas fait face à ce que nous avons vécu dans le réseau de la santé. Il ne faut pas baisser la garde.»

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