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Vieillir avec l’autisme

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Vieillir avec l’autisme

Alors que depuis 15 ans la Société de l’Autisme de Laval axe sa mission sur les jeunes, l’organisme profite du mois d’avril, dédié à la cause de l’autisme, pour sensibiliser la population à la clientèle vieillissante.

«À l’époque de notre création, les 6 à 15 ans étaient les plus nombreux, explique Germain Lafrenière, cofondateur et directeur général. Aujourd’hui, à Laval, 15 % des personnes sont âgées de 65 ans et plus, et de ce nombre, 1 % a un trouble envahissant du comportement (TED), ce qui représente 600 personnes.»

Une nouvelle clientèle

Cachée, non diagnostiquée ou associée à des problèmes de santé mentale, la population vieillissante autiste a été jusqu’ici ignorée, selon lui.

«Ces personnes se retrouvent dans le pétrin, car souvent, elles n’ont presque plus de famille, poursuit M. Lafrenière. On voit alors des problématiques d’itinérance, de santé mentale, ce qui a un impact direct sur leur qualité de vie, leur autonomie et leur dignité.»

Un nouveau phénomène auquel plusieurs pays devront s’adapter. «On est dans une vague où on commence à saisir qui sont ces personnes et qu’est-ce qui se passe pour les adultes autistes. Par exemple, selon les dernières recherches, les personnes TED auraient un vieillissement prématuré. On les considère vieillissantes à partir de 42 ans.»

Un réseau débordé

Avec l’arrivée de cette nouvelle clientèle, le directeur général de la Société de l’Autisme de Laval prévient que le réseau manque de capacité, de connaissances et de services.

Support d’activités journalières, hébergement, santé et recherche, les besoins sont nombreux, estime Germain Lafrenière. «Depuis cinq ans, on avise le MSSS [ministère de la Santé et des Services sociaux], car l’arrivée de ces personnes demeure une préoccupation. Actuellement, le système de santé est sous pression. Le réseau est déjà débordé par la demande des autistes âgés de trois ans à l’adolescence, autant au niveau financier qu’humain.»

Se faire accompagner

Aujourd’hui, on estime qu’une personne sur trois aurait accès à un service spécialisé.

C’est notamment le cas de Patricia Sibbald, 41 ans, diagnostiquée du syndrome d’Asperger, il y a deux ans. «Patricia a des difficultés avec les habiletés sociales et au niveau du sensoriel, explique Francine Metthé, éducatrice spécialisée avec la clientèle TED, au CRDI Normand-Laramée. Mon rôle est de l’aider à se structurer. Cela peut être autant au niveau de l’organisation de la maison, du rangement, de trouver un travail, l’aider avec la paperasse et ses rendez-vous.»

Une aide individuelle précieuse et visiblement très appréciée par la résidente de Duvernay. «Elle m’aide à prendre de soin de moi et m’offre beaucoup de réconfort. Elle me demande si je dors bien, si je mange, car il m’arrive d’oublier de dormir ou de manger», relate Patricia Sibbald.

Après un an d’accompagnement, Mme Metthé constate plusieurs améliorations. «Je trouve qu’elle reprend de l’indépendance et elle rebâtit son réseau social», conclut-elle.

Parmi les activités de sensibilisation, citons une formation sur les déficiences sensorielles chez la personne autiste vieillissante le 18 avril, au campus lavallois de l’Université de Montréal, une journée d’échange et de réflexion sur le vieillissement des personnes TED le 23 avril, à l’hôtel Hilton de Laval et une journée de sensibilisation sur les personnes présentant un TED le 28 avril, au Centre Raymond-Fortin. Information: www.autismelaval.org ou 450 663-5551.

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